Gérer un examen en ligne

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Au stress habituel d’une session, les étudiants voient s’ajouter celui des circonstances particulières du confinement. Premier conseil pour surmonter l’épreuve: avoir confiance. En soi comme dans ses professeurs.

À la veille des examens, 22 % des étudiants, toutes filières confondues, ont jeté l’éponge. Le bilan du sondage réalisé par la Fédération des étudiants francophones (FEF) sur 6.300 répondants est sans appel. Deux mois d’enseignement à distance ont laissé des traces… Et il semble que les modalités d’examination ont été le coup de grâce. Même si les établissements mettent tout en oeuvre pour rassurer, trouver des solutions justes et clarifier les choses, les rumeurs ont semé l’angoisse et les infos sont arrivées tard (le 27 avril). La faute à personne. Le corps enseignant a dû revoir ses pratiques, explorer des pistes de solutions légales et faire face aux possibilités infinies de triche. Il faut à la fois tenir compte des circonstances avec empathie… et ne pas jouer à l’école des fans pour autant.

La course contre la montre

Joëlle Lizin, psychothérapeute spécialisée dans le coaching scolaire, constate: “Les examens provoquent davantage d’angoisses que d’habitude. C’est déjà stressant en temps normal, mais ici, c’est l’inconnu complet”… La FEF s’est interrogée sur les sources principales d’angoisse. Elles varient suivant les “formules” d’examens. En gros, les professeurs disposent de différents moyens: travaux à domicile, questionnaires à choix multiple en ligne, interrogations à cahier ouvert à un moment donné, oraux par webcam… Pour 57 % des étudiants, c’est le chronométrage qui pose problème. Viennent ensuite la peur d’être interrogé à la maison (48 %), celle de devoir répondre à un choix multiple sans retour en arrière possible (46 %), l’absence de professeur pour répondre à d’éventuelles questions (43 %). La crainte de problèmes techniques ou de connexion, que l’on imaginait majeure, n’arrive qu’en dernière position. Les remèdes proposés pour (tenter de) pallier la fracture numérique ont sans doute porté leurs fruits. Les écoles proposent des lieux dédiés aux examens pour les étudiants mal connectés, ainsi que des helpdesks pour signaler un éventuel problème. Consultez également les conseils pratiques mis en ligne sur les plateformes d’enseignement. Le maître mot tient au lâcher prise, martèle la psy. “J’essaie de ramener l’étudiant à la réalité et à la normalité, explique-t-elle. Le questionnaire à choix multiple, même en présentiel, est toujours conçu pour laisser peu de temps à l’étudiant. Ici, effectivement, lorsqu’une question est validée, on ne peut plus revenir en arrière. Mais ça peut être un avantage. Dans ce type d’épreuve, on ajoute souvent des erreurs en relisant! Être en ligne présente d’autres bénéfices: on peut passer son examen en pantoufles, on évite le stress des transports en commun, l’attente dans le couloir à absorber la peur des autres, on peut penser à soi. J’invite chacun à trouver un profit personnel à la situation”.

Évacuer les contingences

Dans cette ère digitale, une start-up belge, Wooclap, a tiré son épingle du jeu. Wooclap proposait des méthodes d’enseignement interactif en classe à la plupart des universités et hautes écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Vu la demande, elle a créé une interface d’examen, Wooflash, notamment utilisée par la Haute École Vinci. Thomas Lenzi, directeur technique, rassure en ce qui concerne ces nouveaux outils. “Notre première préoccupation est la simplicité d’utilisation, commente-t-il. Je conseille de miser sur la préparation. Testez les plateformes à l’avance, pour ne pas arriver stressé. Passez les examens blancs pour vous familiariser. Consultez les tutoriels. Préférez l’ordinateur au smartphone ou à la tablette, pour une meilleure concentration. Enfin, ne pas hésiter à communiquer avec les enseignants. Ils essaient de faire au mieux. Il faut se faire confiance et faire confiance.” Parlant de confiance… Certains logiciels anti-triche peuvent compliquer la donne. La surveillance par webcam est pointée par la psy: “Cette sensation d’un oeil qui vous surveille en permanence et entre dans la vie privée génère une inquiétude nouvelle. Pour relativiser, il faut se rappeler que les universités s’engagent à détruire toute image par la suite. Ensuite, je conseille, et c’est valable pour toutes les épreuves en général, de protéger son espace intime. Un examen ne se passe pas dans une chambre à coucher”. Des apéros WhatsApp aux réunions Zoom ou Teams, tout confiné a expérimenté la “fatigue du virtuel”. Joëlle Lizin rassure: “Un oral via webcam n’est pas plus compliqué. Évidemment le virtuel ne remplace pas le réel… La différence notable est la perte d’information. L’être humain communique par plein de voies: l’attitude générale, l’odeur corporelle… Quand l’écran s’interpose, on perd toute une part de ressenti. Fixer la webcam peut empêcher de percevoir les réactions du professeur, on peut se laisser distraire par sa propre image, visible en bas de l’écran. La solution c’est de s’entraîner avant!


Conseils pratiques

Les proches
Les proches doivent éviter d’être présents sur les lieux pendant l’épreuve afin de ne pas distraire ou d’être tentés de laisser traîner une oreille.

Le matériel
Il est important de positionner l’ordinateur près du routeur afin de s’assurer une connexion correcte. Et de demander aux autres membres de la famille de limiter leurs activités consommatrices de bande passante.

Les procédures
Se renseigner et bien lire les consignes officielles à respecter pour signaler un problème technique.
Se connecter à l’avance.

Le confort
Soigner son environnement: prévoir à boire, ranger le plan de travail, réunir tables des matières, résumés, dictionnaires - s’ils sont autorisés!
 

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