En Chine, la pollution est plus élevée qu'avant la crise

 Beijing avant le confinement - BELGA IMAGE/NICOLAS ASFOURI
Beijing avant le confinement - BELGA IMAGE/NICOLAS ASFOURI
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Avec la reprise, la pollution est repartie de plus belle en Chine. Les niveaux sont plus élevés qu'avant la crise du coronavirus. Une leçon pour l'Europe?

À Bruxelles, on respire mieux grâce au confinement. C'est ce qui ressort d'un rapport de Bruxelles Environnement présenté vendredi par le cabinet du ministre régional Alain Maron. Au terme d’un mois et demi de confinement, l'amélioration de la qualité de l'air est très significative dans les sites habituellement fortement exposés aux émissions du trafic automobile. En moyenne, entre le 19 mars et le 3 mai, le monoxyde d’azote (NO) a diminué de 75% et le dioxyde de carbone (NO2) de 50%. Dans les stations peu exposées, les concentrations de ces deux polluants ont baissé de 30 à 40%. Cette tendance s'observe également au niveau européen, où la baisse importante de la pollution de l'air aurait permis d'épargner 11.000 vies en un mois, selon une étude du Centre de recherche sur l'énergie et l'air (CREA).

Se réjouir de tels résultats comme d'un impact positif de la pandémie serait toutefois illusoire. Liée à l'arrêt de l'activité humaine, cette baisse de la pollution n'est que temporaire. Et la relance économique pourrait bien être un désastre environnemental.

Le (mauvais) exemple de la Chine

Ce triste scénario a déjà pu être observé en Chine, où la concentration de dioxyde d’azote avait chuté de 10 à 30% en mars. Avec la reprise, l'air est de nouveau pollué, selon un rapport publié lundi de l'organisme indépendant CREA. Le constat est d'autant plus inquiétant que cette pollution est plus élevée qu'avant le confinement, mais aussi par rapport à la même période l’an dernier. « Ces 30 derniers jours, les niveaux de polluants dangereux pour la santé en Chine ont excédé les concentrations enregistrées à la même époque l’année dernière, pour la première fois depuis le début de la crise Covid-19 », note le CREA. Une hausse des émissions polluantes était certes évidente, selon l'organisme, mais pas forcément à de tels niveaux. « Des signes avant-coureurs indiquent que la reprise de la Chine après la crise du Covid-19 est en train d’annuler les progrès réalisés en matière de qualité de l’air. » À l'heure actuelle, ce rebond des émissions provient essentiellement de l’industrie lourde, tandis que l'industrie manufacturière reste inférieure au niveau de l'an dernier.

Pour rattraper le temps perdu pendant le confinement, la Chine met les bouchées doubles, bien que l'entièreté des secteurs n'ont pas encore pleinement repris leur activité dans le pays. Cela ne laisse rien présager de bon pour la suite.

Même scénario en Europe?

Avec le déconfinement enclenché en Europe, une hausse de la pollution de l'air est inévitable. Il reste à savoir si les niveaux précédents seront dépassés par la relance économique. Les experts sont plutôt optimistes, même si rien n'est certain.

La meilleure qualité de l'air à Bruxelles est essentiellement liée à la baisse drastique du trafic routier. Pour pérenniser cette amélioration - et éviter le même scénario que la Chine -, il est impératif de revoir notre mobilité de manière plus globale, en mettant en place des systèmes de transport et d'énergie propres. Une tâche difficile, mais urgente à l'heure où le déconfinement risque de se traduire par un retour en force de la voiture individuelle, au détriment des transports en commun.

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