Reprise du 4 mai : dès demain, on met le masque (si on en a)

belga
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Le port du masque, recommandé ou imposé (dans les transports en commun) fait partie des outils de base pour éviter une deuxième vague de l’épidémie. Mais tout le monde n’en a pas encore un, alors même que la première phase du déconfinement débute ce lundi.

C’est la phase 1A, la première partie de la première partie du déconfinement. Dès ce lundi 4 mai, des pans entiers de l’économie redémarrent, et de nombreux travailleurs vont reprendre le chemin du turbin, si le télétravail n’est pas/plus possible. Pour éviter ou limiter une deuxième vague épidémique, les autorités sanitaires tablent sur trois piliers: le testing massif, le traçage des contacts et le port du masque. Un masque qui devrait de plus en plus faire partie de notre quotidien. Quand devrons-nous le porter ? Si vous n’en avez pas encore un, où et comment s’en procurer ? On fait le point.

Quand porter le masque ?

À partir de ce lundi, le masque est obligatoire, dès l’âge de 12 ans, dans les transports en commun. Dans les véhicules (métros, trams, bus, trains, Eurostar), ou en dehors, sur le quai ou aux arrêts, il faut donc porter un masque ou une protection de tissu (bandana, écharpe, etc.) couvrant à la fois le nez et la bouche.

Selon le centre de crise, le port du masque est « fortement » recommandé dans l’espace public. Dès que vous sortez dans la rue, les autorités sanitaires conseillent donc de le porter. Certains bourgmestres ont décidé de se montrer plus stricts que le gouvernement fédéral. À Etterbeek (Bruxelles), Vincent De Wolf (MR) a signé samedi 2 mai une ordonnance de police qui rend obligatoire le port du masque (ou d’une alternative) dans certains lieux publics où la distanciation physique est difficilement respectable, comme les principales artères commerçantes ou les abords des écoles. Si cette décision est d’ores et déjà applicable, son non-respect ne sera sanctionné qu’au moment de la ré-ouverture des commerces, en principe le 11 mai.

 Dans la région de Mons, les bourgmestres de la zone de police des Hauts-Pays (Hensies, Quiévrain, Honnelles et Dour) réfléchiraient à rendre le masque obligatoire dans tous les lieux couverts où il y a du public, selon la RTBF.

Comment s’en procurer ?

C’est la question. Vu la pénurie et les cafouillages (le mot est faible et on insiste sur le pluriel) des autorités pour remédier au manque d’approvisionnement, les masques chirurgicaux et les masques FFP2 et FFP3 sont réservés depuis le début de la crise au personnel soignant ou aux services de sécurité. Lors du Conseil National de Sécurité du 25 avril, le gouvernement fédéral et les entités fédérées annonçaient travailler « ensemble » afin de de procurer « gratuitement » au moins un masque à chaque citoyen pour le déconfinement. Très vite, il est apparu que cela ne serait pas pour le 4 mai, comme l’a reconnu le ministre en charge de la question, Koen Geens (CD&V). Les autorités sanitaires ont donc d’ores et déjà failli à donner à chaque Belge les moyens de respecter au mieux l’obligation du port du masque dans les transports en commun.

Certaines communes se sont montrées plus prévoyantes et n’ont pas attendu le Fédéral pour prendre les choses en mains et lancer des commandes de masques. Ici et là, la distribution aux citoyens a déjà commencé et devrait durer tout le mois. Les modalités de livraisons devraient varier entre les communes : porte-à-porte, envoi par la poste ou enlèvement à la maison communale, etc.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral a commandé 22 millions de filtres de protection à intégrer aux masques, pour « celles et ceux qui le souhaitent ». Koen Geens a annoncé que chaque Belge devrait en recevoir deux, entre le 4 et le 20 mai.

Ventes dans le commerce

Vu la pénurie, seules les officines agrées avaient depuis le 23 mars dernier l’autorisation de vendre des masques de protection. La Première ministre Sophie Wilmès (MR) a annoncé ce samedi 2 mai que la vente de masques serait dorénavant permise en grande surface. Cette vente sera cependant encadrée et limitée pour chaque client : « des mesures seront prises par le secteur de la grande distribution afin de s'assurer que cette vente se fasse de manière raisonnée et régulée de façon à éviter des achats de masse au détriment de l'intérêt général », assure Sophie Wilmès. La fédération du commerce Comeos annonce que la vente des masques aux clients se négociera « à prix coûtant, moyennant un petit supplément » reversé à des associations. Reste à voir dans quels délais ces ventes auront lieu ; les stocks en magasins seront-ils disponibles avant la distribution, gratuite, promise par les autorités ?

En attendant, il est également possible de se procurer des masques dans les pharmacies qui ne sont pas en rupture de stock. Le site pharmastock  vous permet de connaître les pharmacies approvisionnées dans votre région.

Et sinon…

Il reste toujours l’option de la fabrication maison. Si vous n’êtes pas décidé à attendre les livraisons promises, les autorités sanitaires vous proposent de confectionner vous-même un masque, et renvoient vers un tutoriel en ligne.  Et si la couture n’est pas votre point fort, le dernier CNS préconisait le port du bandana ou de l’écharpe en dernier recours pour respecter les recommandations et obligations en vigueur dès ce 4 mai. 

« Il s’agit d’un message qui est dicté par la faiblesse des ressources disponibles, à savoir le manque de masques de qualité », commentait dans Le Soir Yves Coppieters, docteur en médecine et professeur de santé publique à l’ULB. « C’est tout de même assez dangereux si cela laisse penser aux gens qu’ils seront en sécurité avec ce genre de filtre, qui n’en est en réalité pas un. Il peut permettre d’éviter de contaminer autrui par la projection de gouttelettes mais pas de se protéger dès lors qu’il risque de bailler, ou dès lors qu’on risque de le toucher constamment pour le remettre en place, ce qui est très précisément ce qu’il ne faut pas faire. »

Les autorités sanitaires rappellent d’ailleurs elles-mêmes qu’en aucun cas, le masque n’est une protection miracle. Il est impératif de continuer à respecter les mesures d’hygiène, les gestes barrière et la distanciation physique, quand c’est possible.

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