Nature détox

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On pensait que la cure de détoxification était une invention de l’air du temps... Faux! Elle existe depuis que les plantes existent. On l’envisage depuis qu’on sait en extraire le meilleur... De l’aubépine à la capucine, qu’est-ce qui est bon pour quoi? Suivez les conseils de Candice Kother.

Une étude menée par Générations futures en 2010 a montré qu’un enfant de 10 ans ingérait en moyenne 81 substances chimiques dans une seule journée au cours de ses repas. La qualité de l’air que cet enfant respire, les émanations chimiques à l’intérieur de sa maison, les produits de soin et de toilette n’ont pas été mesurés et doivent être ajoutés… Il s’agit d’une exposition quotidienne, répétée pendant de longues années, à des doses infimes, certes, mais constantes. Ces toxines s’accumulent silencieusement dans nos organismes jusqu’à ce qu’une quelconque manifestation apparaisse. Si le foie et les organes de détoxification fonctionnent de façon optimale, ces toxines sont éliminées par les mécanismes naturels, n’induisant aucune perturbation physiologique à terme. En revanche, lorsque l’organisme se laisse submerger par les toxines, des symptômes persistants apparaissent en fonction du terrain et des sensibilités individuelles: maux de tête, digestion difficile, somnolence après les repas, irritabilité, troubles du sommeil, toux chronique... Il est alors temps d’agir et de prendre en charge sa santé en se détoxifiant. Autrefois, nous mangions des fruits et des légumes de saison qui répondaient aux besoins nutritionnels de l’organisme en fonction des rythmes saisonniers, comme en médecine chinoise. Ainsi, les betteraves et les châtaignes, extrêmement riches en minéraux, étaient l’apanage de l’hiver, les fruits rouges, riches en vitamine PP, tonifiaient la circulation veineuse fatiguée par la chaleur de l’été, les salades amères détoxifiaient le foie au printemps après les surcharges hivernales, etc.

Local et saisonnier

Aujourd’hui, entre tomates cultivées hors sol et fraises en décembre ayant subi de multiples traitements pour résister au stockage, nous nous intoxiquons chaque jour un peu plus. Manger local et de saison répond à nos besoins saisonniers en vitamines et minéraux et permet de réduire l’impact environnemental de notre alimentation décalée. Malgré sa grande diversification au fil des décennies, l’alimentation actuelle ne répond pas aux besoins nutritionnels. Les plantes récoltées avant maturité – plus faciles et économiques à conserver - n’ont pas eu le temps de synthétiser les nutriments essentiels indispensables à la vie. Une pomme de 1950 équivaut à la valeur de 5 pommes actuelles. Et l’on doit “enrichir” les aliments en calcium, magnésium, potassium, vitamines, acides aminés, etc., éléments peu assimilables par l’organisme humain car le plus souvent d’origine chimique et qui vont, encore une fois, surcharger le foie. En plus de la piètre qualité des matières premières, plusieurs facteurs liés aux changements d’habitude alimentaire entrent en jeu, dont une consommation excessive de sel et de sucre, avec les sodas, biscuits, viennoiseries, les plats cuisinés tout préparés, etc. À cela s’ajoute une surconsommation de graisses saturées (il y a eu une augmentation de 500 % de consommation de viande en un siècle en Europe) entraînant un apport excessif de graisses néfastes pour le système cardiovasculaire et un apport massif d’oméga-6 avec les monocultures de soja et de maïs qui ont supplanté d’autres végétaux oléagineux riches en oméga-3 comme le lin et le colza. Cette inversion du rapport oméga-3 et oméga-6 dans notre alimentation quotidienne favorise l’apparition des pathologies inflammatoires. Les multiples allergies, intolérances alimentaires et pathologies auto-immunes en croissance sont dues à la fragilisation du système immunitaire, elle-même générée par la saturation du foie causée par les multiples additifs et les résidus chimiques combinés dans nos assiettes. Notre alliée? La plante Les grandes traditions médicinales et les médecines populaires ont recours au drainage et à la détoxification: cures de saison, diètes appropriées en fonction des âges et des étapes de la vie, etc. Ce concept de nettoyage intérieur existe depuis la nuit des temps. Le foie est l’organe numéro 1 de transformation de tous les toxiques, mais plusieurs autres portes de sortie favorisent l’élimination tels que les reins, les poumons et la peau. Toutes les pharmacopées disposent de plantes à vocation dépurative. Ces plantes ont en commun pour la plupart d’entre elles d’être amères. Elles détiennent les propriétés pharmacologiques de drainer les déchets du métabolisme et de rééquilibrer les systèmes physiologiques. Les plantes locales soignent les pathologies locales car elles partagent le même écosystème que l’homme, sont adaptées au climat, au sol et aux saisons. À l’instar de l’alimentation, privilégier les plantes cultivées localement, de préférence d’origine biologique, est bénéfique. Pour optimiser votre détoxification, choisissez de préférence certaines formes galéniques respectueuses de la globalité de la plante. Les tisanes sont idéalement adaptées car elles constituent le mode le plus naturel d’extraction, l’eau solubilisant les principes actifs hydrosolubles mais également un peu des huiles essentielles présentes dans les plantes. L’apport de liquide favorise le drainage et l’élimination. Il existe également d’autres formes galéniques adaptées comme les extraits de plantes fraîches, les teintures mères homéopathiques et les macérats glycérinés à base de bourgeons et jeunes pousses. Certains modes d’extraction conviennent mieux pour optimiser l’activité thérapeutique des plantes. Par exemple, l’extraction par l’eau (tisane) du romarin sera efficace mais sa forme idéale sera le macérat glycériné qui optimisera son activité détoxifiante hépatique et antioxydante. Toujours dans l’optique d’une efficacité optimale d’une cure drainante, les posologies adaptées sont en moyenne: 3 tasses grand format de tisane par jour; 3 granules 3 fois par jour pour les basses dilutions homéopathiques; 20 gouttes 3 fois par jour pour les teintures mères; 10 gouttes matin et soir pour les macérats mères (macérats glycérinés concentrés); 1 ampoule le matin pour les extraits de plantes fraîches comme le radis noir ou l’aubier de tilleul.

