Réouverture des magasins : pour Bruxelles, Charleroi, Liège et Namur, les nouvelles règles ne peuvent pas être appliquées

L'avenue Louise, ce lundi, à Bruxelles.
L'avenue Louise, ce lundi, à Bruxelles.
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Les nouvelles mesures pour l’ouverture des commerces demandées par le ministère de l’Intérieur vendredi étaient difficiles à appliquer en si peu de temps, surtout dans les communes les plus peuplées. Dans une démarche assez rare, quatre bourgmestres de grandes villes se sont associés pour en faire part au ministre dans un courrier.

Ce vendredi, les communes ont toutes reçu une circulaire du ministère de l’Intérieur pour les préparer à cette nouvelle étape du déconfinement de ce lundi : la réouverture des commerces.

Il est notamment demandé aux villes de gérer la circulation des citoyens dans les zones commerçantes. Chacune d’entre-elle doit avoir une entrée, une sortie, un nombre limité de personnes autorisées, un sens de circulation, une séparation pour les cyclistes… Il revient également aux autorités locales de gérer les files d’attente devant les boutiques, via marquages et barrières, « pour éviter que les commerçants ne le fassent eux-mêmes. »

Des directives qui sont arrivées en dernière minute, à pleine plus de 48 heures avant l’ouverture des portes des magasins et qui ont dû, ou auraient dû, être mises en place sur un week-end.

Pour Bruxelles et les trois plus grandes villes wallonnes, ces règles sont arrivées trop tard et surtout, ne sont pas adaptées à la taille de leurs centres urbains. Philippe Close, bourgmestre de la capitale et ses confrères de Namur,  Liège et Charleroi, ont donc répondu, ensemble, par un courrier, au ministre De Crem pour lui faire part de leurs remarques.

« Heureusement que côté communes, nous n’avons pas attendu le vendredi », commente Maxime Prévot, à la tête de la capitale wallonne. « Cette reprise du lundi nous préoccupe et nous y travaillons depuis des jours pour que les choses se passent avec ordre et sécurité. Cette circulaire arrive un peu comme les carabiniers d’Offenbach, quand les plans communaux sont tous prêts. »

Mieux dans la théorie que dans la pratique

Sur le fond, les quatre maïeurs comprennent les demandes du ministère. C’est sur le côté pratique que ça coince. « En un week-end, à priori sans disposer de nos services, on ne nous donne pas la possibilité de mettre en œuvre ces principes. Ils sont généreux sur papier mais se heurtent à la réalité de terrain. »

En effet, dans ces quatre communes, c’est presque l’ensemble du centre-ville qui est une zone commerçante. « Organiser des entrées et sorties dans les rues commerçantes, organiser des files, à Liège, c’est impossible », a déclaré Willy Demeyer, bourgmestre de la cité ardente, à la RTBF ce lundi matin. « Combien faut-il d’entrées ? Comment faire respecter ses règles sans créer d’émeute à l’entrée de la rue ? »

Dès lors, dans ce courrier quatre fois signé, les élus expliquent à Pieter De Crem que ce règlement arrive un peu tardivement, « regrettent qu’il n’ait fait l’objet d’aucune concertation avec les autorités locales », et rassurent sur le fait que de nombreuses démarches, bien que différentes que celle de la circulaire, ont été prises pour assurer la sécurité de chacun.

Le quatuor de bourgmestre demande alors au ministre de l’Intérieur une semaine de plus pour mettre en place les plans de sécurité communaux prévus, « et, à la lumière de cette expérience, procéder si nécessaire à leur adaptation, via l’implémentation intégrale des directives formulées dans le courrier ministériel. »

Une démarche pas si inédite

Ce qui est étonnant dans cette déclaration, c’est cette union inédite entre Bruxelles, Namur, Liège et Charleroi, rarement associées dans ce type d’action.

Pourtant, ces 4 grands pôles de la Fédération Wallonie-Bruxelles collaborent régulièrement. « Cela arrive plus souvent qu’on ne l’imagine », précise Maxime Prévot. « Nos chefs de cabinets respectifs sont régulièrement en contact. Et encore plus depuis le début de cette crise, pour réfléchir comment traduire telle ou telle mesure fédérale au niveau communal. »

Peut-on s’attendre à l’avenir à plus d’actions communes de la part de cette coalition des grandes villes francophones ? « Je suis partisan de cette forme de collaboration. Nous avons déjà eu l’occasion de défendre ensemble les intérêts des pouvoirs locaux, notamment sur les thématiques de la gestion policière, des finances communales ou de la mendicité, même si nous n’en faisons pas à chaque fois état publiquement. »

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