Pour les personnes à risque, le déconfinement reste très flou

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Plus de 65 ans, malades cardiaques et pulmonaires chroniques, diabétiques… La stratégie dévoilée lors du dernier Conseil National de Sécurité a laissé beaucoup de zones d’ombre. Quand et comment les personnes dites à risque pourront-elles se déconfiner ?

Sur certains points, le Conseil National de Sécurité (CNS) de ce vendredi 17 avril aura été des plus précis. On a par exemple appris que la pratique du tennis, de l’athlétisme ou… du kayak sera autorisée à partir du 4 mai. Pour d’autres thématiques, au moins aussi importantes, on a par contre dû rester sur notre faim. Pas un mot sur le déconfinement des personnes âgées ou des malades chroniques. Des précisions auraient pourtant été bienvenues, puisque les plus de 65 ans, les diabétiques, malades cardiaques, pulmonaires ou des reins sont considérés par les autorités sanitaires comme à risque face au virus. En Belgique, 95% des décès dus au Covid-19 concernaient en effet les plus de 60 ans et 8 patients décédés sur 10 souffraient d’une autre pathologie.

Pour certains experts, il semble donc logique d’attacher une importance toute particulière à la manière dont ce groupe « à risque » va reprendre progressivement le cours de sa vie. Dès début avril, Yves Coppieters déclarait dans la Libre : « Les personnes à risques (…) seront sans doute celles qui resteront le plus longtemps confinées, parce que, tant que le virus continuera à circuler dans la population, ces personnes seront plus vulnérables ». L’épidémiologiste de l’ULB ajoutait : « les stratégies de déconfinement seront fonction du profil de chacun par rapport au virus ». Dans un rapport préliminaire au dernier CNS, les experts du GEES (le groupe chargé de la stratégie de déconfinement) insistaient également sur le fait que les personnes à risque restent isolées, au moins lors du début du déconfinement.

Analyse en cours

Une étude de l’Institut scientifique de santé publique (Sciensano) indiquait que 15,2% des Belges souffraient en 2018 d’au moins une des six maladies suivantes : diabète, maladie respiratoire chronique, maladie cardiaque, cancer, problèmes articulaires et hypertension. Avec les + de 65 ans, cela fait donc potentiellement pas mal de monde concerné pour ce déconfinement, même si toutes ces personnes ne sont peut-être pas susceptibles de développer une forme grave de Covid-19. Autant de personnes pour qui il reste encore beaucoup d’interrogations. Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, a  expliqué ce mardi en conférence de presse qu’il faudrait « continuer à se protéger et à protéger les personnes à risque » lors du déconfinement.

Pour l’heure, les autorités sanitaires disent mener une analyse poussée des comorbidités pour apporter par la suite des recommandations adaptées à chaque pathologie. Si les malades chroniques doivent être particulièrement prudents, « cela ne signifie pour autant pas que tous les diabétiques, par exemple, devront obligatoirement restés confinés » explique-t-on.

Recommander ou obliger ?

Alors que de nombreux secteurs devraient reprendre leur activité les 4, 11 et 18 mai, dans quelles conditions les plus de 60 ans et les malades chroniques doivent-ils envisager un retour au travail, lorsque le télétravail ne sera plus de mise ? Des aménagements seront-ils prévus par l’employeur ? Une attestation du médecin traitant sera-t-elle nécessaire pour continuer le télétravail ou pour continuer à bénéficier du chômage temporaire ? Se dirige-t-on comme en France, vers des recommandations à rester confinés, sans pour autant l’obliger ? Chez nos voisins, Emmanuel Macron avait d’abord annoncé l’obligation pour les personnes à risque de rester confinées après le 11 mai, date du retour progressif « à la normale » dans le pays. Face aux nombreuses critiques négatives, le président a par la suite fait machine arrière, semblant ne pas vouloir assumer la discrimination entre ceux autorisés à se déconfiner et les autres. 

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