Les communes frontalières peuvent enfin reprendre leurs habitudes

La réouverture va faire du bien aux commerces frontaliers;
La réouverture va faire du bien aux commerces frontaliers;
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Du Hainaut à la province du Luxembourg, les nombreuses communes frontalières respirent depuis ce lundi. Les familles séparées peuvent se retrouver, tandis que les commerces voient enfin revenir leur clientèle française.

La réouverture des frontières de ce lundi ne concerne pas que le tourisme. Si certains y voient une occasion de changer d’air, pour beaucoup d’habitants des nombreuses communes frontalières du pays, c’est un grand soulagement.

En effet, dans plusieurs d’entre elles, traverser la frontière fait partie du quotidien. « On l’oublie même, cette ligne imaginaire », ajoute David Lavaux, le bourgmestre d’Erquelinnes. Sa commune est dans la continuité de celle de Jeumont, en France.

« Les habitudes de nos citoyens ont été fortement perturbées. Beaucoup de familles sont réparties de chaque côté de la frontière et n’ont pas pu se voir pendant plusieurs mois. Nous avons des Belges qui travaillent en Belgique mais qui habitent en France, mais nous avons aussi 590 français qui vivent sur le territoire d’Erquelinnes. Quand on parle de frontières à Paris et Bruxelles, on ne pense pas à la réalité des choses chez nous. »

Les PV pour non-respect des mesures sanitaires ont donc été nombreux. « Et des deux côtés de la frontière ! Ces deux dernières semaines, les Belges pouvaient théoriquement traverser donc, la police ne verbalisait plus. Mais les Français qui venaient en Belgique se faisaient allumer à leur retour en France. D’ailleurs, ce matin, à 7 heures, des blocs de béton bloquaient encore la route. Mais ils ont vite été enlevés ! »


« Une grande satisfaction »

Evidemment, cette permission de passer d’un pays à l’autre va faire du bien aux économies locales. A Erquelinnes, où « 60% de la clientèle des commerçants vient de France ». « Il y a un magasin de tabac qui emploie 16 personnes à lui tout seul », précise le bourgmestre.

Mais aussi à Estaimpuis. « Nous avons 23 kilomètres de frontière commune. Les commerçants étaient évidemment impatients de revoir leurs clients français revenir », explique le bourgmestre Daniel Senesael. «  Les Belges, eux, vont surtout en France pour les quelque produits moins taxés. »

Dans cette petite commune, où de nombreuses rues longent ou traversent la limite entre les pays, le confinement n’a pas été facile à accepter. « C’est difficile de se dire que le virus s’arrête à la frontière. Surtout pour les familles qui sont de part et d’autres. Ce matin, je me suis un peu baladé et j’ai pu voir une grande satisfaction chez tout le monde et des sourires sur beaucoup de lèvres. »


Au supermarché sans tarder

A Hastière également, près de la commune française de Givet, les Belges se sont rués chez leurs voisins. « On m’a dit que dès 8 heures, le parking de l’Intermarché était archi-blindé de voitures à plaques belges », raconte le bourgmestre Claude Bultot. « Un engouement qu’on comprend d’autant plus quand on sait que les magasins français avaient fait de la publicité dans les toutes-boites en disant « frontaliers, soyez les bienvenus » ».

Comme ses confrères, il est surtout content pour les familles éloignées. « Rester séparer de sa famille 3 mois alors qu’elle n’est qu’à quelques kilomètres, cela a été difficile beaucoup. C’est bien que ces liens sociaux soient enfin rétablis. »

Enfin, plus au sud, à Rouvroy, ce sont les cafés et restaurants qui étaient plus impatients que les autres. « Dans l’Horeca, on attendait énormément le retour des Français », précise la bourgmestre Carmen Ramlot. « C’était également le cas des coiffeurs, qui ont une grosse clientèle qui vient de France. » 

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