Un foulard peut-il vous protéger contre le coronavirus?

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Faute de masque, certains utilisent une simple écharpe, désormais reconnue comme une alternative par le Conseil national de Sécurité. Mais ce système D est-il efficace? Tout réside encore une fois dans sa manipulation.

La position du Conseil national de sécurité est désormais claire: le port d'un masque - ou d'une alternative - est fortement recommandé dans l'espace public, surtout si la distanciation sociale ne peut pas être garantie. Plus important encore: il sera obligatoire dans les transports en commun à partir du 4 mai pour tous les voyageurs âgés de 12 ans ou plus. Il faudra porter cette protection dès l’entrée dans une gare, dans une station de métro ou à l’arrêt de bus. Le masque devra également être porté dans le cadre du travail si cela est nécessaire, même si, soulignons-le, cette protection ne suffit pas.

Autre nouveauté dans ce discours à propos du port du masque, Sophie Wilmès l'a répété plusieurs fois vendredi soir, quitte à en surprendre plus d'un: un foulard, une écharpe ou encore un bandana est une alternative « totalement acceptable », tant que l'objet couvre bien la bouche et le nez. À manier avec précaution. « C'est toujours mieux que rien. C'est une barrière physique, anti-postillons, mais pas anti-microgouttelettes, précise l'épidémiologiste Yves Coppieters. Fatalement, plus la qualité du masque ou de la protection du nez et de la bouche diminue, plus les risques augmentent ».

Une efficacité qui varie

Denrée rare dans la lutte contre le Covid-19, les masques chirurgicaux et les masques FFP2 sont les plus efficaces - les seconds présentant une capacité de filtration minimale de 94%. Ils sont donc, en toute logique, réservés à ceux qui en ont vraiment besoin, comme le personnel médical ou des maisons de repos.

Face à cette pénurie de masques normés, ceux en tissu - et les alternatives - sont officiellement conseillés, même si leur efficacité est moindre, variant selon les matériaux utilisés. « Si on est malade et qu'on tousse dans un foulard, cela n'empêchera pas potentiellement de contaminer les autres, ou d'être contaminé », rappelle le professeur en santé publique à l'ULB qui recommande fortement le port d'un masque artisanal de qualité pour les personnes à risque.

Un tutoriel pour créer des masques sera mis à disposition, a annoncé le gouvernement qui s'est engagé à fournir « au moins une protection en tissu normée couvrant bouche et nez » et deux filtres par habitant. En attendant, la méthode de confection, approuvée par le SPF Santé publique, est détaillée sur ce site, avec les mesures d'hygiène à respecter et le matériel nécessaire.

Comment le porter?

Selon d'autres experts, les alternatives telles que le foulard ou le bandana peuvent être inefficaces, voire contre-productives si les mesures d'hygiène ne sont pas respectées. Yves Coppieters le confirme: « ce n'est pas tant la question de ce qui compose le masque qui importe, mais surtout de comment on le porte ». Pour qu'un masque soit correctement utilisé - et donc utile -, il convient de prendre plusieurs précautions:

  • Se laver les mains avant et après chaque utilisation
  • Manipuler le masque avec précaution, en n'utilisant que les élastiques, sans jamais toucher l'intérieur avec vos mains 
  • Le positionner correctement sur votre visage, en couvrant la moitié du visage, du nez jusqu'au menton
  • Une fois installé, ne plus y toucher
  • Ne pas le retirer lorsque vous discutez avec quelqu'un, même si c'est plus désagréable. Il ne faut pas non plus le laisser pendre autour du cou, traîner partout ou le jeter par terre. Si cela parait logique, c'est toujours bon de le rappeler
  • Le laver à haute température après chaque utilisation

Alors qu'ils jouent un rôle clé dans le déconfinement, les masques ne sont toutefois pas une protection suffisante contre le virus. Comme Sophie Wilmès insistait vendredi soir, ils « doivent être utilisés en respect des distances de sécurité et des règles d'hygiène ».

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