Flexibiliser le travail, la recette du Voka contre le Covid-19

©belgaimage-143807781
©belgaimage-143807781
Teaser

L’organisation patronale flamande plaide pour l’assouplissement du travail de nuit, l’augmentation du nombre d’heures supplémentaires sans sursalaire ou le report des vacances d’été. L’Union Wallonne des Entreprises s’est montrée plutôt favorable. Sans surprise, ces propositions passent nettement moins bien côté syndical.

« Tout doit maintenant pouvoir être discuté » a expliqué lundi Wouter De Geest à HLN. Pour balayer les nuages qui s’amoncellent dans le ciel économique belge, le patron du Voka appelle à davantage flexibiliser le travail. Au menu des points devant être « discutés » : le travail de nuit, l’augmentation du nombre d’heures supplémentaires volontaires, le report des vacances d’été à 2021 ou le report des cotisations patronales.

L’organisation patronale flamande plaide pour que le travail dit «de nuit » commence à minuit au lieu de 20h, comme aux Pays-Bas. Le Voka demande également de porter à 220 le nombre maximum d’heures supplémentaires volontaires par travailleur, quel que soit les secteurs. En tant normal, la limite était portée à 120 heures supplémentaires volontaires par an et par personne, sans sursalaire. Suite au Covid-19, le gouvernement fédéral a autorisé les travailleurs des secteurs dits critiques à prester 220 heures en plus sur base volontaire. Une mesure que le Voka souhaite donc étendre à l’ensemble des secteurs d’activités.

Autre proposition, qui risque de crisper plus d’un : le report des grandes vacances. Alors que l’économie vient de se remettre en branle, il est impensable pour Wouter De Geest de tout arrêter pour prendre un peu de repos. « Si le virus faiblit et que l’économie respire à nouveau, nous n’allons quand même pas massivement prendre congé cet été et à nouveau tout mettre à l’arrêt ? », demande le patron des patrons flamands, qui évoque en outre le report, si pas l’abandon pur et simple des cotisations ONSS et du précompte professionnel pour les entreprises ayant souffert de la crise.

« Pas de raison de sacrifier les congés des travailleurs »

Du côté de l’Union Wallonne des Entreprises (UWE), on accueille plutôt favorablement la sortie du Voka. Olivier de Wasseige valide l’augmentation générale des heures supplémentaires, mais ajoute que « cela doit se discuter dans les entreprises voire au sein des fédérations car la réalité est très variable d’un secteur à l’autre », comme il l’a expliqué à l’Écho. Le patron de l’UWE ne voit pas non plus de problème au report des vacances d’été, à la condition que « les jours de congé déplacés puissent être reportés en 2021 au-delà des dates butoirs classiques en début d’année. Il faut une mesure correcte vis-à-vis du personnel, il ne faut pas qu’il perde ses congés ».

Du côté syndical, ce n’est évidemment pas la même ambiance. FGTB et CGSLB goûtent peu à ce genre de propositions. « Les congés légaux font partie du droit essentiel des travailleurs. La période est suffisamment difficile, il n’y a pas de raison de les sacrifier. C’est à l’entreprise de s’organiser », a réagi le syndicat libéral dans l’Écho.

Difficile concertation sociale en vue

Cet épisode est le dernier en date de ballons d’essais lancés dans la presse par les uns et les autres, pour tester la réaction du champ d’en face, en vue de la concertation (confrontation ?) sociale qui s’annonce. Pour éviter de se prendre de plein fouet le reflux économique post-coronavirus, patrons et syndicats en ont convenu à différentes reprises ces dernières semaines : le moment est décisif. Les décisions qui seront prises pendant les prochaines semaines et les prochains mois pourraient bien impacter la Belgique à long terme.

La réalisation d’un grand plan de relance ne pourra sans doute pas faire l’économie d’un dialogue entre partenaires sociaux. Entre la sortie récente de Pierre-Frédéric Nyst, président de l’Union des Classes Moyennes (UCM) qui proposait dans la Libre d’assouplir temporairement les règles de licenciement durant la crise, la réplique de la FGTB dénonçant les solutions « passéistes et dangereuses » du monde patronal et de la « droite politique », ou l’idée, remise au goût du jour par la CSC, de taxer les millionnaires, le dialogue social pourrait bien s’avérer difficile.

Plus de Actu

Les plus lus

Notre Selection