Déconfinement: Le casse-tête pour les parents

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Le plan de déconfinement, annoncé vendredi soir, laisse de nombreux parents sans réponse et sans solution. Ces derniers devront reprendre le travail, avant le retour à l'école de leurs enfants. 

Depuis un mois et demi, les nerfs des parents sont mis à rude épreuve. Entre le télétravail, l'école à la maison et les tâches ménagères, les rôles s'accumulent, parfois jusqu'à la saturation. Le Conseil National de Sécurité devait répondre ce vendredi soir à leurs nombreuses questions, il les a plutôt laissés sur leur faim. Pire encore, la stratégie de déconfinement telle qu'elle a été annoncée les a plongés dans une confusion et une inquiétude, encore plus grande.

Un rapide retour sur les mesures annoncées s'impose. La première phase se déclinera en deux parties. Le 4 mai, d'abord, avec notamment le retour au boulot pour les entreprises qui n'ont pas pu mettre en place le télétravail. Puis, le 11 mai, avec la réouverture de tous les commerces, à l'exception des métiers de contact, comme les coiffeurs, qui resteront fermés. La phase deux sera ensuite marquée, le 18 mai, par le retour très progressif à l'école. Chaque communauté aura la charge de mettre en oeuvre les décisions prises en concertation avec le secteur de l'enseignement, mais nous savons déjà que cette reprise ne concernera pas tous les enfants. En primaire et secondaire, les cours reprendront pour un maximum de trois années, par petits groupes de 10 maximum par classe. En maternelle, pas de retour prévu avant la fin mai.

Parents sans solution

« De plus en plus de parents au travail et les jeunes enfants toujours à la maison », résume la Ligue des familles dans un communiqué. Avec le déconfinement et la reprise de nombreux secteurs de notre économie, le nombre de parents sans solution de garde va devenir extrêmement important. « Comment peut-on laisser tant de parents sans solution ? » s'interroge l'association, jugeant ce plan de déconfinement intenable « sans mesures supplémentaires pour soutenir les parents ».

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© BELGA PHOTO JAMES ARTHUR GEKIERE

Ceux qui travaillent et dont les enfants ne retournent pas à l’école sont face à une impasse. Mettre leur progéniture en garderie les angoisse. Prendre un congé parental n'est financièrement pas une option pour nombre d'entre eux. D'où la nécessité d'un « congé spécifique, correctement rémunéré, accessible à tous les parents, salariés, indépendants et fonctionnaires, en télétravail ou non », plaide la Ligue des Familles.

Danger pour les enfants?

À ce casse-tête s'ajoute l'incompréhension, la colère ou encore l'inquiétude face à la reprise de l'école. Malgré les mesures d'hygiène spécifiques dont l'obligation du port du masque, de nombreux parents redoutent cette étape. Hors de question pour eux de prendre leurs enfants pour des « cobayes ». Le Pr Dimitri Van der Linden, pédiatre infectiologue aux cliniques universitaires de Saint-Luc, se veut pourtant rassurant: « retourner à l’école ne représente pas un danger pour les enfants dans la mesure où ils sont moins sévèrement atteints par la maladie ». Pour sa collègue Olga Chatzis, ce serait même « moins risqué que de remettre des adultes au travail ».

Quid des personnes à risque?

De nombreuses questions restent également en suspens après la conférence condensée de vendredi soir: qu'en est-il des personnes à risque, grandes absentes de la présentation du déconfinement? Les enfants asthmatiques sont-ils écartés? Même question pour le personnel enseignant à risque? Et si l'un de leurs proches est malade, que se passe-t-il? 

Un nouveau Conseil National de Sécurité pourrait apporter des clarifications, mais ce dernier est organisé vendredi prochain. Ce qui laisserait peu de temps aux parents concernés de s'organiser avant le retour au boulot.

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