Quand Trump assaisonne ses tweets de références racistes

Donald Trump - BELGA IMAGE/Stefani Reynolds
Donald Trump - BELGA IMAGE/Stefani Reynolds
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Face aux manifestations contre le racisme aux États-Unis, Donald Trump a repris une citation chargée d'histoire… raciste.

Alors que l'Amérique s'embrase après la mort de George Floyd, dernier visage des violences policières contre les Noirs, Donald Trump a menacé ce vendredi de faire appel à l'armée pour réprimer toute violence ou pillage, suggérant qu'elle pourrait recevoir l'ordre de tirer contre les manifestants. « Ces racailles déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne les laisserai pas faire. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et lui ai assuré que l'armée est à fond derrière lui. À la moindre difficulté nous reprendrons le contrôle. Quand les pillages commencent, les coups de feu aussi », a-t-il écrit sur Twitter, avant de se faire remonter les bretelles par le réseau social.

Le bras de fer entre Twitter et Trump s'intensifie

Accompagné dorénavant d'un avertissement, le tweet du président américain, publié également sur le compte de la Maison Blanche, viole, selon Twitter, ses règles relatives à l'apologie de la violence. Le réseau social a toutefois décidé de ne pas le supprimer, estimant qu'il était dans l'intérêt du public que le message reste accessible.

Dernier épisode de la bataille entre Trump et son outil de communication favori, qui a osé le corriger, cette mise en garde intervient le lendemain de la signature par le Républicain d'un décret visant à limiter la protection des réseaux sociaux et la latitude dont ils bénéficient dans la modération de leurs contenus.

Le tweet de Trump violant les règles relatives à l'apologie de la violence du réseau social

© BELGA IMAGE/OLIVIER MORIN

Une citation tristement célèbre

Outre l'apologie de la violence, Twitter a décidé de limiter la visibilité de ce tweet en raison de la dernière phrase et de « son contexte historique, de sa connexion à la violence et du risque qu'elle puisse inspirer d’autres actions violentes aujourd'hui ». En écrivant « quand les pillages commencent, les coups de feu aussi », Donald Trump a emprunté les mots d'un certain Walter Headley, chef de la police de Miami qui, fin 1967, les prononça pour justifier sa répression des quartiers noirs de la ville. « Il n'y a qu'une seule façon de gérer les pillards et les pyromanes lors d'une émeute et c'est de leur tirer dessus à vue. J'ai fait parvenir le mot: quand le pillage commence, les coups de feu aussi », avait-il déclaré lors d'une conférence de presse, selon le New York Times de l'époque. Un an plus tard, le candidat à la présidentielle George Wallace, ancien gouverneur démocrate d'Alabama et fervent défenseur de la ségrégation raciale, le cita lors de sa campagne.

Avec cette phrase, Walter Headly est accusé, selon le Washington Post, d'avoir contribué aux émeutes raciales qui ont éclaté à Miami à la fin des années 1960. Dénoncé à l'époque par les défenseurs des droits civiques, il déclara également: « On se fiche d'être accusé de brutalité policière. Ils n'ont encore rien vu. »

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