Les masques et les gants jetables polluent déjà les fonds marins

Des déchets retrouvés au fond de la Mer Méditerrannée par l'association Opération Mer Propre - Capture d'écran Facebook
Des déchets retrouvés au fond de la Mer Méditerrannée par l'association Opération Mer Propre - Capture d'écran Facebook
Teaser

Les effets du déconfinement pèsent déjà sur l'environnement. Abandonnés dans la nature, de plus en plus de masques finissent leurs courses dans les mers et les océans. Les associations environnementales tirent la sonnette d'alarme.

C'est une triste conséquence environnementale de la crise sanitaire. Les objets nécessaires à la lutte contre le coronavirus deviennent une nouvelle source de pollution. Improbable il y a encore quelques mois, leur présence sur les trottoirs ne surprend aujourd'hui plus personne, mais indigne toujours autant. D'autres sont retrouvés dans les mers et les océans. Aux traditionnels sacs, pailles et bouteilles en plastique s'ajoutent désormais de nombreux masques, gants, flacons de gel ou encore lingettes désinfectantes. Et ce, aux quatre coins du monde.

« Ce n'est que le début »

Début mars, avant même que la Belgique ne soit confinée, l'association Oceans Asia alertait déjà sur ce nouveau type de déchets, envahissant les plages des îles Soko, au large de Hong Kong. « Sur une plage d'environ 100 mètres de long, nous avons trouvé environ 70 masques. Et c'est sur une île inhabitée au milieu de nulle part », dénonçait l'activiste Gary Stokes.

Masks On Beach from Gary Stokes on Vimeo.

Plus récemment, la sonnette d'alarme a été tirée en France par les plongeurs de l'association « Opération mer propre ». « Ça vous dit cet été de vous baigner avec le Covid-19? », interpellait fin mai le fondateur de l'association Laurent Lombard, après une plongée déplorable au large d'Antibes. « Sachant que plus de deux milliards de masques jetables ont été commandés [en France], bientôt il risque d'y avoir plus de masques que de méduses dans les eaux de la Méditerranée ! » Interrogé par France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, le plongeur n'a pas caché son inquiétude. « Ça va devenir un vrai désastre écologique. Il y a une semaine, je ne voyais qu'un gant de temps en temps, ensuite, j'ai commencé à en voir de plus en plus. Ce n'est que le début. Quand il va y avoir un gros orage, tous les masques et les gants jetés sur les trottoirs ou dans les égouts vont se retrouver en mer. »

Fléau écologique

L'impact environnemental de ces nouveaux déchets abandonnés dans la nature est considérable. Les masques chirurgicaux, par exemple, sont composés de microfibres de polypropylène, une matière plastique dérivée du pétrole qui n'est ni biodégradable, ni recyclable et dont la durée de décomposition est estimée à 450 ans. 

Les tortues et autres animaux marins risquent de s'étrangler avec ces nouveaux détritus, les confondant avec de la nourriture. « Je ne peux pas penser à un matériau mieux conçu pour ressembler à une méduse que des gants », a déclaré à CNN le professeur de l'Université d'État de Louisiane, Mark Benfield. Chaque année, 13 millions de tonnes de plastiques finissent dans les fonds marins, estimait l'UN Environnement en 2018, nuisant à la biodiversité marine et, même, à notre propre santé. Avec ces masques et autres déchets Covid, une nouvelle menace pèse sur ces océans déjà gravement touchés.

Comment lutter contre cette bombe à retardement? En l'attaquant à la source, à savoir sur la terre ferme. En attendant de revoir totalement la gestion des déchets et la filière de recyclage, les citoyens peuvent - doivent! - jeter convenablement leur masque et gants dans la poubelle, ou, encore mieux, opter pour des alternatives lavables.

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