Les enfants sont de plus en plus sur les écrans : comment gérer?

La consommation d'écrans a augmenté chez les enfants durant le confinement
La consommation d'écrans a augmenté chez les enfants durant le confinement
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Six enfants de moins de 13 ans sur dix utilisent plus intensivement les écrans qu’avant. Phénomène inquiétant ou au minimum perturbant. Conseils pour s’en sortir comme parent.

Beaucoup de parents l’avouent. Au fil du confinement, ils ont lâché du leste sur l’usage des écrans. Une enquête le démontre. Le temps passé sur les écrans a considérablement augmenté chez 60% des enfants pendant le confinement, selon Camille, la Caisse d’allocations familiales. Cette enquête a ciblé les familles wallonnes avec enfant(s) de moins de 13 ans. Quel que soit l’âge, la télévision reste l’écran le plus utilisé. Cependant, sur la tranche 7-13 ans, les autres types d’écran suivent de près. Autre constat: 34% des parents déclarent avoir observé des effets négatifs liés à une plus grande consommation des écrans. Parmi ceux-ci: la nervosité, l’agressivité, la fatigue ou le manque de concentration.

Au total, un parent sur deux s’inquiète des conséquences de la consommation des écrans chez son (ses) enfant(s). Danger ? “ Dire que c’est plus dangereux, c’est postuler d’emblée que les écrans sont nocifs. Or c’est une vieille querelle entre technophobes et technophiles. Certains chercheurs, moins médiatisés, postulent que les écrans ont du bon aussi ”, rétorque Yves Collard, expert et Formateur en éducation aux médias. Certes mais cela concerne d’abord et surtout les ados. “ Pour l’ado, la socialisation est importante. Il a besoin de se détacher de ses parents et de fonder une nouvelle tribu de pairs. Avec le coronavirus, ce besoin a pris une autre dimension car la seule ressource disponible de sociabilisation a été les écrans. ”

Ainsi le jeune a pu avoir eu l’air complètement ailleurs à certains moments. Et il ne faut pas réprimer ça. “ Les tablettes, les smartphones sont aussi un moyen de s’intéresser à ce qui se passe à l’extérieur. Et puis on stigmatise les activités de loisir sur les écrans alors qu’on se pose infiniment moins de questions sur l’impact des écrans sur le travail. Ce confinement sans interfaces numériques serait infiniment plus dur”.

La règle des trois "A"


Ceci posé, Yves Collard balise l’usage des écrans de quelques règles. La première est de ne pas être incohérent. Beaucoup de parents sont eux-mêmes beaucoup plus sur les écrans. Or le premier principe éducatif est de donner l’exemple. “ Malgré tout, il faut garder des règles comme interdire les écrans pendant les repas mais on peut être plus souple sur la durée, par exemple. ” Il faut toujours avoir en tête la règle des trois “ a ” établie par Serge Tisseron, psychiatre, membre de l’Académie des technologies et auteur de 3-6-9-12, apprivoiser les écrans et grandir. L’accompagnement de l’enfant dès le plus jeune âge, l’alternance d’activités avec et sans écrans, et l’apprentissage de l’autorégulation.

“ Les écrans peuvent ainsi être un sujet de débat entre parents et enfants. Ensuite, il faut bien distinguer les âges. Un tout-petit n’a pas besoin de sociabilisation via les écrans. Les grandes manœuvres commencent entre 6 et 8 ans. Et là il faut les accompagner. ” Yves Collard se veut très rassurant : “ il n’y a pas de bon ou de mauvais parent par rapport aux écrans. Or dans mes conférences, j’entends souvent que le bon parent serait celui qui ne donne pas du tout d’écran à son enfant. Ce n’est pas si simple. On doit donner des indications et ensuite faire ce qu’on peut. ”

Des outils pour aller plus loin :
https://www.123clic.be/-Les-activites-.html
https://media-animation.be/IMG/pdf/reseaux-sociaux_light.pdf

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