Saga des masques : suite… et fin ?

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Teaser

Les derniers masques commandés par la Défense sont finalement arrivés en Belgique, avec deux semaines de retard. La distribution en pharmacie va pouvoir commencer, à partir du 15 juin.

Enfin. La Défense l’a annoncé lors d’une conférence ce matin : le dernier lot des masques tant attendus a finalement été livré ce week-end à la Belgique, avec 15 jours de retard sur le planning. Mais enfin, les voilà ; chaque Belge pourra bien venir chercher la protection promise en pharmacie, à partir du 15 juin.

Si tout se passe bien (chat échaudé…), c’est en effet à cette date que les masques pourront être retirés, moyennant la présentation de votre carte d’identité. Dans le but d’éviter la cohue devant les pharmacies, la distribution se fera sur une période de 10 jours ouvrables, par tranche d’âges. Les plus âgés ou les personnes plus vulnérables seront servies en priorité. Les 75 ans et plus ouvriront le bal le 15 juin, les 67 ans et plus le 16, etc. Ceci jusqu’au 26 juin, où il n’y aura plus de limite d’âge pour venir chercher son précieux bout de tissu.

Triste saga

La date du 15 juin pourrait donc bien marquer l’épilogue d’une saga dont la Belgique se serait bien passée. Le premier épisode était déjà en dessous de tout : faut-il vraiment rappeler la pénurie de masques chirurgicaux et de masques FFP2 qui a laissé le personnel hospitalier ou celui des maisons de repos (entre autres) insuffisamment protégés à l’arrivée de la pandémie ? La suite fut du même calibre. Le 24 avril, Sophie Wilmès (MR) dévoile la stratégie belge pour le déconfinement : le masque doit y jouer un rôle clé, notamment dans les transports en commun, où son usage est rendu obligatoire à partir du 4 mai. « Le gouvernement fédéral et les entités fédérées travaillent ensemble afin de procurer gratuitement à chaque citoyen au moins une protection en tissu normé », déclare alors la Première ministre.

Très vite, il apparaît que cela ne sera pas pour le 4 mai, comme le reconnaît le ministre alors en charge de la question, Koen Geens (CD&V). Pour pallier les carences du fédéral, certaines communes ont pris les devants et procédé elles-mêmes à des commandes de masques. Entre-temps, c’est la Défense, et son ministre de tutelle Phillipe Goffin (MR) qui sont chargés de passer une maxi commande de 18 millions de masques, à distribuer à la population. Nouveau rebondissement : des craintes s’élèvent quant au profil d’Avrox, une des deux entreprises ayant remporté le marché public, qui semble notamment spécialisée dans tout sauf dans la production de masques.

Les semaines passent ; bientôt arrive l’échéance du 24 mai. Si la gantoise Tweeds & Cotton honore bien sa part du contrat en livrant trois millions de masques à la date prévue, pour Avrox c’est une autre histoire : il manque près de 13 millions de masques sur les 15 millions commandés. Il aura fallu encore attendre 15 jours de plus pour voir la commande être finalement complétée ce week-end, avec l’arrivée des derniers lots sur la base militaire de Peutie (Flandre).

« Un manque de respect »

Un retard qui ne passe pas auprès du secteur textile belge. Celui-ci déplore le choix fait par la Défense de ne pas soutenir l’emploi local. Pour les fédérations Essenscia et Fedustria, c’est tout simplement « un manque de respect ». D’autant que pour ces fédérations, un des critères du choix opéré par la Défense, était justement la capacité à fournir en temps et en heure des stocks très importants. « Il était clair que personne ne pouvait livrer seul une quantité aussi grande en si peu de temps », juge Patrick Van der Vliet dans Le Soir. Ce patron de Illebebag, qui s’était manifesté pour l’appel d’offre, considère que « sa commande a été rejetée pour des raisons contestables », et dit avoir saisi le Conseil d’État. Même diminué d’une amende pour retard (le chiffre de 5 millions d’euros circule), le bénéfice d’Avrox reste conséquent, calcule Le Soir, qui avance un montant de 32,5 millions d’euros.

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