Déconfinement: quelles solutions pour la garde des enfants?

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Avec le déconfinement, un nombre croissant de parents vont devoir trouver des solutions de garde pour leurs enfants. Garderies, retour à l’école (partiel) ou congé parental : aucune n’est optimale.

Mais que faire des enfants ?  C’est la question casse-tête que se posent potentiellement beaucoup de parents, en cette période de déconfinement progressif. Ce lundi 4 mai, de nombreux travailleurs ont déjà repris le chemin du boulot, avec la réouverture de plusieurs secteurs d’activité. Le 11, c’est la réouverture des commerces, comme l’a confirmé hier le Conseil National de Sécurité. Pour tous les parents qui n’ont pas/plus la possibilité de télétravailler, il va donc falloir trouver une solution pour garder leur progéniture. Les écoles ? Elles n’ouvriront leurs portes que le 18, et encore seulement pour les classes terminales, c’est-à-dire les 6èmes primaire, les 6èmes et 7èmes secondaire. Si tout se passe bien, d’autres classes les suivront la semaine d’après, le 25 mai : les 1ères primaire, les 2èmes secondaire et éventuellement les 2èmes primaire. Une rentrée qui devra se faire, mesures sanitaires oblige, par petits groupes de maximum dix élèves, qui ne seront en classe qu’une à deux fois par semaine.

Les garderies prises d’assaut ?

« Caser » les plus jeunes devrait être le défi le plus important des prochaines semaines ; les enfants plus âgés et les adolescents devraient en effet être en mesure de rester seuls à la maison. Pour les autres enfants, c’est donc l’option garderie qui vient naturellement à l’esprit. Une option qui pourrait cependant s’avérer très vite improductive, si les garderies venaient à être prises d’assaut par des parents en manque de solution. Pour l’instant, l’affluence y est encore très faible : « Dans les écoles bruxelloises, ils étaient seulement 60 sur 13.000. À Charleroi, ils étaient 36. Et à Liège, 59. On voit donc bien que le nombre d'élèves présents dans les écoles ces jours-ci reste assez faible, même s'il a doublé dans certains endroits. La situation est donc tout à fait gérable » expliquait à la DH Jean-François Mahieu, porte-parole de la ministre de l’Éducation Caroline Désir (PS). Mais, avec les échéances du 11 et du 18 mai, « on risque d’avoir beaucoup plus de demandes » concédait le porte-parole.

« La crainte de voir les garderies scolaires beaucoup plus sollicitées dans les prochaines semaines est réelle, explique Joseph Thonon, permanent syndical de la CGSP Enseignement. Plus d’enfants dans les garderies, c’est encore plus de travail pour les enseignants et les éducateurs, qui auront à organiser les leçons à partir du 18 mai, gérer le suivi des élèves restés à la maison et s’occuper des garderies. C’est beaucoup ». En cas d’afflux massif dans les garderies, il faut donc s’attendre à ce que l’organisation de la rentrée scolaire soit perturbée ; la reprise des leçons pour les classes concernées par la rentrée scolaire pourrait être encore plus difficile à mettre en place.

Rester à la maison?

Certains parents seront en outre réticents à confier leurs enfants à l’école, de peur qu’ils y attrapent le virus. Pour ceux qui remplissent les conditions d’octroi, un congé « corona » est une piste à suivre. Le gouvernement fédéral s’est en effet entendu ce week-end sur la mise en place d’un congé parental « corona » pour les salariés parents d’enfants de moins de 12 ans ou d’enfant handicapé, valable du 1er mai au 30 juin mais avec effet rétroactif. La Ligue des familles qui avait longtemps plaidé pour ce type de dispositif, a qualifié la mesure « d’avancée positive mais pas sans défauts ». La rémunération de 352 euros par mois (mi-temps) ou de 120 euros/ mois (1/5ème temps) est en effet jugée par la Ligue « très faible et rend ce congé inaccessible à de nombreuses familles ». D’autres pistes de solutions sont avancées par la Ligue des Familles, comme le baby-sitting ou des tournantes de garde alternée entre parents.

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