Journée mondiale du livre – Editeurs, librairies et lecture en danger

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À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, focus sur deux opérations. Lire, c’est vivre - alertant sur la situation des libraires touchés de plein fouet par la crise sanitaire, et Tout le monde lit, soulignant le mauvais niveau de lecture des élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

On sait que les chiffres de l’édition sont en chute libre depuis l’instauration du lockdown. Le 16 avril, Antoine Gallimard, boss de la prestigieuse maison d’édition parisienne, a déclaré avoir «perdu presque 90% de (son) chiffre d’affaires.» La situation n’est guère plus rassurante en Belgique où les éditeurs (Weyrich, ONLIT, Lamiroy…), qui font un travail exceptionnel, doivent déjà jouer des coudes en temps normal pour trouver une place sur l’échiquier du commerce du livre. Aujourd’hui, l’Association des éditeurs belges annoncerait un déficit allant de moins 25 à moins 65 %...

Rien de précis n’a été évoqué dans les mesures officielles du gouvernement concernant une éventuelle aide aux maisons d’édition, victimes de la fermeture des librairies, elles-mêmes pénalisées par leurs portes closes. Prises à la gorge, les librairies indépendantes tentent d’alerter sur leur sort et, soutenues par le Syndicat des librairies francophones de Belgique, lancent l’opération «Lire c’est vivre». Un système de bon d’achats permettant d’alimenter les caisses sur la vente anticipée de livres à retirer en magasins dès leur réouverture qui, tout le monde l’aura compris, passe après celle des magasins de bricolage, des jardineries et des drive-in de fast-foods…

À ces chiffres pessimistes s’ajoutent ceux, tout aussi peu rassurants, du niveau de lecture des élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles. Selon une étude internationale – celle du PIRLS, Progress in International Reading Literary Study), les élèves francophones seraient en dernière position dans le classement européen. Seuls 22% des enfants de 10 ans seraient en mesure de maîtriser les niveaux de compréhension à la lecture – la moyenne étant de 50% dans les pays de l’OCDE…

Un constat qui a poussé l’Association des éditeurs belges, le Centre de littérature jeunesse de Bruxelles et la Foire du livre à se rassembler et mettre au point l’opération #ToutLeMondeLit. Lancée l’année dernière, l’idée est de promouvoir la lecture à domicile et à l’école par « dose » de quinze minutes… Sur le site de Tout le monde lit, des outils pédagogiques sont mis à la disposition des parents et des écoles qui souhaitent entrer dans la danse et corriger cette courbe alarmante. Menée dans certains établissements scolaires, l’expérience de 2019 aurait montré des résultats encourageants – des élèves plus calmes et plus ouverts aux échanges et au débat d’idées.

Opération «Lire c’est vivre» des libraires indépendants

Opération «Tout le monde lit»

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