Bruxelles encourage une réouverture « coordonnée » des frontières

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La Commission européenne a recommandé une reprise progressive du tourisme pour cet été. Cela se fera moyennant de strictes conditions.

« Cela ne va pas être un été normal… » Ce mercredi, Margrethe Vestager a commencé par annoncer ce qu’on pressentait depuis un bon moment déjà : les grandes vacances auront cette année un parfum de Covid-19. « Mais si nous faisons tous des efforts, nous n'aurons pas à passer l'été bloqués à la maison » a ajouté la vice-présidente exécutive de la Commission européenne. Bruxelles a en effet décidé de plaider auprès des 27 en vue d’une réouverture progressive des frontières intérieures de l’Union. Ceci, d’abord pour permettre aux citoyens « de bénéficier d’une détente et d’un repos bien mérités ». Mais également (surtout ?) afin de maintenir le secteur touristique la tête hors de l’eau, lui qui pèse 10% du PIB de l’UE et 12% des emplois.

Pour éviter un naufrage économique cet été, la Commission vient donc de publier une série de recommandations en matière de transports et de tourisme. Si une réouverture générale des frontières intérieures est exclue dans l’immédiat, l’Europe encourage les états membres à la levée « coordonnée » des contrôles aux frontières entre pays présentant une « situation épidémiologique similaire » et contrôlant la propagation de l’épidémie. Pas question donc de répliquer la séquence de la mi-mars, où chacun s’était empressé de se barricader et où les fermetures des frontières, désordonnées et sans concertation apparente, avaient révélé une Union bien désunie.

D’abord, avoir maîtrisé l’épidémie

La réouverture des frontières, demande la Commission, devra se faire moyennant le respect de plusieurs conditions, parmi lesquelles une présence « à de faibles niveaux » du Covid-19 dans le pays qui envisage la réouverture. L’étendue du virus devra avoir « drastiquement » diminué et s’être stabilisé sur une longue période, même après l’arrivée de touristes. La capacité hospitalière du pays devra également être suffisante pour les populations locales comme pour les touristes, et en mesure d’encaisser un pic de contaminations. Un testing à grande échelle, ainsi que la capacité d’isoler toutes les personnes infectées, est aussi demandée.

À ce stade, il est important de rappeler que le contrôle des frontières et la gestion touristique sont des compétences qui incombent aux États membres. À charge de ceux-ci d’appliquer ou non les recommandations de la Commission. Il faudra observer l’interprétation par chacun des 27 de concepts tels que la « situation épidémiologique similaire » ou le « faible niveau » de présence du Covid-19, qui paraissent être en première analyse, assez vagues. Vu l’impact variable de la pandémie sur le Continent, les réouvertures des frontières se feront « au cas par cas » et donc, probablement à des dates différentes.

De timides réouvertures

Il n’en reste pas moins qu’un peu partout en Europe, l’heure est au déconfinement. L’Allemagne a annoncé assouplir progressivement les contrôles aux frontières dès ce samedi. Des contrôles qui ne seront cependant pas complètement levés avant le 15 juin, ont prévenu les autorités. De son côté, l’Autriche a également fixé la date de la mi-juin pour le rétablissement de la libre circulation à sa frontière commune avec l’Allemagne. En Belgique, aucune réouverture des frontières n’a pour le moment été annoncée. Lors du dernier Conseil National de Sécurité, la Première ministre Sophie Wilmès (MR) a indiqué que la reprise d’activités touristiques serait étudiée pour la prochaine phase du déconfinement, qui n’interviendra au mieux, qu’à partir du 8 juin.

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