Belgique : vivre avec le loup

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Depuis 2 ans, il est de retour en Belgique. La Wallonie a présenté ce vendredi son « Plan Loup ». Objectif ? Cohabiter au mieux avec l’animal.

Ce vendredi matin, un loup a probablement été renversé par un automobiliste sur le ring de Turnhout. Le conducteur a déclaré avoir aperçu un animal « certainement plus gros qu’un chien », avant que celui-ci, blessé, ne s’enfuie. L’Agence flamande pour la Nature et les Forêts (Natuur en Bos) s’est dite sûre « à 99% » qu’il s’agissait d’un loup. À une dizaine de kilomètres du lieu de la collision, l’animal avait été filmé par une caméra « à peine une heure plus tôt », a expliqué le porte-parole de l’agence.

Ce genre de rencontres entre l’homme et le canidé pourraient à l’avenir être plus fréquentes en Belgique. Hasard du calendrier, c’est justement ce vendredi que la Wallonie présentait son « Plan Loup ». Car c’est une certitude : le loup est de retour chez nous. Après avoir été massivement chassé au XVIIIe et XIXe siècles, il a finalement disparu de nos contrées. Protégée depuis 1979, l’espèce reprend petit à petit du poil de la bête en Europe. Il y aurait 2000 loups en Espagne, 1000 à 1500 en Italie et 4000 en Roumanie. ADN prélevé sur des carcasses de moutons ou de gibier, excréments retrouvés, photos… depuis 2016, les indices de son retour se sont multipliés en Wallonie et sa présence est avérée, depuis 2018.

Selon le Réseau Loup wallon, qui documente et suit à la trace le passage de l’animal dans nos forêts, 8 loups différents ont été observés en Wallonie. Parmi eux, deux mâles semblent y avoir installé leur tanière, dans les Hautes-Fagnes et sur le territoire de la commune de Léglise (province du Luxembourg). Selon le SPW Environnement, il est même possible qu’une meute se forme dès cette année, si Akéla (l’un des deux mâles « wallons ») et la nouvelle louve apparue sur son territoire font des petits.

Le grand méchant loup ?

Pas de panique ! Canis lupus n’a rien ou presque, de « méchant ». Loin d’être un mangeur d’homme comme il était autrefois dépeint, le loup est  de nature plutôt peureuse, et cherche à nous éviter. Pas impossibles, les attaques du loup contre l’homme sont néanmoins rarissimes. Si son installation en Belgique pourrait bien être durable (l’abondance en gibier de nos massifs forestiers sont un régal pour l’animal), elle doit être relativisée : comme le loup aime généralement établir son territoire sur de grands espaces (entre 150 et 300 km2), les spécialistes estiment, à la grosse louche, qu’une quinzaine d’individus maximum pourraient élire domicile en Wallonie.

Présentant son « Plan Loup », Céline Tellier, ministre wallonne de l’Environnement et de la Nature a jugé que « le retour de ce grand prédateur [était] un signal positif dans le cadre de la sauvegarde de notre biodiversité, à condition de pouvoir assurer une bonne cohabitation homme-nature. Nous disposons désormais d’un plan d’action concret qui va permettre de renforcer tant la protection de l’espèce que sa cohabitation avec les activités humaines ».

Cohabiter

Car si le loup n’est pas directement dangereux pour l’homme, on ne peut pas en dire autant pour les moutons ou les chèvres. Un peu partout en Europe, les éleveurs ovins et caprins voient d’un mauvais œil le retour de l’animal. Les quelques 250 à 300 loups présents sur le territoire français ont ainsi tué près de 12000 bêtes en 2017, selon Le Monde. En Wallonie, on recense pour l’instant une dizaine d’attaque seulement. Il faut dire que les activités ovines et caprines, bien qu’en augmentation, sont encore bien moins développées que chez nos voisins, tout comme la pratique du pastoralisme (laisser de larges troupeaux durant tout l’été sur des territoires non clôturés).

Pour faciliter le retour du loup tout en assurant la meilleure cohabitation possible avec l’homme, le Plan Loup de la Wallonie avance donc des pistes de solutions. Parmi elles, le renfort de la surveillance des zones occupées par l’animal afin d’éviter le braconnage, l’augmentation des mesures de détection et de suivi (via le placement de colliers-émetteurs par exemple) ou encore l’élargissement de l’indemnisation des propriétaires de troupeaux en cas d’attaque. Des aides à la prévention, comme l’installation de clôtures mobiles ou de kits d’effarouchement seront aussi proposées par la Région Wallonne. Enfin, l’accent sera mis sur la sensibilisation et la communication à destination notamment des éleveurs.

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