Culture, mode, high-tech : ces magasins qui rouvrent sans nouveautés

Peu de nouveautés dans les FNAC.
Peu de nouveautés dans les FNAC.
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Parmi les magasins qui rouvraient ce lundi, plusieurs secteurs dépendent fortement de la nouveauté et du réassort fréquent de leurs rayons. Ils ont donc accueilli leurs clients en proposant essentiellement des articles de février ou mars.

Ce lundi, le secteur commerçant a pu sortir de son hibernation forcée pour accueillir à nouveau sa clientèle, toujours en respectant diverses mesures qui garantissent la sécurité et santé de chacun.

Ils étaient nombreux à s’aventurer dans les centres-villes pour faire la queue et accéder dans leurs boutiques favorites. Mais pour y trouver quoi ?

En effet, avec tant d’industries à l’arrêt, on peut s’attendre à ce que rentrer dans certains magasins ait aujourd’hui des petits airs de voyage dans le temps.

Côté mode et habillement notamment, devrons-nous acheter mi-mai des vêtements prévus pour la fin de l’hiver ou le printemps ? Chez H&M, un des plus importants acteurs du secteur, ça sera en partie le cas. « Il y a beaucoup de vêtements printaniers qui s’adaptent encore très bien à la saison. Cela ne fera pas une grosse différence pour le client », explique Marianne Nerinckx, porte-parole pour ces magasins en Belgique.

La chaine suédoise a anticipé le coup et décalé ses livraisons. Les stocks ne devraient donc pas être remplis de gros pulls en laine et autres vestes chaudes. « Nous avons décalés les commandes déjà passées et annulées certaines prévues. Nous voulions éviter de tout recevoir dès la réouverture et d’avoir les nouvelles collections et celles du printemps en même temps. »

Et pour écouler l’éventuel surplus, les habituels soldes d’été auront bien lieu. Mais est-ce une bonne idée de vendre au rabais alors que le secteur a bien besoin de remonter la pente ? « Pas vraiment », répond Marianne Nerinckx. «Mais on doit aussi penser aux clients, qui sera à la recherche de bonnes affaires. Nous ferons donc les soldes en août comme les réglementations nous l’imposent. Mais nous proposerons aussi des promotions avant cela et allons également étendre nos sections Bonnes affaires. »

Bientôt du neuf en librairie

Un autre secteur qui dépend fortement des nouveautés et du renouvellement de sa marchandise est celui de la culture.

Du côté des célèbres librairies bruxelloises Filigranes, qui sont restées ouvertes sous forme de takeaway et qui continueront de fonctionner de la sorte encore quelques jours, les nouvelles sorties ne sont pas disponibles, comme partout ailleurs.

« Heureusement, nous avons énormément de références et un grand stock, même si pour certains titres très populaires, pour lesquels nous avons toujours 50 exemplaires en réserve, nous étions parfois en rupture », explique Marc Filipson, directeur de ces librairies. « Mais effectivement, zéro nouveautés pour le moment. Pour les BD, cela devrait reprendre ce vendredi ou début de la semaine prochaine. Pour les livres, le premier distributeur à reprendre le travail va livrer 10 titres, les plus populaires choisis parmi les 300 ou 500 qui auraient dû sortir depuis fin mars, dont le Marc Levy par exemple. Pour le reste, la chaîne du livre est au ralenti. La production a diminué. Dans les groupes éditoriaux, on a reporté beaucoup de titres à l’automne, d’autres ont été annulés. Certains petits éditeurs ne passeront pas cette crise. »

Cela n’a pas empêché les grands lecteurs de se procurer de quoi passer le temps, même si ça ne rattrapera les pertes dues à la fermeture. « Sur l’avant confinement et le confinement, on a un manque à gagner de 3 millions de chiffre d’affaire. Mais notre site, pour lequel nous n’avons pas encore fait de publicité, a tout de même bien fonctionné. D’ici le 1er juin, nous allons proposer 3 millions de titres, ce qui nous permettra d’être très concurrentiels. 

Succès pour le gros électro

Du côté du hi-fi, de l’électronique et de l’électro-ménager, on est moins impactés par le manque de nouveautés, sauf pour les nouvelles technologies. « C’est un secteur qui est tiré par l’innovation et la plupart des fabricants, à part Apple ou Huawei, ont postposé leurs lancements », explique Grégoire Tack, directeur commercial pour les magasins Vandenborre et Fnac. « C’est la nouveauté qui attire les clients vers le high-tech, contrairement au secteur du gros électro, qui innove assez régulièrement mais où personne ne se rue pour se procurer le dernier lave-linge. On parle plutôt de long terme dans ce secteur. »

Ce lundi, beaucoup de clients étaient d’ailleurs au rendez-vous pour ce genre de produits. « On achète souvent des gros électroménagers quand ceux qu’on a tombent en panne ou sont en fin de vie. Il semblerait que beaucoup de clients se soient retenus pendant le confinement et ont préféré attendre la réouverture de ce lundi pour en acheter, plutôt que passer par Internet. »

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