Jean-Loup Dabadie n’écrira plus

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Il savait tout écrire – des scénarios, des sketchs, des pièces et des chansons dont beaucoup trainent dans un coin de notre tête. Il est mort aujourd’hui à l’âge de 81 ans.

L’homme était charmant. Malgré sa stature (il a écrit à peu près tout ce qu’on peut imaginer écrire) il avait l’œil allumé sur la jeune création. Élu à l’Académie française en 2008, il s’y installe avec un bagage impressionnant qui, au cours des années, a plus marqué la culture populaire que la littérature. Jean-Loup Dabadie était romancier, dramaturge, journaliste, scénariste, parolier, auteur de sketchs, auteur pour la télévision. Dans le domaine de l’humour, il a signé plusieurs textes pour le Guy Bedos de la première période (Bonne fête Paulette, La drague…) et continuera à fournir de la matière à rire jusqu’à Pierre Palmade et Muriel Robin. 

Comme scénariste et dialoguiste, Dabadie inspire le respect, livrant à la postérité une succession de grand films du cinéma français des années 70. Sa collaboration avec Claude Sautet est depuis longtemps entrée dans l’histoire avec Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs, César et Rosalie, Vincent, François, Paul et les autres, Une histoire simple – autant dire le best-of d’un cinéaste emblématique d’une époque. Pour Yves Robert, il signe – entre autres – Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis, classiques seventies dont certains entretiennent encore aujourd’hui le culte. Il travaille avec tous les réalisateurs marquants du box-office français – Philippe de Broca, Claude Pinoteau, Jean-Paul Rappeneau, Claude Lelouch, Jacques Rouffio, Francis Girod, et même François Truffaut pour qui il cosigne le scénario d’Une belle fille comme moi, film pop de 1972 avec, dans le rôle-titre, Bernadette Laffont.

En dépit de son saisissant CV de scénariste, Jean-Loup Dabadie s’est définitivement installé dans la mémoire collective grâce à la chanson. S’il a servi beaucoup de clients dans le show-biz français – de Serge Reggiani à Nicole Croisille, en passant par Régine, Mireille Mathieu, Dalida et même Jean Gabin (le fameux Maintenant je sais – premier rap ou premier slam français?) – c’est surtout les répertoires de Michel Polnareff et de Julien Clerc qu’il va illuminer de sa plume. Pour le premier, il signe Tous les bateaux, tous les oiseaux, Dans la maison vide, On ira tous au paradis, Holidays, Lettre à France - excusez du peu, comme on dit. Pour le second, qui l’engage après une  collaboration de première classe avec Etienne Roda-Gil, il livre Le cœur trop grand pour moi, Partir, Ma préférence (en 1976 et 1977, excellente période pour Julien Clerc), mais aussi Femmes, je vous aime. C’est dire si Dabadie en a imaginé des mots qui se promènent dans notre tête…

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