Covid-19 dans le monde : déconfinement trop rapide et chiffres discutés

Les problèmes politiques n'arrangent pas la situation au Brésil.
Les problèmes politiques n'arrangent pas la situation au Brésil.
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Les grands pays du monde font partie des plus touchés par le Covid-19. Les Etats américains ont quasi tous rouvert leur frontières et leurs commerces, sans tenir compte des recommandations des experts. En Russie et au Brésil, les chiffres officiels font débat.
 

Ce samedi, les Etats-Unis annonçaient plus de 86.000 décès et plus d’1.436.000 d’américains testés positifs. Chaque jour, entre 800 et 2.800 personnes meurent du Covid-19 et s’ajoutent à ce bilan. Bien que déjà très lourd, il se pourrait qu’il le soit en réalité encore plus. C’est ce qu’a avancé le docteur Anthony Fauci, directeur de l’Institut National des Allergies et Maladies Infectieuses et membre de la cellule de crise Coronavirus de la Maison Blanche, lors d’une audience devant le Sénat ce mardi.

Alors que la grande majorité des états rouvrent leurs frontières et tentent de relancer l’activité économique, le spécialiste tenait à mettre tout le pays en garde. « Si certains endroits, villes ou états passent outre les recommandations et rouvrent prématurément sans avoir la capacité de répondre de manière efficace, je m’inquiète que nous commencerons à voir arriver de petits pics de l’épidémie qui pourraient se transformer en véritable éruption ». Il demande donc à tous les niveaux de pouvoir de respecter au mieux  les démarches préconisées. « Il y a un vrai risque que vous déclenchiez une nouvelle épidémie que vous ne pourrez pas contrôler, qui causerait des souffrances et décès que nous aurions pu éviter. »

En effet, ils ne sont plus qu’une poignée d’états à être encore en lockdown aujourd’hui. Certaines plages devraient même rouvrir pour le week-end du Memorial Day, dernier lundi de mai et jour férié en hommage aux soldats américains décédés.

Dans les états où les lieux publics, commerces et entreprises ont rouvert rapidement, le nombre de malades continue d’augmenter. Aucun d’entre eux n’a attendu que le nombre de cas confirmés soit en baisse pendant deux semaines, comme recommandé par le Gouvernement. Et aucune consigne ne leur a été fournie s’ils devaient faire face à une deuxième vague de l’épidémie…

Pendant ce temps, côté législatif, les démocrates de la Chambre des Représentants ont voté ce vendredi un projet de loi qui destinerait 3.000 milliards de dollars à aider le financement des gouvernements locaux et des Etats, mais aussi la Poste. Un projet de loi que les Républicains comptent bloquer au Sénat. Donald Trump a même menacé d’utiliser son droit de veto à son encontre si c’était nécessaire.

Un bilan russe contesté

La Russie aussi commence son déconfinement. Ce 16 mai, elle annonçait plus de 6,6 millions de tests effectués, 272.000 personnes testées positifs et 2.537 décès. C’est le deuxième nombre de cas confirmés le plus important au monde. Par rapport à la Belgique, c’est 5 fois plus de personnes touchées et 4 fois moins de décès.

Si les autorités russes justifient ces chiffres exceptionnels par une grande campagne de dépistage et la mise en quarantaine rapide des voyageurs, ailleurs dans le monde, ces données sont remises en cause et ça ne plait pas. Cette semaine, le New York Times et le Financial Times, quotidiens américains, ont fait part de leurs doutes quant à la véracité de ces informations. Selon eux, le taux de mortalité pourrait être 70% plus élevé.

Des articles qui dérangent à Moscou. Le ministère des Affaires étrangères demande un « démenti à la désinformation » dans les pages des deux journaux. « Des courriers au New York Times et au Financial Times sont prêts », a annoncé la porte-parole du ministère.

Malgré cela, des commerces et lieux publics commencent à rouvrir dans certains coins de la Russie, moins touchés par cette épidémie. Les mesures de confinement restent d’application tout de même jusqu’au 31 mai alors que Poutine prône « un déconfinement régionalisé » selon l’évolution de l’épidémie dans chaque zone.

2e démission ministérielle au Brésil

Après les Etats-Unis et la Russie, le pays non-européen le plus touché est le Brésil, avec plus de 14 000 décès pour plus de 200 000 cas confirmés. Des chiffres contestés par les scientifiques locaux qui estiment que les vrais bilans pourraient être 15 fois plus élevés.

Là-bas, la crise du Covid-19 a été aussi une cause de tensions politiques. En effet, ce vendredi 15 mai, le ministre de la santé Nelson Teich, un oncologue de 62 ans, a démissionné seulement 4 semaines après sa nomination. La raison : des désaccords avec le président Jair Bolsonaro. Ce dernier avait déjà poussé le ministre de la Santé précédent à démissionner.

D’après des sources proches de l’affaire, c’est le fameux traitement à la chloroquine qui aurait été à la source de ces mésententes. Bien que son efficacité ne soit toujours pas prouvée, le président Bolsonaro est en un grand défenseur et pousserait à son utilisation.

Malgré cette pandémie mondiale, le chef de l’état continue de minimiser la gravité de cette crise. Face à ce comportement, ce sont les dirigeants des différents Etats brésiliens qui ont chacun établi des mesures de confinement, ce que critique de manière régulière le président, qui appelle à une réouverture des commerces et un retour à la normale. Lui-même a été vu pratiquer différentes activités de plein air, comme si de rien n’était.
 

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