Une reprise très différente des commerces selon la région et les biens vendus

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Selon Comeos, les magasins wallons voient moins facilement les clients revenir qu’en Flandre. L’UCM montre aussi que certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres, et pas toujours ceux qu'on attendait. Mais globalement, l’heure n’est pas encore à l’optimisme.

Une mesure, plusieurs réalités. C’est comme cela que l’on pourrait résumer les retombées du déconfinement sur les commerces. Certes, ils ont pu presque tous rouvrir en même temps, mais après deux semaines, leurs bilans sont bien différents de l’un à l’autre. C’est ce que concluent deux enquêtes, l’une réalisée par la fédération du commerce Comeos et l’autre par l’Union des classes moyennes (UCM). Conclusion: 40% de clients en moins et jusqu’à 70% de perte de chiffre d’affaires par rapport à une période normale. Ces chiffres concernent cela dit bien plus certains magasins que d’autres, ce qui dépend de leurs localisations et de leurs secteurs.

Le client francophone est frileux

Un fait frappant, c’est que selon Comeos, la situation est moins rose du côté wallon que du côté flamand, ce qui s’expliquerait par la frilosité du client francophone à se rendre dans les boutiques. «Notre enquête montre que 42% des consommateurs flamands ne se sentent pas à l’aise avec l’idée d’essayer des vêtements dans les magasins. En Wallonie, ce chiffre monte à 58%», explique Wim Van Edom, conseiller économique chez Comeos. «Il faut aussi savoir que le pouvoir d’achat est globalement plus élevé au nord qu’au sud du pays. Cela peut expliquer que la Flandre s’en sorte un peu mieux», selon Clarisse Ramakers, directrice du service d’étude de l’UCM, même si elle avoue ne pas avoir de données sur cette différence nord-sud.

Outre ce critère géographique, Comeos constate que parmi les commerces qui s’en sortent mieux, on trouve ceux de bricolage, de jardinage et d’intérieur mais aussi les chaînes à bas prix comme Action et Primark. Par contre, la situation est plus dure pour les enseignes plus haut de gamme, surtout dans l’habillement. Concernant ce dernier secteur, l’UCM nuance toutefois en pointant des différences importantes selon le type de vêtement vendu: «Les magasins de chaussures par exemple s’en sortent mieux, notamment grâce au segment enfant où il est assez compliqué de commander en ligne».

Pas sorti d’affaire

En prenant plus de recul, les ventes globales réalisées ces deux dernières semaines ne sont pas très réjouissantes, et cela devrait continuer. L’UCM estime ainsi que pour 84% des commerces, le mois de juin ne sera pas rentable et il n’est pas possible de savoir si cela changera rapidement par la suite. «Cela est dû à deux facteurs: les commerçants ont dû faire des investissements pour répondre aux normes sanitaires et il y a moins de fréquentation. Comme le gouvernement déclare que le shopping plaisir n’est toujours pas à l’ordre du jour, tout ce qui est achat coup de cœur en magasin ne peut pas se faire», constate Clarisse Ramakers qui juge que la communication gouvernementale à venir sera capitale pour encourager la reprise des affaires.

«Le fait que l’on ait ici une crise sanitaire, et donc inédite, ne nous aide pas à y voir clair. La situation s’améliorera seulement si les clients se sentent assez à l’aise pour retrouver les comportements d’achats d’avant la crise. En ce sens, l’incertitude quant à l’arrivée possible d’une seconde vague de Covid-19 ne nous aide pas», complète Wim Van Edom qui ne peut pas donner d’estimations précises quant au nombre de faillites que cela va engendrer.

Comeos et l’UCM réfléchissent aux moyens d’aider les magasins les plus touchés, mais comme le dit Clarisse Ramakers, il est compliqué de demander des aides ciblées à l’État. «On pourrait présenter des données de pertes de chiffre d’affaires mais le problème, c’est de démontrer, prouver et vérifier cela». En attendant, les commerçants peuvent se réjouir de quelques signaux qui devraient encourager la venue des clients, comme l’autorisation récente des camps d’été. À moyen terme, la possibilité de partir en vacances jouera aussi un rôle, notamment avec la réouverture à venir des frontières. Enfin, si l’horeca reprend bien le 8 juin prochain, cela représentera un incitant supplémentaire pour que les clients reviennent dans les boutiques des centres-villes, même si ce retour sera probablement très progressif.

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