Les tournages reprennent grâce à l’aide de la FWB: «un ouf de soulagement»

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La Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) a débloqué ce samedi 20 juin un fonds pour couvrir les risques des tournages liés au Covid-19, les assurances ne voulant pas aider les producteurs dans de telles circonstances. Même si une réaction plus rapide aurait été la bienvenue, le milieu du cinéma peut enfin respirer.

C’était une décision très attendue: ce vendredi 20 juin, la FWB est passée à l’action pour voler au secours des professionnels du cinéma. Ces derniers étaient en effet paralysés par le refus des compagnies d’assurances d’assumer les risques de production liés au coronavirus. La FWB a donc débloqué un fonds de garantie St’Art (Fonds d’impact pour la culture et la créativité) pour palier à ce manque.

Du 1er juillet au 30 septembre, les producteurs pourront donc être couverts et reprendre les tournages des films et séries belges, autrement dit juste à temps pour la saison estivale qui est particulièrement active pour le milieu. Pour les milliers de personnes qui dépendent de ce secteur, l’atmosphère est subitement devenue beaucoup plus respirable.

Une aide indispensable à la reprise des tournages

Si cet accord est si important, c’est parce que les incertitudes autour du futur de l’épidémie sont encore très importantes. En cas de deuxième vague, les tournages devraient brutalement s’interrompre, ce qui pourrait occasionner des millions d’euros de pertes. Avec de tels risques, il aurait été hors de question de reprendre une quelconque activité sans pouvoir être couvert.

Maintenant que c’est chose faite, l’heure est à l’apaisement. «C’est globalement un immense soulagement, et pas que pour les producteurs mais aussi pour tous les métiers liés aux tournages avec les comédiens, les techniciens, etc.», confirme Joseph Rouschop, ancien président de l'Union des Producteurs Francophones de Films (UPFF) dont il est toujours membre du comité directeur. «Ce sont des milliers d’emplois qui étaient en jeu. On a tous poussé un ouf de soulagement car sinon c’était le chômage».

Comme il le précise, un protocole sanitaire a déjà été mis en place dès le 8 juin afin que les tournages puissent se réaliser dans un cadre limitant les risques de contamination. Le rôle de chacun est ainsi balisé. Il ne manquait plus que le feu vert vis-à-vis de ce problème d’assurance pour pouvoir reprendre.

La joie fait un peu oublier les autres soucis

Évidemment, dans un contexte aussi délicat que celui de la crise sanitaire, tout n’est pas rose non plus. Quand Joseph Rouschop se voit demander si cette aide n’arrive pas un peu tard pour permettre l’ensemble des tournages en été, sa réponse est contrastée. «Oui et non. Il est sûr que l’on aurait préféré que cela se fasse plus rapidement. En France, cela a été déjà fait il y a trois semaines. Mais en même temps, on ne se plaint pas non plus. Cela nous permet de nous relancer alors que jusque-là, nous étions bloqués. C’est vraiment une très bonne nouvelle, surtout que certains avaient commencé à prévoir la reprise des tournages en comptant sur cette aide. Pour tout le secteur, c’est beaucoup plus sécurisant».

S’il ne les conteste pas, il avoue aussi que les limitations d’accès à l’aide «ne sont pas idéales». Celle-ci est strictement réservée aux productions belges ou qui obtiennent la nationalité belge mais cela dit, cela couvre globalement les films des producteurs indépendants. Et pour le secteur, c’est déjà assez bien comme cela. «On sent qu’il y a une action politique avec une prise de conscience de l’enjeu donc on sait qu’on a été entendu», commente Joseph Rouschop.

Quant à la situation après le 30 septembre, c’est encore flou pour l’instant. La FWB prévoit que son fonds soit remplacé par un autre mécanisme, soit pris en charge par les assureurs, soit avec une intervention conjointe de ces derniers avec les pouvoirs publics. «Il faudra voir en fonction de l’évolution de l’épidémie si les compagnies d’assurance voudront bien nous aider», se demande Joseph Rouschop. Pour l’instant, de son côté, il préfère penser à l’été qui s’annonce enfin sous de meilleurs auspices.

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