Comment les religions s'adaptent au coronavirus

Dans une mosquée à Sofia - BELGA IMAGE/NIKOLAY DOYCHINOV
Dans une mosquée à Sofia - BELGA IMAGE/NIKOLAY DOYCHINOV
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Alors que la pandémie a bouleversé les rituels religieux, les lieux de culte n'ont jamais autant innové pour assurer offices et sécurité à leurs fidèles.

Ce week-end marque la fin du ramadan pour les musulmans. À l'instar des catholiques avec Pâques et des Juifs avec Pessa'h, ces derniers ont vécu un mois de jeûne particulier, totalement chamboulé par le confinement. Avec la fermeture des lieux de culte, les réunions familiales limitées aux personnes vivant sous le même toit et l'interdiction de rassemblements, les croyants ont dû dire adieu, à contrecœur, à cette dimension de partage et de convivialité qui caractérise ces trois traditions. En Belgique, certaines familles musulmanes ont pu cependant profiter du déconfinement progressif pour se retrouver et rompre le jeûne en petit comité. Bien loin des retrouvailles habituelles, et toujours sans prières collectives nocturnes dans les mosquées.

Face à la crise sanitaire, l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) avait placé ce mois de ramadan inédit « sous le signe de la sagesse, de la patience et de la solidarité ». Des mots pris à la lettre par certains. En ce mois sacré, qui est aussi le mois de la charité, de nombreux fidèles ont préféré se rendre utiles, en offrant de la nourriture aux plus démunis, retrouvant ainsi ce lien social troublé par le confinement. D'autres en ont profité pour favoriser encore davantage l'aspect spirituel et introspectif du ramadan. Après un mois de jeûne, tous s'apprêtent à fêter l'Aïd el-Fitr ce week-end. Sa date exacte, samedi ou dimanche, sera déterminée ce vendredi soir. Malgré le déconfinement progressif entamé en Belgique depuis début mai, cette fête se déroulera sans les traditionnels rassemblements dans les mosquées, toujours closes.

Pistolet à eau bénite et drive-in sacré

Aux quatre coins du monde, les lieux de culte, parfois pointés du doigt pour leur responsabilité dans la propagation du virus, ont fermé leurs portes pour endiguer l'épidémie. Si certains rouvrent peu à peu, la pandémie bouleverse encore et toujours les rituels, et chaque religion s'adapte.

Depuis ce lundi, les catholiques peuvent retourner à la messe en Italie. À condition de respecter un protocole sanitaire précis. Le port du masque est obligatoire, tout comme l'usage du gel hydroalcoolique placé à l'entrée, avant de prendre place sur un des bancs, écartés de plus d'un mètre l'un de l'autre. Dans certaines églises, comme en Pologne, le flacon de désinfectant remplace aujourd'hui le bénitier, vidé pour lutter contre la propagation du virus. Pour remédier à cette interdiction, d'autres ont préféré installer un distributeur automatique d'eau bénite « sans contact ».

Aux Etats-Unis, les prêtres ont trouvé des solutions pour le moins originales afin de maintenir leurs messes, tout en respectant les mesures de confinement. À Detroit, l'un d'entre eux, vêtu d'un masque, a aspergé ses paroissiens d’eau bénite à l'aide...d'un pistolet à eau.

Dans la ville de Chanhassen, dans le Minnesota, autre scène surréaliste: une messe façon drive-in. L'initiative a été transposée en France, à Châlons-en-Champagne, où environ 500 fidèles dans quelque deux cents véhicules se sont rangés à un mètre l'un de l'autre sur le parking du hall des expositions pour entendre une messe célébrée par l'évêque local.

Religion 2.0

Après plusieurs semaines sans accueillir de culte, les synagogues, églises, mosquées et temples qui ont rouvert leurs portes ont dû s'organiser. Afin de respecter les mesures de distanciation physique, la capacité d'accueil est limitée, tout comme le temps autorisé à l'intérieur du lieu sacré.

Ceux dont les portes restent fermés ont trouvé un autre moyen pour continuer à assurer les services religieux: Internet. Pendant le confinement, de nombreux rabbins, prêtres et imams se sont tournés vers les réseaux sociaux. Cela leur a permis de maintenir un lien spirituel avec leurs fidèles, mais aussi d'en attirer des nouveaux. Face au succès de cette initiative, certains ont décidé de poursuivre les services en ligne, même après le déconfinement des lieux religieux. Ils sont toutefois tous désireux de retrouver une communication réelle, et non plus seulement virtuelle. En Belgique, la date pour la reprise publique des célébrations religieuses relève toujours de l'inconnue. La question est aussi de savoir si elles vont pouvoir reprendre à temps pour la Pentecôte et Chavouot, la Pentecôte juive. La foi est toujours là.

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