#BlackOutTuesday : un silence sur les réseaux à double tranchant

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Teaser

En voulant laisser la parole aux communautés noires, le mouvement Black Out Tuesday a aussi enseveli les informations utiles sur les protestations, le combat contre le racisme et les façons d’aider sous une mer de carrés noirs. Attention au hashtag que vous utilisez.

Ce mardi, de nombreuses pages sur les réseaux sociaux, d’artistes, de marques ou encore de quidams, se sont assombries. Toutes publient de grands carrés noirs. Il s’agit d’un mouvement appelé #BlackOutTuesday. Il encourage tout le monde à publier une photo noire et vide, frappée de ce hashtag et ensuite d’arrêter de publier sur Internet pour la journée.

Il s’agit d’une façon de soutenir les mouvements contre la violence policière et le racisme, particulièrement envers les personnes d’origine africaine mais aussi de rendre hommage à George Floyd, tué par la police ce 25 mai à Minneapolis et aux nombreux autres morts des actions des forces de l’ordre avant lui. Le décès de George a créé des vagues de protestation sans précédent partout dans le monde. Depuis, les formes de soutien à la cause noire sont nombreuses, dans les rues comme sur Internet.

Une action du secteur musical

Ce lundi 1er juin, Jamila Thomas et Brianna Agyemang, deux femmes noires travaillant dans l’industrie musicale, ont fait une demande à tout leur secteur professionnel, « dans lequel existe du racisme et de l’inégalité depuis longtemps ». Cette demande, qu’on retrouve derrière le hashtag #TheShowMustBePaused : s’arrêter un instant afin d’avoir une grande discussion sur ce qui peut être fait collectivement pour soutenir la communauté noire.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

#theshowmustbepaused

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« L’industrie musicale est un secteur multimilliardaire. Une industrie qui a profité majoritairement de l’art Noir. Notre mission est de demander des comptes à tout cette industrie, les grandes sociétés et leurs partenaires qui profitent des efforts, combats et succès des Noirs y compris. A cette fin, ces structures doivent protéger et mettre en avant les communautés Noires qui les ont rendu riche de manière si disproportionnée, de manière quantifiable et transparente », écrivent-elles notamment dans ce message largement relayé.

Bien que très ciblée par ce message, l’industrie musicale a écouté. Superstars et artistes émergents, labels internationaux et indépendants, agence de management, plateformes de streaming, salles de concert, tous ont répondu à l’appel. Les sorties musicales sont repoussées, tout comme les campagnes de promotion et nombreux sont ceux qui ont noirci leur présence en ligne, ou diffusé un message de soutien avec le hashtag #TheShowMustBePaused.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Sur le site theshowmustbepaused.com, différents liens proposent aussi de faire des dons, de signer des pétitions ou de se renseigner sur le combat contre le racisme.

Mais l’origine du hashtag #BlackOutTuesday, elle, est floue. On peut penser qu’il s’agit d’une transformation spontanée du mouvement de l’industrie musicale. Quant à son but, on lit sur Internet qu’il est de laisser la parole aux communautés Noires. Que si toutes les personnes non-noires s’abstiennent de publier sur les réseaux sociaux aujourd’hui, seul les Noirs seront mis en avant. Mais un effet inverse a eu lieu.

Contrecoup

En effet, en cours de journée, de nombreux internautes se sont mis à protester contre ce mouvement de blackout. De très nombreux utilisateurs de Twitter et d’Instagram à travers le monde se sont mis à publier un carré noir, mais avec le hashtag #BlackLivesMatter.

 

Ce hashtag de soutien permet, entre autres, à ceux qui le suivent de s’informer sur le mouvement, sur les combats de la communauté noire contre le racisme ou encore de savoir où se rassemblent les manifestants ou à quelle cause donner de l’argent.

En multipliant les publications sous ce hashtag, les informations utiles se retrouvent donc cachées, difficiles à trouver, ensevelies derrières des tas et des tas de carrés noirs.

Pour être certain que la parole des personnes concernées soit entendue ce mardi, il vaut peut-être mieux s’abstenir de tout hashtag.

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