Retour à la crèche: Le secteur tente de rassurer

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À partir de ce lundi, les crèches rouvrent leurs portes à tous les enfants. Dans ces lieux où la distanciation sociale est impossible, les questions et craintes sont nombreuses. 

Le retour des enfants dans les crèches est prévu pour ce 4 mai. Techniquement, ces structures d'accueil n'ont jamais été contraintes de fermer leurs portes par le Conseil national de Sécurité. Mais, confinement oblige, le taux de présence a chuté à quelque 2% à peine depuis la mi-mars. À partir de ce lundi, première phase du déconfinement, ces lieux devraient logiquement être davantage sollicités. Mais ce retour en crèche soulève un tas de questions et inquiète, tant les parents que les professionnels du secteur qui n'ont eu que quelques jours pour s'organiser.

« Pourquoi les crèches doivent-elles reprendre leur pleine activité alors que les écoles maternelles restent fermées car la distance physique ne peut pas être respectée ? s'interroge une directrice de crèche à Ixelles, dans une carte blanche publiée dans Le Soir. En crèche, la proximité avec les enfants est indispensable, pas négociable mais aussi avec les parents, puisque l’on se passe les bébés de bras en bras. » Il est en effet impossible de respecter la distanciation sociale avec des enfants de quelques mois à trois ans, ni même de porter un masque. « Nous ne pouvons pas nous couvrir la bouche, une grande partie de la communication passe par le visage et les expressions, surtout avec les plus petits. Et puis les masques font peur aux enfants, qui ne comprennent pas pourquoi nous les portons », explique une directrice schaerbeekoise dans La Libre. Limiter les risques de transmissions du virus et les contagions sera donc difficile pour ce secteur essentiel.

La marche à suivre

Ce jeudi, l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) a publié deux documents: l'un répondant aux questions des parentsl'autre adressant des consignes claires aux professionnels des milieux d'accueil. Ces derniers doivent assurer un accueil de qualité aux enfants tout en respectant les mesures d’hygiène adéquates, limitant ainsi tout risque de contamination. Cela passera notamment par une nouvelle organisation spatiale des crèches, un nettoyage minutieux des locaux et du matériel ainsi que l'exclusion des enfants et des adultes malades. « Les enfants à risque de développer des formes sévères de Covid-19 ne doivent pas fréquenter le milieu d’accueil dans la première phase de déconfinement », précise le document. Le masque est évidemment déconseillé pour les enfants. Pour le personnel, il est toutefois recommandé lors du change et tout soin prodigué à l’enfant, en présence d’autres membres du personnel dans une même pièce et lors de l’accueil du parent à l’entrée de la structure. Ce dernier, idéalement toujours le même, ne peut faire partie des groupes à risque, ni présenter de symptômes du coronavirus et devra lui aussi porter un masque.

Autre inquiétude des établissements: les finances. La Fédération Wallonie-Bruxelles avait accordé une enveloppe de 3,6 millions pour venir en aide au secteur. Mais la reprise pourrait signifier un retour à la normale, et donc la fin des subsides. La participation financière des parents pourra à nouveau être réclamée à partir du 18 mai selon les conditions prévues par les contrats d’accueil. Que se passera-t-il alors entre le 4 et 18 mai? « Des décisions seront prises dans le courant de cette semaine », affirme l'ONE dans son document, « de façon à tenir compte de la période intermédiaire du 4 au 17 mai ».    

Le flou autour du rôle des enfants dans la propagation du virus

Ces différentes explications tentent de rassurer, mais certaines craintes persistent quant à la santé des enfants et du personnel. Se basant sur des études néerlandaises, Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le Covid-19, a déclaré que les enfants joueraient un rôle « modéré, si pas faible, dans la transmission aux personnes plus âgées, dont leurs parents ». Chez nos autres voisins, en Allemagne, une récente étude indique pourtant que les enfants seraient tout aussi porteurs du coronavirus que les adultes. À cela s'est ajoutée ces derniers le mystère autour de la maladie de Kawasaki diagnostiquée sur de jeunes enfants en Belgique. Il s'agit, d'après l’infectiologue, d'« une complication extrêmement rare » dont le lien n'a pas encore été établi avec le coronavirus.

L'ONE rappelle toutefois que les jeunes enfants sont beaucoup moins touchés par le virus que les adultes. « Même si les enfants peuvent eux aussi être infectés par le virus tout comme les adultes, la plupart du temps ils ne tombent pas malades et présentent peu de symptômes. » Un argument en faveur de leur contagion moins importante: les enfants développent moins de symptômes, ils toussent donc moins, et expirent moins d’air. Ils sont en revanche plus actifs socialement et physiquement. Le niveau de transmission des enfants n’est donc toujours pas clairement défini. Pour protéger les personnes vulnérables, la prudence reste de mise. « Le principe de précaution s’applique toujours, notamment en collectivité », insiste l'organisation, face à ce virus « dont nous n’avons pas fini d’apprendre ».

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