Réouverture des parcs animaliers : le secteur peut à nouveau (un peu) respirer

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Depuis ce lundi et la phase deux du déconfinement, les zoos ont pu accueillir leurs premiers visiteurs. Une reprise financièrement bienvenue, même si elle restera limitée encore un bon moment.

« Lundi et mardi, c’était très calme. Par contre, On a déjà plus de réservations pour le congé de l’Ascension, ce jeudi ». Au bout du fil, on sent un certain soulagement dans la voix de Nathalie Pochet, la gérante du parc animalier de Bouillon, en province de Luxembourg. En réalité, c’est tout un secteur qui a dû accueillir avec satisfaction l’autorisation de réouverture des zoos et autres parcs d’intérêt naturel depuis ce lundi 18 mai. Une réouverture sous conditions, précisées lors du dernier Conseil national de sécurité : l’obligation de réserver sa visite en ligne ou par téléphone ; un plan et un sens de circulation au sein des parcs ; le respect des distances de sécurité entre les visiteurs.

Le port du masque est également recommandé dans certains parcs et même imposé pour certaines activités. Pairi Daiza, un des poids lourds du secteur, a décidé de rouvrir ses portes progressivement et de limiter pour l’instant sa capacité d’accueil aux seuls abonnés. Le Monde Sauvage, à Aywaille (province de Liège), est lui aussi ouvert depuis lundi ; le parc animalier des Grottes de Han le sera à partir de ce jeudi.

Coups durs

À l’instar de tous les autres secteurs, celui des parcs animaliers attendait avec impatience de pouvoir redémarrer ses activités. C’est que le Covid-19 est venu jouer un sale tour aux exploitants ; les vacances de Pâques et la fin de l’année scolaire sont généralement de bonnes périodes. « D’habitude, on a beaucoup de groupes à ces moments-là, des excursions scolaires notamment », explique Nathalie Pochet. C’est potentiellement 20.000 entrées de moins pour le parc animalier de Bouillon, qui en compte 50.000 par an, selon sa gérante. Un coup dur, alors même que sans public, la boutique doit continuer à tourner. « Ce n’est évidemment pas parce que les visites s’arrêtent que les coûts font de même. Il y avait toujours les soigneurs à payer, la nourriture des animaux, l’entretien du parc… Heureusement on n’a pas dû déplorer de pertes d’emploi. Pour le personnel horeca en revanche, il a fallu basculer sur le chômage temporaire ».

Ailleurs aussi, la crise a fait mal. Selon RTL, Eric Domb, le fondateur de Pairi Daiza, chiffrait à 30 millions d’euros l’impact du Covid-19 sur le chiffre d’affaire du parc, qui a mis fin aux contrats de 23 de ses 505 collaborateurs. Toujours à RTL, Ronald Renson, directeur du parc du Mont Sauvage, expliquait avoir dû placer la moitié de ses collaborateurs en chômage temporaire ; le parc d’Aywaille ne compte dès lors plus que de 14 travailleurs pour s’occuper quotidiennement de 1.300 animaux.

Encore au ralenti

La réouverture était donc attendue avec impatience par le secteur, même si toutes les inquiétudes sont loin d’être dissipées. Les restaurants et cafétérias, sources non négligeables de trésorerie, restent en effet fermés jusqu’à nouvel ordre. Et puis, mesures de distanciation physique oblige, il n’est pas dit que les parcs retrouveront à court ou moyen terme leur capacité d’accueil maximale. L’arrivée (ou non) des touristes pourraient aussi s’avérer décisive. « Pour un parc comme le nôtre, la clientèle touristique est très importante, reconnaît Nathalie Pochet. Si les gîtes ne rouvrent pas, si l’accès aux secondes résidences n’est pas autorisé et si les hôtels ne remplissent pas, notre activité va être impactée, c’est sûr ».

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