Faut-il craindre la trop lente diminution des hospitalisations?

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Ces derniers jours, plusieurs médias se sont inquiétés de voir la courbe des nouvelles hospitalisations se tasser. Cet état de fait n’inquiète toutefois pas spécialement Yves Van Laethem, nouveau porte-parole interfédéral du Centre de crise, qui pointe les failles de ce décompte.

Pour assurer la bonne tenue du déconfinement, c’est l’un des principaux enjeux. Le nombre de nouvelles hospitalisations pour le Covid-19 a même été érigé par le Centre de crise comme un des paramètres essentiels pour pouvoir déconfiner le 11 mai. Si à cette date, il ne se situe pas aux alentours de 100 par jour, cela compliquera la poursuite du plan gouvernemental.

Or depuis une dizaine de jours, la décrue se fait timide avec une stagnation aux alentours de 170 cas, les statistiques oscillant entre plus de 200 et 120. C’est certes beaucoup moins que le pic de fin mars (aux alentours de 600 par jour) mais la formation d’un plateau pose question. Selon Yves Van Laethem, nouveau porte-parole interfédéral du Centre de crise, il n’y aurait cependant pas lieu de trop s’inquiéter à ce sujet, du moins à ce jour.

Un nombre trompeur

S’il prend autant de recul par rapport à ce plateau, c’est qu’il a ses raisons. Il constate notamment une faiblesse dans le recensement des nouvelles hospitalisations qui pourrait changer la donne si elle était prise en compte. « Pour l’instant, ce nombre est quelque peu brouillé par des cas particuliers. Il arrive en effet que des personnes arrivent à l’hôpital pour d’autres raisons que le Covid-19 et finissent par attraper la maladie durant leur passage en milieu hospitalier. Ces personnes sont donc pour l’instant reprises dans le nombre total d’hospitalisations liées au Covid-19 alors qu’ils n’ont pas de symptômes graves », fait-il remarquer.

Autrement dit, parmi les 174 nouvelles hospitalisations relevées ce mercredi, il existe toute une série de personnes qui n’auraient pas lieu d’être comptabilisées. Yves Van Laethem demande par conséquent à ce qu’une différenciation soit opérée entre ces cas, afin d’avoir une idée plus précise de la réalité du terrain. Reste à voir combien de personnes seraient décomptées si ce réajustement a lieu. Mais quoi qu’il en soit, cela devrait faire rapprocher le nombre d’hospitalisations de la barre fatidique des 100, nécessaire pour opérer raisonnablement le déconfinement.

Rester sur ses gardes

Pour juger de ce qu’il en sera vraiment de cette question, il faudra donc encore attendre un peu. « Ce que l’on espère, c’est que le plateau que l’on constate maintenant ne va pas rester trop longtemps. Il faudra notamment voir ce qu’il en sera dans une semaine. Évidemment, nous aimerions que la baisse se fasse plus rapidement mais au vu des éléments que l’on a, on a toujours une évolution positive qui indique que les mesures de confinement portent leurs fruits », pointe Yves Van Laethem.

Celui-ci met aussi en garde ceux qui seraient tentés de ne pas respecter les règles gouvernementales. S’il craint que l’on doive déjà payer les pots cassés de ceux qui se montreraient déjà négligents aujourd’hui, il s’interroge surtout sur ce qu’il en sera une fois le déconfinement appliqué. « Atteindre ce but du 11 mai ne sera pas une fin en soi. Il faudra voir si après ce moment-là, le nombre de patients réaugmente », prévient-il.

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