Retour à la vie normale : probablement pas pour cette année

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Nous sommes nombreux à nous demander quand est-ce que nous pourrons reprendre nos vies comme elles l’étaient avant cette crise sanitaire, sans distanciation, sans gestes barrières. D’après les experts, c’est encore impossible à dire. Mais même dans un scénario idéal, il faudra vivre avec des mesures de sécurité jusqu’à l’année prochaine.

Une poignée de main ou une bise, des gestes qui étaient encore anodins il y a quelques mois à peine nous semblent aujourd’hui d’une autre époque, voire carrément exotiques. Rendus obsolètes par les gestes barrières, certains attendent grandement qu’ils redeviennent banals, symbole d’un retour à une vie normale, la vie d’avant le Covid-19.

Bien que ce déconfinement, même si lent et progressif, devrait améliorer le moral de beaucoup d’entre-nous, ce n’est pas pour autant que tout va rentrer dans l’ordre. Nous devrons vivre encore un moment en étant attentifs à ne pas propager le coronavirus.

Mais alors à quand ce fameux retour à notre quotidien d’avant cette crise sanitaire ?

Pour pouvoir y penser, il faut tout d’abord que l’épidémie ne soit plus présente sur notre territoire, qu’elle soit éteinte. On pourra conclure que c’est le cas si on passe 28 jours sans nouveaux cas. « Dans un pays confiné, cela voudrait dire qu’il n’a plus la capacité à se transmettre à quelqu’un d’autre, à se multiplier », précise le docteur Yves Coppieters, épidémiologiste à l’ULB. « Mais cela ne veut pas dire qu’il aura disparu de la planète. On ne pourra pas l’éradiquer. Il existera toujours chez certains animaux. Il faudra vivre avec lui. »

Dès lors, quand arriverons-nous à passer ces 4 semaines sans nouveaux cas ? « Personne ne peut encore le dire », poursuit Yves Coppieters. « A Singapour, ils ont établi des projections qui disent que l’épidémie serait vraiment arrêtée partout dans le monde pour fin juillet, début août, en disant que la contamination pourrait diminuer en intensité avec la chaleur. »

Plusieurs vaccins en développement

Sauf confirmation de ces théories climatiques, le meilleur moyen de nous rapprocher de la fin de l’épidémie est l’arrivée d’un vaccin et la vaccination d’une grande partie de la population.

« Pour l’instant, il y a des dizaines de vaccins qui sont en train d’être développés, plus de 80. Certains sont en phase débutante, d’autres en phase d’étude clinique », commente Yves Van Laethem, épidémiologue et porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19. « Ce qui est clair, c’est que tout se suit vite, que le côté administratif des procédures ne traîne pas pour que tout s’enchaine. »

Actuellement, un vaccin chinois est en phase d’essai clinique chez l’homme, tandis que plusieurs en Europe évoluent bien. Mais impossible de savoir quand l’un d’entre eux sera terminé. Cela pourrait encore durer des mois et des mois.

« Le plus avancé pour l’instant, c’est celui de l’Université d’Oxford, qui reprend le « squelette » d’un vaccin qu’elle avait déjà développé pour un autre type de coronavirus. Elle espère avoir des résultats définitifs en septembre, passer devant les autorités de contrôle rapidement et lancer la production à plusieurs endroits en Europe et dans le monde au mois d’octobre. Nous aurions alors des vaccins avant la fin de l’année. Conceptuellement, c’est possible, mais évidemment, un couac pourra arriver à n’importe quelle étape. On parle là d’un scénario idéal. »

Une fois tout le monde vacciné, nous pourrions doucement nous remettre à reprendre le quotidien que nous connaissions. Mais nous devrons probablement encore vivre avec prudence et gestes barrières encore jusqu’à la fin de l’année au grand minimum.

Ce n’est pour autant que nous serons encore enfermés d’ici-là. Selon l’épidémiologue de l’ULB, Simon Dellicour, « l’objectif à moyen terme, d’ici à ce qu’on trouve un vaccin, c’est de reprendre une vie aussi normale que possible malgré la circulation du virus. L’idéal serait que dès que quelqu’un présente des symptômes, les personnes soient testées puis confinées, idem pour ses proches. De la sorte,  le reste de la population pourra continuer à avoir une vie très normale, mais toujours avec des mesures de sécurité, qui pourront être réévaluées au fur et à mesure. »

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