Une balade 100 % iode aux Pays-Bas

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Teaser

Vous ne voulez pas faire de grands voyages cet été? Profitez-en pour découvrir la Zélande, toute proche. À côté de notre littoral belge bétonné, à Walcheren, les pistes cyclables surfent entre dunes et digues. En selle pour un tour de la presqu’île, de stations balnéaires animées en bourgades assoupies.

Avant d’enfourcher le vélo, on prend le bateau. Eh oui, pour rejoindre la presqu’île de Walcheren depuis la côte belge, il faut traverser l’embouchure de l’Escaut. Vous n’avez pas le pied marin? Rien à craindre: un quart d’heure suffit pour effectuer la liaison Breskens-Vlissingen. Autrefois, elle était assurée par un gros ferry qui engloutissait voitures et camions. Aujourd’hui, le bac, bien plus modeste, n’accueille plus que les piétons et les vélos. Une véritable marée de vélos aux beaux jours! Normal, nous sommes aux Pays-Bas. Nos montures, nous les louons dès le débarquement à Vlissingen. Pour les cyclistes réguliers, un bon vélo classique suffit amplement pour parcourir la presqu’île; pour les autres… ou par vent fort, l’assistance électrique peut être salutaire. En selle pour un tour de Walcheren en deux étapes, que nous effectuerons dans le sens des aiguilles de la montre.

Un air forcément marin

Mais avant de démarrer, plantons le décor. Walcheren, c’est un bout de Zélande situé à l’extrême sud-ouest des Pays-Bas. Un territoire de marins aventuriers et de paysans opiniâtres, qui a su conserver son âme insulaire. Ici, la mer est toujours à portée de main. Mais derrière les dunes et les digues, l’intérieur de la presqu’île révèle une mosaïque de villages proprets et de paysages agricoles. On s’y sent déconnecté, comme sur un territoire lointain. D’autant que certaines traditions sont demeurées bien ancrées. Avec un peu de chance, vous croiserez quelques vieilles dames arborant le costume local tout en dentelles et bijoux fins. Honnêtement, Vlissingen ne vaut pas la peine que l’on s’y attarde. Seul intérêt: le boulevard de la mer offre de belles échappées sur l’embouchure de- l’Escaut. On pédale sur la digue adjacente, qui domine la plage abritée des vents du nord. Et dès la sortie de la ville, le charme opère. L’itinéraire cycliste, parfaitement aménagé et balisé se fraie un chemin entre dunes et digues, entre bosquets et zones résidentielles. Réel plaisir que d’arpenter un littoral préservé, à mille lieues de nos stations balnéaires bétonnées. Sur ces terres zélandaises uniformément plates, souvent situées sous le niveau de la mer, les dénivelés se dépassent pas quelques mètres. Seul Éole, parfois, met à mal les mollets. Nous avons parcouru 18 kilomètres et pénétrons dans Westkapelle, la pointe occidentale de Walcheren. Coup d’oeil à l’imposant phare, bien connu des résidents knokkois. Lorsqu’ils regardent vers le large, c’est lui qui scintille dans la nuit. Depuis Vlissingen, nous pédalions en direction du nord-ouest. À partir de Westkapelle, cap au nordest. L’itinéraire longe de magnifiques plages qui s’étendent à perte de vue. Tout au long de cette côte, possibilité de loger dans de confortables bungalows posés sur le sable. Mais ce sera pour une prochaine fois… À Domburg, pause lunch dans les dunes où aucun bâtiment disgracieux ne vient gâcher la vue. Si vous êtes plutôt terrasses branchées glamour, une belle adresse: le Strand 90, un pavillon s’ouvrant sur la mer. Petit coup d’oeil dans le rétroviseur. Au XIXe siècle, le “bourg des dunes” se mua en une station balnéaire huppée, attirant de riches vacanciers qui venaient profiter du grand air et des infrastructures de luxe. Aujourd’hui encore, Domburg conserve quelques bâtiments d’époque, rares rescapés des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Sur la digue, un banc attire notre attention, composé qu’il est de motifs rectangulaires blancs, bleus, jaunes, rouges et noirs. Un moment d’interrogation et puis, le déclic. Mais bien sûr, Mondrian, le pionnier de l’abstraction! L’artiste peintre, qui s’appelait encore Piet Mondriaan à l’époque (il francisera son nom en 1912), séjourna à maintes reprises à Domburg. Peignant les dunes, le phare, les moulins et la mer bien sûr. Un petit itinéraire pédestre d’une trentaine de minutes (domburg.com/fr/ mondriaan.php) permet de découvrir les lieux qui l’ont inspiré. Avant de quitter Domburg, passage par le caféboutique “Domburgsche Bier and Melk Salon”, histoire de garnir les sacoches de quelques spécialités locales qui feront un excellent quatre-heures: les “boterbabbelaars” (caramels au beurre) et autres “zeeuwse bolus” (brioches). Via le château de Westhove, dont l’orangerie abrite un musée dédié à la nature et aux paysages de Zélande, et le parc naturel “de Manteling”, unique bois bordant les dunes à Walcheren, nous pédalons maintenant en direction d’Oostkapelle puis rejoignons Veere. Où, au terme d’un parcours iodé d’une quarantaine de kilomètres (environ 3 heures de vélo), nous passerons la nuit.

