Pourquoi d’autres pays ont mieux résisté face au Covid-19

Un zoo bondé à Seoul ce 4 mai.
Un zoo bondé à Seoul ce 4 mai.
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Proches ou éloignés de la Belgique, et même si les processus de comptage sont différents partout, certains pays ont mieux géré cette épidémie que d’autres. Testing de masse ou mesures prises au plus tôt, les moyens déployés varient, mais leurs nombres de décès sont parmi les plus bas.

Tous les pays du monde n’étaient pas autant préparés à faire face à cette épidémie de Covid-19. De même, chaque état a réagi à sa façon pour éviter que le virus ne se propage davantage. Des méthodes variées qui expliquent les grosses différences de nombre de malades et de taux de mortalité entre les pays. Mais quelles étaient les décisions, les actions, décisives qui ont permis à certaines nations de mieux affronter cette pandémie ?

En Europe, et même à l’échelle mondiale, l’Allemagne fait figure de bon élève avec 164.967 cas diagnostiqués et 6.812 décès ce 3 mai pour 83 millions d’habitants. Même s’il est difficile de comparer les statistiques, chaque pays ayant sa façon de compter, cela reste tout de même moins de morts que dans notre pays, pourtant bien plus petit sous de nombreux rapports.

Il faut dire que de base, les Allemands profitent d’un système de santé performant, mieux préparé à ce type de pandémie que d’autres. Le pays dispose de beaucoup de plateformes de test, de respirateurs, de lits en département Soins Intensifs dans les hôpitaux… Également à la pointe côté recherche, l’Allemagne a aussi été le premier pays à lancer un test homologué, dès janvier.

Mais ce qui a beaucoup joué, c’est un testing à grande échelle de la population. Très tôt, les Allemands qui suspectaient être contaminés pouvaient se faire tester chez leur médecin traitant, dans des laboratoires ou dans des Drive-In. Fin mars, entre 350.000 et 500.000 tests étaient effectués chaque semaine dans le pays.

Israël, bon élève

Un autre pays qui a bien résisté au Covid-19 est Israël. Malgré les remous politiques, les élections à répétition et la difficulté à former un gouvernement, Israël a bien réagi face à l’épidémie, dès l’apparition d’un premier cas confirmé sur le territoire fin février. C’est ce qui leur a donné une longueur d’avance et explique que le nombre de décès dépasse à peine les 200 malgré plus de 16.000 contaminés. Israël commence d’ailleurs aussi son déconfinement en même temps que nous.

Le pays a notamment mis rapidement en quarantaine les personnes revenant des premiers pays touchés, puis de tous les pays étrangers sans exception. Le premier décès lié au coronavirus n’est arrivé que fin mars et à ce moment-là, le confinement était déjà en partie établi : les Israéliens travaillent chez eux et seules les courses alimentaires et de médicaments étaient autorisées. Le nombre de morts augmentant, Benjamin Netanyahu a continué à serrer la vis avec un confinement plus strict, un couvre-feu lors de la fête de Pessah, des amendes sévères pour non-respect des règles et a même envisagé le pistage des téléphones…

Plus proches de la Chine, mais moins touchés

En Asie de l’Est, d’autres pays ont pu lutter plus efficacement contre le Covid-19 que plusieurs pays européens, malgré leur proximité avec la Chine, notamment Hong-Kong, Taïwan ou encore la Corée du Sud. Cette dernière a été plusieurs fois citée comme le pays qui a le mieux géré la crise et l’Allemagne s’en est même inspirée. Début mai, elle recensait plus de 10.000 cas pour seulement 250 décès.

Pourtant, la Corée a choisi une approche radicalement opposée à celle de l’Europe, à savoir pas de confinement. Au moment, où à travers le monde, beaucoup de pays se préparaient seulement à affronter ce coronavirus, le Pays des Matins calmes effectuait déjà des milliers de tests chaque jour. En effet, les Coréens avaient déjà dû faire face à une autre épidémie de coronavirus en 2015. Ils ont donc pu prendre des mesures rapides et efficaces dès que la Chine a été frappée.

Mais la stratégie coréenne diffère également en un autre point, assez sensible : le pistage. Les trajets et rencontres des personnes testées positives étaient enregistrés, notamment grâce à des caméras de surveillance ou le suivi des téléphones. Si cela pose un réel problème de respect de la vie privée, cela a tout de même permis de prévenir et tester les Coréens susceptibles d’avoir été en contact avec le virus.

Enfin, les cultures de ces pays d’Asie de l’Est les ont également aidés. Les populations sont plus respectueuses des règlements que chez nous, portent déjà souvent des masques en extérieur lorsqu’ils sont malades et sont, par habitude, plus « socialement distants » les uns des autres qu’en Occident où bises et serrages de main sont quotidiens.

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