Ces communes qui ne rouvrent pas leurs écoles ce lundi

Dans une poignée de communes, les classes resteront vides jusqu'en septembre.
Dans une poignée de communes, les classes resteront vides jusqu'en septembre.
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Beaucoup d’enfants de 6e primaire ont repris le chemin de l’école. Mais, dans une poignée de communes wallonnes, des écoles communales resteront fermées jusqu’au mois de septembre. Leurs bourgmestres justifient ces décisions.

Ce lundi est un jour particulier pour beaucoup d’écoliers de 11 et 12 ans. Il marque la deuxième rentrée de leur année scolaire. Un retour en classe inédit, avec masques et distanciation obligatoires, dont ils risquent de se souvenir longtemps.

Mais aux quatre coins de la Belgique, plusieurs écoles communales sont closes et le resteront jusqu’au mois de septembre. Quelques irréductibles administrations locales ont décidé qu’il valait mieux attendre, comme à Fosses-la-Ville, Trois-Pont ou encore Waremme. En tout, elles sont une dizaine.

C’est notamment le cas d’Aiseau-Presles, dans le Hainaut. Le réseau communal y accueille habituellement 700 enfants, répartis sur 5 implantations. La décision de ne pas rouvrir été prise après avoir demandé l’avis de chacun. « Nous avons demandé aux directions, aux syndicats, aux enseignants, à la Copaloc (ndlr : la Commission Paritaire Locale)… Bref, à tous les organes qui pouvaient nous donner un avis consultatif », explique le bourgmestre Jean Fersini. « C’est un choix qui est en partie technique. Dans certaines écoles, nous n’avions pas l’espace pour faire respecter toutes les mesures. La distance de 7m50 à faire respecter dans la cour aurait été aussi très difficile à mettre en place. »

Un choix apprécié par les parents d’élèves. « La réaction générale a été positive, la plupart d’entre eux étaient soulagés », commente Vincent Valentin, échevin de l’Enseignement, qui travaille déjà à la préparation de la rentrée de septembre. « On a encore une réunion à ce sujet vendredi. One ne sait pas comment ça va aller mais on se prépare à accueillir les classes un jour sur deux avec une distance de sécurité optimale. »

Comme partout, un conseil de classe remplacera la fameuse épreuve du CEB. « Les enseignants sont en contact fréquent avec leurs élèves. Ils leur remettront d’ailleurs un dossier pédagogique, qui établira tout ce qui a été acquis et pas acquis avant l’entrée en secondaire, lors d’une réunion de parent. »

Unanimité

A Morlanwelz, chose étonnante, aucun des parents des 50 enfants en 6e primaire dans l’enseignement communal ne souhaitait que son enfant retourne à l’école. « Nous avons sollicité leur opinion et aussi bizarre que ça puisse paraitre, c’était l’unanimité », raconte le bourgmestre Christian Moureau. « Ce qui a surtout motivé notre décision, c’est le rapport entre les risques sanitaires pris et l’apport pédagogique apporté par une ouverture aussi courte. »

Ici aussi, on pense déjà à septembre. « On y réfléchit grandement, on regarde ce qu’on peut installer, mettre en place, si la rentrée devait avoir lieu dans des conditions similaires à aujourd’hui. C’est une très grande collaboration entre les enseignants et les services financiers, Travaux et Enseignement de la commune. »

Un manque de clarté

Plus au sud du pays, à Meix-devant-Virton, bien que les infrastructures auraient compliqué le respect des mesures préconisées par la Communauté française, c’est aussi l’avis des parents qui a joué. « On les a contactés pour savoir ce qu’ils en pensaient et les trois quart préféraient qu’on ne rouvre pas », indique le bourgmestre Pascal François. « Nous nous sommes concertés avec les enseignants, les syndicats, la Copaloc et la fermeture des école a été approuvée à l’unanimité. »

Ici, l’incertitude quant aux mesures à suivre a prévalu. « Ces tergiversations de la Communauté française nous ont aussi un peu motivé dans ce choix. On reçoit plein de circulaires mais trois jours avant la réouverture, c’était un peu « démerdez-vous ». On préfère prendre le temps de digérer tout ce qu’on nous demande de mettre en pratique. »

« Rien de 100% arrêté »

Enfin, parmi ces communes « rebelles », il y a quelques indécis comme le bourgmestre de Braives. « Notre position est de nous mettre à la place de l’enfant. Si j’avais 11 ans, est-ce que je serais heureux de porter un masque 8 heures par jour ? De retourner à l’école voir mes amis sans pouvoir jouer avec ? », se demande Pol Guillaume.

Dans sa commune, l’école pourrait reprendre avant septembre. « Rien n’est 100% arrêté en ce qui me concerne. Je suis partagé, ce n’est pas une réflexion facile. Cet après-midi, je participe à une réflexion commune afin de trouver des mesures complémentaires qui permettraient de reprendre l’école autrement. J’attends un peu de voir ce qui aura marché et pas marché ailleurs. »

Mais la rentrée de septembre est déjà dans les esprits. « On commence à y réfléchir déjà maintenant parce qu’il n’y aura sûrement pas encore de vaccin en septembre. On est certain de rien. C’est pour cela qu’on préfère prendre un peu de recul. Tout va un peu trop vite à notre sens. »

 

 

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