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La perle d’une région

À Veere, les possibilités de logement sont nombreuses. Envie de se faire un petit plaisir? Réservez donc l’une des quatre chambres hébergées dans le bâtiment principal de l’auberge De Campveerse Toren (de 150 à 300 € la nuit - campveersetoren.nl). Tout au bout du port, l’établissement intègre la tour de Campveer datant du XIVe siècle. Avec sa façade de brique décorée de bandes de pierre blanche, c’est un vestige des fortifications de la ville. Vues imprenables sur les quais et le port, belle déco à l’ancienne. Le lendemain, l’étape est nettement plus courte, une vingtaine de kilomètres tout au plus. Le matin, on en profite pour déambuler dans Veere avant l’arrivée des (hordes de) touristes. Très prospère au XVIe siècle, la petite cité détenait le monopole du commerce de la laine venant d’Écosse. Un peu à l’image de Bruges, elle a gardé intacts ses bâtiments anciens mais s’est doucement assoupie. À pied, cette fois, on admire le superbe hôtel de ville et les anciennes maisons des commerçants, l’église précédée de sa robuste tour-porche inachevée et la citerne, jolie construction octogonale à ogives et colonnettes de style Tudor. Sur le “markt”, certains vendeurs ont revêtu le costume traditionnel. Leurs sabots claquent sur les pavés. Les gourmands s’attableront au salon de thé “Suster Anna” pour y déguster, dit-on, la meilleure tarte aux pommes de la région. À partir du port croquignolet sont organisées des excursions en bateau sur le “Veerse Meer”, un bras de mer désormais endigué très prisé des amateurs de sports nautiques.

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Maxi-panorama, mini-Walcheren

Mais la matinée s’achève, il est temps de reprendre les montures. Cap au sud cette fois pour rejoindre Middelburg, la plus importante agglomération de Walcheren… et la capitale de la Zélande. Pas de phare ici, mais le “Lange Jan” qui émerge des toits de la ville. Cette tour octogonale de 90 mètres fait partie de l’abbaye médiévale. Si le coeur vous en dit… et que les jambes suivent, du sommet (207 marches), panorama à 360 degrés sur la ville et les îles avoisinantes. Ne soyez pas surpris: le carillon sonne des airs connus, du style bande originale de West Side Story! Middelburg est une cite très animée. À midi, on se pose sur une terrasse de la place du Marché. Elle est flanquée de l’hôtel de ville, magnifique exemple de style gothique flamboyant dont les volets bordeaux témoignent de la présence en ces lieux de Maximilien de Bourgogne au XVIe siècle. Après le repas, balade dans les quartiers résidentiels où défilent les façades blanches et les portes vernies. Le long des canaux, les bâtiments se font plus cossus: les vieux entrepôts, les anciennes demeures des marchands témoignent de la prospérité passée. Un peu excentré, le parc d’attractions Mini Mundi intègre “de Miniatuur Walcheren”, sorte de Mini-Europe où sont reproduits à l’échelle 1/20e quelques-uns des sites et bâtiments emblématiques de Walcheren. Un résumé, en quelque sorte, de la balade que l’on vient d’effectuer. De là, il ne reste plus qu’à rejoindre Vlissingen en suivant le canal qui relie les deux villes: sept kilomètres d’une piste cyclable rectiligne et totalement plane qui ramène à notre point de départ. Le bac est là, qui nous permettra de regagner le continent.


Accès, parcours et organisation du séjour

Location des vélos
Nombreux loueurs sur l’île. Et notamment, dans le port d’arrivée du bac, le Rijwielshop Station Vlissingen qui loue des deux-roues classiques ou électriques. Aux beaux jours, réservation vivement conseillée.

Itinéraires vélo
Aux Pays-Bas, le système de fléchage d’itinéraires cyclables est similaire à celui de la Flandre. Le réseau est organisé à partir de “knooppunten” ou points-noeuds. Possibilité de tracer son itinéraire à l’avance sur le site belge www.fietsnet.be. Le tour de Walcheren tel que décrit avoisine les 60 kilomètres. Mais l’on peut très bien se limiter à une randonnée d’une journée.

Pour les automobilistes
La meilleure manière de découvrir Walcheren, et de loin, c’est le vélo. Mais bon, si vous ne savez pas vous passer de la voiture, la presqu’île de Walcheren est accessible en voiture soit via Anvers, soit via le tunnel payant qui plonge sous l’Escaut à hauteur de Terneuzen (nord de Gand). De Bruxelles à Middelburg, comptez environ 130 kilomètres.

S’informer
Deux sites de référence pour organiser son séjour sur place. Le premier en français: www.holland.com/fr/tourisme/destinations/lesprovinces/zelande.htm. Le second en néerlandais et anglais: www.vvvzeeland.nl/nl/.

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