Report des congés : l’Union Wallonne des Entreprises demande de la souplesse

Si les congés sont reportés, les plages de Tenerife pourraient rester vide encore quelques temps...
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Si tout le monde prend ses congés cet été, la relance économique risque d’être compliquée pour beaucoup d’entreprises. Face à ce problème, l’U.W.E. aimerait que Gouvernement, entreprises et travailleurs fassent preuve de souplesse autour du report des congés à 2021. Du côté des syndicats, on est ouvert à la négociation, tant que cela reste sur base volontaire.

Aujourd’hui, en Belgique, le confinement dans sa forme la plus stricte est derrière nous. La majorité des travailleurs ont repris leur activité, même si parfois depuis leur domicile ou à temps partiel.

Mais, l’économie à peine relancée, le sujet des congés est déjà mis sur la table. En effet, du côté des entreprises, on aimerait pouvoir les reporter, afin que celles qui en ont besoin de redémarrer dans les meilleurs conditions puisse le faire. Si tout le personnel part en vacances durant l’été, ça peut être compliqué.

Légalement, aucune partie ne peut imposer sa volonté à l’autre. Le travailleur ne peut pas imposer ses dates de congé à son employeur et vice-versa. Quant au report à l’année prochaine, il n’est autorisé que pour les congés extra-légaux et ceux-ci doivent être pris avant le 31 mars.

 

Certains travailleurs ouverts au report

Dans certains secteurs, la question pose déjà problème. « Pour beaucoup d’entreprises, la retour à la productivité sera fera lentement, mais d’autres sont déjà à 100% parce qu’il faut rattraper le retard accumulé », explique Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises. « C’est notamment le cas pour le secteur de la construction, qui a dû décaler tous ses plannings, mais bien d’autres aussi.»

Reporter les jours de congé dans la période légale ne reviendrait qu’à reporter le problème aussi. Ce qu’aimerait donc le patronat, c’est la possibilité pour les travailleurs d’étaler leurs jours de congé de 2020 jusqu’à la fin de 2021. « Il nous revient de nos sondages en entreprises que c’est aussi la volonté de certains collaborateurs eux-mêmes, qui étaient au chômage forcé et qui ont moins d’argent pour des vacances ou ne souhaitent pas partir à l’étranger en ce moment. »

L’UWE aimerait donc que le Gouvernement autorise ce type de reports, mais demande également aux travailleurs de faire preuve de souplesse. « On constate que c’est déjà le cas pour beaucoup. Dans les grandes entreprises, il y a eu des réactions syndicales, mais on remarque dans les PME, on se serre les coudes quand il s’agit de sauver l’entreprise ou remplir le carnet de commande, surtout s’il en va de la viabilité de l’entreprise. »

Pour cette fédération, la question doit se régler au cas par cas, secteur par secteur, entreprise par entreprise, voire même, travailleur par travailleur. « Dans certaines structures, le dialogue se passe très bien. Aucune entreprise ne veut embêter ses collaborateurs qui ont besoin de congés. »

Olivier de Wasseige tient à rassurer les syndicats sur cette proposition. « Il est vrai que ce type de flexibilité au niveau des congés, ou même des heures supplémentaires, font partie des sujets que nous aimerions aborder dans des négociations pour un nouveau pacte social. Mais nous n’en sommes pas là. Il y aura d’ailleurs beaucoup de travail à faire à ce niveau-là. On parle ici d’une situation temporaire dûe à une cause exceptionnelle. »

 

Les syndicats prêts au dialogue

Du côté des syndicats, on se dit ouvert à des discussions dans certains secteurs, mais pas à ce que ce report soit automatiquement autorisé.

La CGSLB, elle, pointe l’opposition de deux logiques. « D’un côté, il y a les entrepreneurs qui veulent rattraper le temps perdu et éviter une agglomération des jours de congé au même moment, auxquels s’additionnent les travailleurs qui ont besoin d’argent à cause du chômage forcé et qui sont prêts à accepter cela », explique Didier Seghin, porte-parole. « De l’autre, il y a la logique générale du bien-être au travail. Tout le monde a besoin de souffler. »

Peu favorable à reporter des congés par principe, le syndicat libéral se dit ouvert à des négociations, mais avec des conditions. « Si des gens trouvent un accord au niveau d’un secteur ou d’un entreprise sur un report d’un certain nombre de jour de congé, cela doit être en échange de nouveaux avantages et surtout, sur base volontaire et dans la limite des lois actuelles. »

Car comme le rappelle Didier Seghin, « le confinement a été une période extrêmement stressante.  Des personnes ont plus que jamais besoin de vacances, surtout dans les secteurs qui ont turbiné à fond : la santé, le transport, la distribution… Il y a chez certains un besoin exceptionnel de se reposer, même chez ceux qui ont télétravaillé. Il faut se rendre compte qu’il s’agit de vrai travail, avec du stress, un besoin de rentabilité, comme au bureau. »

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