Le point sur les différents types de tests de dépistage (et leur fiabilité)

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Entre "PCR", "sérologiques" et "antigéniques", il est difficile parfois de s'y retrouver dans les différents tests de dépistage du Covid-19. On fait le point.

Il faut avant tout distinguer deux types de tests: ceux qui détectent le virus et ceux qui détectent la présence d’anticorps. Mais disons-le d'emblée: aucun test disponible actuellement sur le marché n'est fiable à 100%. Pour éviter un nouveau pic lors du déconfinement, il sera d’ailleurs nécessaire de combiner ces deux types de tests.

Les tests PCR

Ils font partie de la première catégorie. Les tests PCR permettent de détecter la présence des brins ARN, soit le code génétique du virus, dans un prélèvement naso-pharyngé. En pratique, l'examen peut être inconfortable. On enfonce un écouvillon, une sorte de long coton-tige, dans le nez ou à l'arrière de la gorge du patient. Une fois effectué, ce prélèvement est analysé en laboratoire. Première étape, la plus délicate: inactiver le virus, tout en préservant certains de ses composants. Deuxième étape: en extraire le matériel génétique, l’ARN. Enfin: convertir l’ARN en ADN et amplifier le matériel génétique par RT-PCR (reverse transcriptase-polymerase chain reaction, en anglais) pour qu’il soit détectable. Si le virus est présent, le test est positif. Sinon, il est négatif.

Test de référence pour le diagnostic, effectué pour l'instant dans les hôpitaux et dans les maisons de repos, cette méthode permet de confirmer qu’une personne qui présente les symptômes du coronavirus est bien atteinte par la maladie. Et c'est bien là aussi son principal inconvénient: le test PCR détecte le Covid-19 uniquement si une personne est malade au moment du prélèvement. Sa fiabilité n'est donc pas totalement garantie. « Le virus est présent principalement au début des symptômes, il peut donc tout à fait y avoir des faux négatifs, remarque Sophie Quoilin, cheffe du service Epidémiologie chez Sciensano. Une fois que l'on se retrouve plus tard dans le décours de la maladie, la PCR peut être négative. Dans ce cas-là, il peut être nécessaire de pratiquer d'autres examens complémentaires. » Autres désavantages: il faut attendre plusieurs heures, voire jours, pour un résultat.

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© BELGA IMAGE / kenzo tribouillard

Les tests antigéniques

Les tests « antigènes rapides » détectent les protéines du virus chez un individu en quelques minutes. Si le prélèvement est le même que le test PCR, cette autre technique peut être réalisée sans passer par un laboratoire, directement sur le terrain, puisqu'elle ne comporte pas de phase d’amplification du signal. Une partie de l’échantillon récolté par l’écouvillon, enfoncé dans les cavités nasales, est mise en contact avec un réactif. La couleur de la languette du réactif indique ensuite si la personne est positive, « comme pour un test de grossesse disponible en pharmacie » compare Eric Muraille, maître de recherches au FNRS.

Inconvénient: ils ne détectent le virus que lorsqu’il est présent à dose élevée. Plus rapides et moins chers, les tests antigéniques sont donc moins fiables que les tests PCR. « En cas de résultat négatif, il est prudent de confirmer le test antigène rapide par un test RT-PCR », préconise l'immunologiste attaché à l'ULB. 

Les tests sérologiques 

Ces tests sanguins font partie de la deuxième catégorie. Leur utilité est différente et complémentaire puisque ils permettent d'identifier, par la présence d’anticorps, les individus ayant développé une réponse immunitaire contre le virus. Comment? Soit par une prise de sang et une analyse en laboratoire, soit par une piqûre au bout du doigt. Moins précise, cette dernière a l'avantage de pouvoir se réaliser directement sur le terrain. En quelques minutes, un résultat est visible à l’œil sur une languette. 

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© BELGA IMAGE / kenzo tribouillard

La production d'anticorps spécifiques contre le SARS-CoV-2 est détectable « à partir de 10 à 20 jours, en moyenne » après le début de l'infection, précise Eric Muraille. Prêts à l'emploi, mais pas encore utilisés en Belgique, ces tests sont présentés comme la clé du déconfinement puisqu'ils permettent de savoir si on a contracté le coronavirus, même s’il n’a pas développé de symptômes.

Sa fiabilité? Même si ces tests sanguins sont très précis, ils ne sont pas infaillibles. « Tout test a ses limites » rappelle Sophie Quoilin. Au début de l'infection, il se peut que l’on détecte une réponse immunitaire, mais que le virus soit encore présent dans votre corps. Il est également possible que certaines personnes aient développé des anticorps à d’autres types de coronavirus par le passé, mais ne seraient en réalité pas immunisées contre le Covid-19. Eric Muraille estime aussi utile que ces tests permettent, à terme, de distinguer les individus naturellement infectés de ceux qui ont reçu un vaccin.

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