Le coronavirus n'aide pas à combattre l'homophobie

Gay Pride
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Ce 17 mai a lieu la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Or, après deux mois de confinement, les propos hostiles et manifestations de violence à l’encontre des personnes LGBTQI se sont multipliés.

On pensait ce vieux démon anéanti, le voilà qui repointe le bout de sa vilaine queue en pleine crise de coronavirus. Parmi les rumeurs et théories de complots, certains (et bien souvent des instances religieuses) n'ont pas hésité à inventer un lien entre l'homosexualité et le coronavirus. Selon Jean-Luc Romero-Michel de l'association française Elus Locaux Contre Le Sida : « Dans plusieurs pays, des responsables religieux de différentes confessions continuent d’établir, de façon honteuse, un lien abject entre homosexualité et propagation du Covid-19. Nous devons nous lever sans plus attendre, en front uni, contre de tels propos haineux ».

Sur les réseaux sociaux, nombre de personnes de la communauté LBGTQI (Lesbiennes, Bi-, Gays, Trans, Queers, Intersexué(e)s) se sont dit visées par leurs voisins qui leur demandaient ni plus ni moins de quitter leur immeuble, ou ont été victimes de propos injurieux ou de manifestations de violence. A tel point qu'en France, la ministre de l'Egalité des Chances Marlène Schiappa a débloqué 6.000 nuitées à l'hôtel pour les personnes les plus exposées.

L'homophobie dans le monde

Si, de façon globale, les mentalités (et les lois) ont évolué dans le bon sens, les violences faites aux LGBTQI sont encore bien présentes. Souvent, c'est là où la religion reprend du terrain de pouvoir. Ainsi, au Brésil où l'arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir s'est accompagnée d'une recrudescence d'homophobie et de transphobie – au point où la Cour Suprême s'est fendu d'une loi pour pénaliser spécifiquement l'homophobie. En Tchétchénie (qui fait partie de la Fédération de Russie qui interdit toute « propagande homosexuelle »), de exactions répétées à l'encontre des LGBTQI ont été tristement mises en lumière. En Pologne, au sein de l'Union européenne, le parti au pouvoir PiS a donné son feu vert pour une chasse aux gays, plusieurs municipalités déclarant des « zones libres de l'idéologie LGBTI ». Ailleurs dans le monde, l'homosexualité est toujours passible de la peine de mort dans onze pays dont l'Iran, l'Arabie saoudite et le Qatar qui doit organiser la prochaine coupe du monde de football.

A l'inverse, 26 pays ont à ce jour légalisé le mariage des couples homosexuels. En Belgique, l'adoption d'enfants par les couples homosexuels est légale depuis 2006. Pour autant, si la législation va dans le bon sens, dans les faits, les choses sont encore loin d'être acquises. Une étude menée par l'European Union Agency For Fundamental Rights note ainsi que 15 % des membres de la communauté LGBT en Belgique ont eu le sentiment de subir de la discrimination à cause de leur orientation sexuelle ces 12 derniers mois. Le combat contre l'homophobie et la transphobie est donc plus que jamais d'actualité. D'autant plus que la Belgian Pride prévue ce 23 mai a dû être repoussée à une date ultérieure à cause de la crise de coronavirus.

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