Covid-19: les fondations philanthropiques se mobilisent tant bien que mal

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La Fédération Belge des Fondations Philanthropiques (FBFP) note une grande activité parmi ses membres depuis le début de la crise du coronavirus. Elle remarque toutefois que la situation actuelle implique plusieurs difficultés qui ne sont pas sans conséquences sur les fonds d’aide.

Ce sont des acteurs importants pour contrer l’épidémie de Covid-19, et pourtant leurs actions sont souvent méconnues. Les fondations philanthropiques sont fortement mobilisées pour atténuer les effets de la crise sur plusieurs plans et avec des actions diverses. Cela s’est vu de façon claire et nette aux États-Unis, par exemple avec Bill Gates, qui a décidé de reverser la totalité des ressources de sa « Fondation Bill & Melinda Gates », soit 40 milliards de dollars, pour lutter contre le virus.

Si la Belgique est moins concernée par de tels dons provenant de grands mécènes, les fondations ne sont pas pour autant moins actives. Malgré tout, plusieurs éléments les empêchent d’agir comme qu’elles le voudraient. La fédération qui les rassemble et les représente, la FBFP, a ainsi appelé à l’aide le public et les autorités pour qu’ils soient sensibilisés sur cette situation.

Des aides amputées et ciblées

Le principal problème qui frappe ces œuvres caritatives est étroitement lié au lockdown imposé par les autorités. Certaines organisations continuent leurs activités plus ou moins normalement mais ce n’est pas le cas de toutes. « Pour certains organismes, il est sûr que le confinement complique leurs actions. C’est notamment le cas de ceux qui dépendent des récoltes de fonds en rue et qui sont à l’arrêt. Ce sont donc principalement les dons numériques et en nature qui permettent de continuer à agir. Mais à court terme, on compte un manque important qui a forcément des conséquences », s’inquiète Soraya Belghazi, secrétaire générale de la FBFP. La situation est donc assez critique pour quelques fondations et c’est en cela que la FBFP insiste pour bénéficier d’un cadre fiscal incitatif qui prendrait en compte ce déséquilibre temporaire entre les coûts et les revenus de ces organismes.

Autre sujet d’inquiétude : si l’on peut se réjouir d’un nombre important de dons, ceux-ci vont en priorité au secteur qui est le plus visible durant cette crise, autrement dit celui sanitaire avec notamment les hôpitaux. « Il est clair que pour l’instant, le plus important est de soutenir les personnes de première ligne comme celles actives dans les soins de santé et la recherche médicale. Mais il ne faudrait pas que les donateurs délaissent d’autres domaines auxquels on pense moins à long terme, par exemple dans ceux social et culturel », alerte Soraya Belghazi.

Une forte dynamique des dons

Malgré tout, tout n’est pas noir pour autant. La période est particulièrement propice à l’activité des fondations et la FBFP encourage aussi à ce que tout le monde puisse en bénéficier : « Outre l'aide particulièrement importante pour le domaine de la santé, d’autres sont investis dans toute une série de secteurs en fonction de leurs expertises et objectifs : les personnes âgées, handicapées, les migrants, les enfants… Plusieurs groupes sont particulièrement vulnérables et au vu de l'urgence, on a incité les fondations à une plus grande réactivité et flexibilité afin de libérer des fonds ».

Cette diversité est aussi constatée dans la nature des dons. Ils peuvent être monétaires, matériels mais aussi en nature. Ces derniers sont même particulièrement nombreux ces temps-ci avec des personnes qui donnent de leurs temps et expertises. Enfin, il y a également une diversité d’acteurs. « D’un côté, il y a des fondations soutenues par le domaine public et de l’autre, on a des fondations privées et celles basées sur les dons privés. Grâce à ces nombreuses interventions, on a par exemple des millions d'euros investis dans la recherche sur le Covid-19, des équipes qualifiées mises à la disposition des ministères de la Santé, de la récupération d'ordinateurs pour les enfants confinés qui n'en ont pas, etc. On espère qu’en mobilisant tous ces organismes, cela peut vraiment avoir un impact qui soulagerait l’action des pouvoirs publics dans la lutte contre l'épidémie », conclut Soraya Belghazi.

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