Les végétaux les plus intéressants

Pour contrer un système digestif problématique, de l’acidité ou des aigreurs d’estomac, la plante qui génère le plus de bienfaits est l’acacia. Peu connue comme plante médicinale, ses propriétés lui confèrent une action apaisante digestive en favorisant l’élimination de la bile. Pour une efficacité optimale, préférez la tisane avec 3 cycles de 9 jours et un arrêt de 3 jours entre chaque cycle. Pour bénéficier durablement de la cure, évitez les aliments qui acidifient l’organisme et réduisez drastiquement votre consommation de café et de thé. Dans le cas de troubles digestifs liés à des états de stress, optez pour l’angélique. Connue pour ses propriétés à la fois toniques et apaisantes des systèmes neurovégétatif et digestif, l’angélique régule les troubles digestifs d’origine nerveuse qui occasionnent des crampes, des spasmes, des douleurs, des nausées, des maux de tête et même des troubles du comportement de type anorexie ou boulimie. Les meilleures formes d’utilisation sont la tisane et la teinture (graines de la plante en tisane et racine en teinture), en cure de 21 jours 4 fois par an. En cas de surcharge métabolique, de lenteur à la digestion, si vous avez un profil “bon vivant”, pensez à l’artichaut. Pour une cure de désintoxification, la feuille de l’artichaut est recommandée en teinture ou en extrait de plante fraîche, l’amertume de l’artichaut étant difficile à supporter en tisane. Pour aider le foie et les reins, en cas d’hépatite chronique, de rhumatisme, de goutte, de calculs, de cholestérol ou en accompagnement d’une chimiothérapie, optez pour l’épine-vinette. Sa tisane étant très amère, préférez les basses dilutions homéopathiques, en cures de 21 jours plusieurs fois par an en cas d’expositions répétées à des substances chimiques. En homéopathie, l’épine-vinette, ou Berberis vulgaris, est le traitement majeur de l’intoxification par les déchets non éliminés du métabolisme. Si vous présentez des troubles neurotoniques, du surmenage, des palpitations cardiaques et/ou des troubles légers du sommeil, l’aubépine est votre plante. Consommez-la en tisane, teinture et basses dilutions homéopathiques. L’usage doit être prolongé pour obtenir un effet, il n’y a pas de risque d’accoutumance ou d’effets indésirables. L’aubépine s’associe harmonieusement avec la passiflore ou la valériane pour réguler les états de stress chronique. Pour les toux incessantes et les troubles respiratoires, la bourrache est la panacée. La sommité fleurie est utilisée en tisane en cure ponctuelle de 9 jours sans dépasser 2 cures par an à cause de la présence d’alcaloïdes. La plante est anti-inflammatoire et recommandée en cas de bronchite chronique ou d’asthme. Pour drainer le système circulatoire, la capucine est merveilleuse. Antibiotique naturel, antibactérienne, cette plante s’utilise en tisane, teinture ou basses dilutions en cure de 3 semaines. Elle reconstitue les globules rouges, est dépurative du sang et de la rate. En cas de problème de circulation artérielle, l’écorce sèche de bourdaine, en tisane ou basses dilutions, s’utilise en cure de 9 jours à petites doses (1/2 pincée pour 1 litre de tisane). Pour un organisme très encrassé, la tisane est recommandée en l’associant à des plantes adoucissantes comme la vigne rouge, le lamier blanc ou l’aubier du tilleul. La nature regorge de bienfaits dont nous pouvons profiter facilement, en réfléchissant à son hygiène de vie dans sa globalité et en privilégiant une alimentation adaptée à ses besoins nutritionnels

Pour aller plus loin
Se détoxiquer au naturel par les plantes, 34 plantes détox pour vivre en bonne santé dans un monde pollué, Dr ClaireLaurant-Berthoud, Jouvence, 141 p.

 

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