Reprise de la vie sociale: Le gouvernement joue à l'équilibriste

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À partir de ce dimanche, les visites à domicile de quatre personnes, toujours les mêmes, sont autorisées. Avec quel risque de contamination? 

Cette question risque de créer des tensions au sein du cercle familial ou de casser des amitiés: Qui vais-je revoir à partir de ce dimanche? Le Conseil national de sécurité l'a annoncé ce mercredi, la vie sociale va reprendre (un peu) grâce à l'autorisation des visites à domicile de quatre personnes maximum, toujours les mêmes. Et celles-ci s'engagent à ne pas aller dans d'autres familles et à ne pas recevoir d'autres personnes. Critiqués pour avoir privilégié l'économie à l'humain, les politiques tentent ainsi de renouer la confiance avec les citoyens en leur proposant ce « contrat de confiance ». « On prend là un risque additionnel, qu'on va dire, calculé… », hésite Yves Van Laethem, infectiologue et porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus. « L'idée c'est de lâcher du mou pour que les gens n'en prennent pas spontanément beaucoup ». La Première ministre Sophie Wilmès a appelé « au civisme et au sens des responsabilités » de chacun puisqu’aucun contrôle ne sera possible.

Beaucoup d’interrogations subsistent

Mais pour respecter cette nouvelle mesure, encore faut-il la comprendre… « Ce n'est pas évident », avoue l'infectiologue. « C'est plus facile si on a des blocs familiaux bien précis et constitués ». Ça l'est beaucoup moins pour les familles nombreuses, recomposées, les grands-parents qui veulent revoir leurs enfants et petits-enfants, les colocations et bien d'autres encore. « Dans le cas des colocataires, que l'on considère comme un foyer s'ils sont restés confinés sous le même toit, ils auraient théoriquement le droit de voir quatre personnes et un seul paquet de quatre personnes. Ce qui est impossible », affirme l'expert. Pareil pour les couples qui veulent revoir leur famille respective pour la fête des mères, sauf s'ils se limitent aux quatre parents. « Je pense que de facto on ne pourra pas faire autrement que d'interpréter un peu les choses », lance le spécialiste en Médecine interne du CHU Saint-Pierre, proposant ainsi aux colocataires de ne pas inviter leur famille ou amis dans leur foyer.

Un risque calculé sans l'être vraiment...

Le principal, pour Yves Van Laethem, c'est de se limiter à ce petit groupe de quatre personnes, de respecter les distances et les mesures d'hygiène et de ne pas multiplier ces rendez-vous. « Pour l'instant, il ne faut pas non plus aller voir papa et maman tous les jours. » Le but n'est pas non plus que les grands-parents s'occupent de leurs petits-enfants toute la journée, a souligné Erika Vlieghe, présidente du groupe d'experts pour la stratégie de déconfinement (GEES).

La durée et l'intensité de ces contacts sont importantes. « Aller dire bonjour aux parents en buvant un café, je pense que le risque est faible. Passer une soirée conviviale avec la famille, le risque est nettement plus important », compare l'infectiologue, sans pouvoir toutefois quantifier ce risque. « C'est là qu'est la crainte », lors de ces repas où il n'est pas possible de porter un masque et où la distance n'est pas toujours respectée. D'autant plus que cette mesure intervient en même temps que d'autres relâchements du confinement, comme la réouverture des commerces lundi 11 mai et la reprise du travail pour certains. « Il faut que l'intensité des contacts sociaux ne soit pas trop importante pour essayer de diminuer l'impact que pourrait prendre cette partie sociale, bien compréhensible, sur l’évolution de l’épidémie », recommande le porte-parole, avant de lancer, perplexe : « On est d'accord que c'est de l'équilibrisme. Tout le monde en est conscient. On va voir ce que cela donne… »

Quelques recommandations

Pour diminuer ce risque de transmission et éviter une recrudescence de l’épidémie, « il n'y a pas de miracle », les mesures de sécurité doivent impérativement être respectées. « On se lave les mains en entrant chez la personne. On ne s'embrasse pas. On reste à distance. Si possible, on garde son masque », énumère Yves Van Laethem qui conseille le port du masque à chaque sortie, en le mettant et en l'enlevant convenablement. « Un qui ne vous gêne pas, qui ne vous gratte pas et qui n'est pas trop serré » pour pouvoir le porter confortablement. Il est d'autant plus recommandé lors des visites autorisées si une personne à risque est présente.

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