SpaceX, le début d'une nouvelle ère de la conquête spatiale

Le lancement de la fusée SpaceX - BELGA IMAGE/ZUMAPRESS
Le lancement de la fusée SpaceX - BELGA IMAGE/ZUMAPRESS
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Doublement historique, le lancement de la fusée SpaceX, la société fondée par le milliardaire mégalomane Elon Musk, pourrait marquer une nouvelle étape vers le tourisme spatial.

Le 30 mai 2020 est une date à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire de SpaceX, et plus largement de la conquête spatiale. À 15h22, heure locale, deux astronautes américains, Robert L. Behnken et Douglas G. Hurley, ont décollé à bord d’une capsule et d'une fusée made in America, conçues par la société d’Elon Musk. Une première depuis neuf ans. En effet, depuis 2011, et l'ultime mission de la navette Atlantis, les Etats-Unis devaient compter sur leur concurrent russe pour envoyer leurs ressortissants dans l'espace. SpaceX va désormais pouvoir prendre le relais, après être devenue la première compagnie privée à envoyer un être humain en orbite.

Sous les yeux du monde entier, et de Donald Trump, qui avait fait le déplacement jusqu'au Centre Spatial Kennedy en Floride, les astronautes se sont retrouvés propulsés en dix minutes 200 km au-dessus des océans, filant à 20 fois la vitesse du son vers la Station spatiale internationale (ISS) qu'ils devraient atteindre ce dimanche à 20h29 si tout se passe bien.

Un accès « low cost » à l'espace

Sans voyage vers la Lune ou vers Mars, la mission de SpaceX vers l'ISS qui accueille des astronautes depuis 1998 peut sembler un pas modeste dans l'exploration spatiale. La Nasa y voit, pourtant, une révolution. Outre le retour historique des Américains dans l'espace, l'exploit de la société d'Elon Musk réside dans son coût. Avec ses fusées de lancement réutilisables, le milliardaire promet de réduire drastiquement le budget d'un voyage spatial. « Comparé au coût moyen d’une mission en navette spatiale, qui s’élevait à 1,6 milliard de dollars », souligne Wendy Whitman Cobb, analyste américaine spécialiste du marché spatial, la Nasa ne payera "que" 55 millions de dollars pour un siège de la capsule Crew Dragon. C'est également moins que les 86 millions demandés auparavant par la Russie pour un ticket-aller retour à bord de leurs capsules Soyouz, précise l'analyste dans un article publié sur The Conversation.

Depuis 2014, la Nasa et SpaceX sont liés par un contrat pour des vols commerciaux habités. Le même partenariat fut proposé au géant Boeing, mais le développement de la capsule Starliner a pris du retard. En confiant l'accès à l'ISS au privé, l'agence spatiale peut ainsi se concentrer (et financer) sur des missions plus lointaines, comme son projet Artemis, qui a pour objectif de renvoyer des humains sur la Lune d’ici à 2024.

Vers l'ouverture de l'espace au tourisme?

Si SpaceX réussit son coup, « cela pourrait aussi représenter une opportunité de développement pour le tourisme spatial », affirme Wendy Whitman Cobb. Elon Musk n'a jamais caché cette ambition. L'homme aux mille et un projets prévoit d'envoyer trois touristes vers l’ISS à bord de la capsule Crew Dragon, et ce dès l'an prochain. Plus ambitieux encore, SpaceX a annoncé en février dernier, en partenariat avec Space Adventures, vouloir envoyer quatre touristes au-delà de la station spatiale, là où aucun autre touriste spatial n’a jamais été. Toutes ces belles promesses dépendent toutefois de la réussite de cette mission, qui pourrait durer jusqu'en août. « Les sociétés privées d’aérospatiale ont depuis longtemps prédit l'avènement du tourisme spatial, mais la capsule Dragon de SpaceX rend cette perspective plus réaliste que jamais », analyse la spécialiste américaine, bien que cette réalité ne sera pas celle du citoyen lambda.

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