Ces pays où la pandémie progresse encore

À Rio de Janeiro - BELGA IMAGE/Sergio Moraes
À Rio de Janeiro - BELGA IMAGE/Sergio Moraes
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Si la Belgique sort la tête de l'eau, le coronavirus gagne encore du terrain dans d'autres régions du monde, y compris dans des pays qui ont déconfiné trop rapidement.

Le déconfinement fait souffler un vent de liberté, les Belges retrouvent une vie plus ou moins normale, mais la pandémie continue de frapper ailleurs dans le monde. « Bien que la situation en Europe s'améliore, dans le monde elle s'aggrave », alertait cette semaine le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, mettant en garde contre tout relâchement. Le virus circule toujours et, dans certaines parties du globe, il est même en pleine expansion.

Après la Chine et l'Europe, c'est l'Amérique latine qui est le nouvel épicentre de la pandémie, avec plus d'1,5 million de malades du Covid-19 et plus de 74.000 morts, dont plus de la moitié au Brésil. Avec près de 42.000 morts - des chiffres grossièrement sous-évalués selon la communauté scientifique -, le géant sud-américain a dépassé le Royaume-Uni, devenant ainsi le deuxième pays le plus endeuillé après les États-Unis. En dépit de la forte progression de la pandémie, le pays se déconfine. Jeudi, les centres commerciaux ont rouvert leurs portes dans les deux plus grandes villes du pays, Sao Paulo et Rio de Janeiro. Critiqué pour sa gestion de la pandémie, le président Jair Bolsonaro n'a cessé de minimiser la pandémie, appelant régulièrement à la reprise des activités économiques. Il a d'ailleurs demandé aux patrons à mener une « guerre » contre les gouverneurs des États ayant pris des mesures de confinement.

Le Chili, le Pérou et le Mexique sont également frappés de plein fouet par la pandémie. Avec des hôpitaux désormais saturés pour le premier et la menace d'une pénurie d'oxygène médical pour le deuxième, la situation est réellement préoccupante.

Les États désunis

Au Nord, les États-Unis accusent aussi le coup, avec plus de 113.000 morts. Critiqué par sa gestion chaotique, jusque dans son propre camp, le président Donald Trump n'a apporté aucune réponse globale à la crise sanitaire. Certains États ont imposé des règles strictes, d'autres ont préféré privilégier l'économie, à tout prix. Avec une politique à deux vitesses, le pays de l'Oncle Sam peine à faire diminuer sa courbe. Bloqué depuis deux mois sur un « plateau », il stagne, car une partie du pays a pris le relais de l'autre. Des États de New York, New Jersey et Massachusetts, durement touchés par la pandémie, mais plus prudents dans leur déconfinement, le virus circule désormais davantage dans les États qui ont ordonné le confinement plus tard et l'ont levé plus tôt.

Là où la pandémie gagne du terrain, le problème est clair, selon Yves Coppieters: « Ils ont lâché leur déconfinement au niveau du sommet du pic de l’épidémie, trop tôt, et donc ils se trouvent dans un plateau de transmission maximale », a-t-il expliqué sur le plateau du JT de la RTBF. Et la situation risque de « s'aggraver » « s’ils ne reconfinent pas leur population ».

L'Asie n'est pas (encore) épargnée

Alors que tous les yeux se tournent vers le continent américain, la pandémie progresse aussi en Asie du Sud-Est, dans des pays très peuplés comme l'Inde et le Pakistan. En dépit des recommandations de l’OMS, le gouvernement pakistanais refuse de prolonger les mesures locales de confinement. « Vu son niveau de pauvreté, le pays ne peut pas se permettre d’être complètement à l'arrêt », justifie le Premier ministre Imran Khan, alors que le bilan dépasse les 2.500 morts. Faute d'un dépistage suffisant, le nombre de personnes infectées (132.000) est largement sous-estimé.

Sur un marché de Karachi au Pakistan

© BELGA IMAGE/Asif HASSAN

Quatrième pays le plus touché par le coronavirus, l'Inde a commencé son déconfinement malgré des chiffres alarmants. Le personnel soignant, déjà épuisé, se prépare au pire, alors que les experts s'attendent à ce que le pic n'arrive qu'en juillet.

Deuxième vague

L'Iran où l'épidémie semblait être maîtrisée a vu son nombre de nouveaux cas augmenter  depuis début mai, avant une légère diminution ces derniers jours. Si les autorités y voient la conséquence d'un plus grand nombre de tests réalisés, certains experts pointent plutôt un relâchement des mesures sanitaires.

Alors qu'elle pensait avoir atteint le pic épidémique mi-mai, l'Arabie Saoudite, pays arabe le plus touché du Golfe, fait elle aussi face à un rebond du nombre de nouveaux cas depuis début juin, dans des proportions encore plus importantes.

En Afrique, la pandémie s'accélère

Moins impacté que le reste du monde, le continent africain n'est pas à l'abri du coronavirus. La vitesse à laquelle il se propage fait craindre le pire. « Il a fallu 98 jours pour atteindre la barre des 100.000 cas et 18 seulement pour franchir celle des 200.000 », a souligné le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Même si ces cas enregistrés en Afrique représentent moins de 3 % du total mondial, il est clair que la pandémie s’accélère. » Plus de 70% des décès sont enregistrés dans seulement cinq pays: Algérie, Nigeria, Egypte, Soudan et Afrique du Sud, qui recense, à elle seule, 25% des cas infectés sur tout le continent.

Plus de six mois après l'apparition de l'épidémie en Chine, le bilan mondial n'est pas très rassurant, alors que l'Europe envisage d’ouvrir ses frontières extérieures en juillet.

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