Les Belges inégaux devant les kilos en trop du confinement

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La dernière enquête de l’Institut de santé publique, Sciensano, note qu’un quart des Belges a pris du poids ces deux derniers mois, certaines parties de la population étant clairement plus touchées que d’autres. Les auteurs de l’étude ont toutefois de bonnes raisons de penser que ce phénomène n’est que passager.

C’est un moment encore plus redouté qu’à l’accoutumée. On entre dans la salle de bains, on sort la balance et le verdict tombe. Selon Sciensano, un Belge sur quatre pourrait être déçu lors de ce test: confinement rime avec prise de poids. Seuls 12% de la population a constaté l’effet inverse. Autrement dit, au niveau global, les Belges sont plus gros qu’il y a deux mois. Le taux d’obésité est même passé de 15,9% en 2018 à 19% aujourd’hui, alors que les personnes avec un IMC normal ne sont plus 25% mais 18,5%. Dans le détail cependant, ces kilos en trop ne touchent pas tout le monde de la même façon.

Les femmes et les quadragénaires plus concernés, les jeunes épargnés

Sciensano a ainsi identifié trois catégories particulièrement affectées par ce phénomène: les femmes, les 35-54 ans et les personnes vivant seules avec un enfant. Pour l’instant, les données expliquent difficilement ce constat mais les auteurs de l’étude disposent malgré tout de quelques éléments de réponse.

«Pour les femmes, nous savons grâce à notre étude qu’elles sont plus nombreuses à être affectées par une augmentation de la malbouffe et par une diminution de l’activité physique, même si elles sont assises moins longtemps que les hommes. Pour les personnes dans la quarantaine par contre, on fait une supposition. Celles-ci seraient plus exposées à une prise de poids du fait de la prise en charge d’enfants en bas âge. Cela implique une consommation facilitée de malbouffe ainsi qu’une moins grande disponibilité pour faire du sport et de la cuisine», suppose Lydia Gisle, chercheuse en charge de l’enquête de Sciensano.

Elle note aussi que certaines données pourraient expliquer que les jeunes soient moins touchés. Ses collègues ont en effet remarqué que ceux-ci étaient plus susceptibles d’augmenter leur activité physique pendant le confinement. Élément supplémentaire: ils consomment en moyenne moins d’alcool qu’avant. Cela ferait qu’au final, ils sont plus épargnés par la tendance générale.

Un phénomène réversible?

Il reste cependant plusieurs zones d’ombres pour analyser le phénomène. Quel est par exemple l’impact de l’anxiété due à la pandémie? Et qu’en est-il des conséquences d’un temps de sommeil potentiellement moins long? «Ce que l’on peut dire pour l’instant, c’est que l’anxiété a manifestement un double effet : chez certaines personnes, elle favorise une consommation plus importante de nourriture, tout comme pour les personnes dépressives, mais pour d’autres, cela les amène justement à ne plus rien avaler. Mais pour le moment, nous devons encore réaliser une étude approfondie en croisant nos données pour en savoir plus», relève prudemment Lydia Grisle.

Cette dernière se pose aussi la question de l’après confinement. «Ces changements de poids sont clairement dus à un manque d’exercice physique. Quand on est devant son ordinateur toute la journée en télétravail, on a beau manger de la même façon, on grossit forcément. Je pense qu’il faudra un peu de temps pour perdre le poids pris pendant le confinement. Cela dit, ces kilos superflus ne devraient pas perdurer grâce à la reprise d’un rythme de vie plus normal, et donc avec plus d’activité physique. L’homme est fait pour bouger, pas comme aujourd’hui!», dit-elle avec optimisme. «De plus, nous notons que les personnes qui ont basculé dans l’obésité depuis deux mois sont tombées dans cette catégorie à cause d’une prise de poids limitée. Un retour en arrière devrait être plutôt aisé».

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