Traçage des personnes de contact: mode d'emploi

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Il se dit que pour que le déconfinement soit réussi, il est nécessaire de suivre à la trace les patients infectés par le Covid-19 et les personnes avec qui ils ont eu des contacts. Mais concrètement, comment cela va-t-il se mettre en place ?

La première phase de déconfinement commence ce 4 mai. Et le processus de « contact tracing », comme on dit, fera de même. Mis en place par les Régions, mais coordonné au niveau national par Emmanuel André, ancien porte-parole interfédéral Covid-19 sur le coronavirus et membre du GEES, le groupe d’experts chargé du déconfinement. Ce jeudi, il expliquait sur RTL comment l'entreprise allait être mise en oeuvre et quel était le but de la manoeuvre.

Deux étapes

Il y aura deux étapes, a-t-il expliqué, la première consistera à rétablir l'accès au diagnostic, la deuxième, à l'accompagnement des personnes qui ont été en contact avec une personne infectée par le Covid-19.

En clair, la première étape sera un retour à la normale : c'est-à-dire que toute personne présentant des symptômes pourra se faire tester. En théorie... Rappelons qu'en début de crise, le nombre de tests de dépistage du Covid-19 faisant défaut, ceux-ci étaient limités aux patients les plus malades. A partir du 4 mai, si vous ressentez des symptômes qui font penser au coronavirus, votre médecin vous enverra vers un centre près de chez vous pour vous faire tester.

"On est arrivé à un moment où on peut de nouveau offrir à la population un test, dans la communauté et pas uniquement les personnes qui devraient être hospitalisées. Donc la première étape c'est, quand un médecin suspecte une infection, pouvoir référer ses patients vers un centre de tri. Ce sont des structures temporaires qui avaient été mises en place dès le début de l'épidémie et qu'on va maintenant réactiver pour que les patients puissent aller se faire tester", a indiqué Emmanuel André sur RTL.

Après quoi, lorsqu'une personne a été diagnostiquée avec le Covid-19, on va tenter de retrouver toutes les personnes avec qui elle a été en contact ces derniers jours ou semaines et les suivre, en s'assurant qu'elles-mêmes se fassent tester, qu'elles restent confinées, etc.

Comment va-t-on « tracer » les gens ?

Concrètement, comment cette étape sera-t-elle mise en oeuvre ? Via call-centers... « C’est un call-center qui fonctionne déjà depuis plusieurs dizaines d’années pour les maladies, de type tuberculose ou rougeole » expliquait la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale sur RTL.

Reprenons. Arnaud (prénom au hasard) ressent des symptômes inquiétants, il appelle son médecin qui, soit fait le test de dépistage dans son cabinet, soit l'envoie vers un centre de tri près de chez lui (des centres généralement installés près des hôpitaux). Arnaud est diagnostiqué avec le Covid-19. Les médecins lui demandent alors avec qui il a été en contact ces derniers jours/semaines. Alors qu'il est hospitalisé (ou simplement mis en quarantaine...), quelqu'un du call-center appelle tous les contacts qu'il a renseigné pour les informer de la situation et leur demander de rester chez eux, faire le test, etc.

Qui va s'occuper de l'accompagnement des contacts ?

C'est la question qui se pose en ce moment, à quatre jours du début du processus. Quelque 2.000 personnes doivent être recrutées dans le pays pour assurer ce centre d'appel (340 pour Bruxelles et 500 pour la Wallonie), mais on ne sait pas encore exactement qui. Il est question de fonctionnaires de l'AVIQ (Agence Wallonne pour une vie de qualité) et de fonctionnaires volontaires, ou d'un appel d'offre vers le privé à Bruxelles. D'autres parlent d'appeler les mutuelles au secours.

En réalité, si la théorie est claire, la mise en pratique l'est beaucoup moins. Les experts du GEES ont tiré la sonnette d'alarme pour faire avancer le dossier « pour que les mesures de protection, de testing et de tracing soient opérationnelles le plus rapidement possible », dit un communiqué de la Première ministre. En étroite discussion avec les ministres-présidents des Régions, celle-ci devrait rapidement avancer une réponse concrète.

Qu'en est-il du traçage technologique ?

L'idée d'une application smartphone à la chinoise ou à la mode de Singapour semble pour l'instant être rangée de côté. Selon la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale, « certains y pensent, principalement au Fédéral. Mais en ce qui concerne les régions, nous avançons avec les call center et des contacts classiques par téléphone ou sur le terrain. Dans des tas de pays on a fait marche arrière sur cette application, principalement en Europe. Elle pose beaucoup de questions, elle ne serait efficace que si elle était utilisée massivement ».

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