Quand Bedos parlait de son fils

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Dans un long entretien que nous avions publié en 2012, Guy Bedos  évoquait le rapport qu’il entretenait avec ses enfants, et en particulier avec Nicolas …

Quand on est comédien, on travaille beaucoup avec le miroir. Ça fait quoi d’avoir un fils qui est une sorte de jumeau?
Mais vous savez, sa mère (Joëlle Bercot - NDLR) m’attend dans la pièce d’à côté et il a la politesse de ressembler aux deux. Elle est metteur en scène, en fait, elle est danseuse classique, mais elle s’est immergée dans son couple, dans sa maternité, et elle a été une mère absolument magnifique. Nicolas lui doit beaucoup. Il lui doit, au moins, autant qu’à moi. C’est une belle histoire de famille que la nôtre. Nicolas, Victoria, Jo - ma femme, j’ai travaillé pour eux, pour leur plaire, pour ne pas les décevoir. J’ai fait presque tous mes spectacles depuis trente ans pour que ma femme et mes enfants soient fiers de moi. C’est à eux que j’ai d’abord offert tout ce que j’ai fait, et ma vie - ma vie de militant. Alors, vous l’avez remarqué, Nicolas prend ses distances par rapport à moi...

Lorsque je l’ai interviewé, il m’a dit: “C’est vrai que je ressemble beaucoup à mon père, qu’il y a du mimétisme, mais le temps est mon allié, heureusement, tous les jeunes ne connaissent pas Guy Bedos”.
(Rire.) Il ne faut pas qu’il le dise trop. S’il savait, le nombre de gens qui sont plus jeunes que lui, qui m’arrêtent dans la rue et qui me disent “J’ai été élevé avec vous. Mes parents vous adoraient, mais moi aussi”. Qu’il ne s’excite pas trop parce qu’il y a beaucoup de jeunes gens qui me préfèrent. (Silence.) Connard.

Mais vous n’avez pas répondu à la question: qu’est-ce que ça fait d’avoir un fils qui est presque un jumeau?
Ce n’est pas un jumeau, il a quelques semaines de moins que moi et ça se voit. Comment dire? (Silence.) Nous nous aimons... Voilà... J’ai envie d’arrêter là... Nous nous aimons... Si je vous montrais les textos qu’il m’envoie... C’est une belle histoire. Je m’applique à être le père que je n’ai pas eu et je pense que c’est une réussite - ce qui compte, au moins autant que le succès relatif que j’ai pu avoir dans mon métier.

Vous êtes fier de lui, mais vous êtes fier de tous vos enfants...
Et il faut qu’il s’y fasse, il a une soeur qui est très douée aussi - je parle de Victoria, parce qu’il a une demi-soeur, Leslie, qui l’a précédé. Et ils ont participé à ce coffret DVD, coffret posthume de mon vivant. Nicolas fait mon portrait, il fait de moi l’humoriste préféré du maréchal Pétain et des occupants nazis - c’est très drôle. Leslie a fait un petit livret intitulé Un homme qui me plaît... Bon, c’est son problème d’Oedipe. Tous mes enfants sont oedipiens... Toutes ces nuits passées seul à l’hôtel pour payer ma maison qui est aussi leur maison... Je dis aussi parfois que mes êtres chers sont très chers. Mais j’aime mieux ça que de dépenser mon argent pour aller aux putes.

Nicolas m’a dit aussi: “Je trouve que mon père, avec ses quatre enfants, en a vu de toutes les couleurs et il n’est vraiment pas rancunier”. 
C’est très joli. Arrêtez... Je vais pleurer... (Il est au bord des larmes - NDLR.)

On passe à autre chose, alors?
Oui. Parlez-moi de vous, tiens.

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