Un congé « coronavirus » pour les parents ?

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La ministre de l’emploi Nathalie Muylle met sur la table un projet de congé rémunéré pour soutenir les parents en télétravail. En l’état, seules les familles monoparentales seraient toutefois concernées. 

Suivre une réunion d’équipe en visio-conférence, tout en surveillant du coin de l’œil la périlleuse ascension de sa petite fille de 10 mois, qui a tout d’un coup décidé d’escalader bien vaillamment le divan… Pour bon nombre de parents, cette période de confinement doit par moment s’apparenter à un numéro de jonglerie. Comment concilier au mieux ses obligations professionnelles et familiales, sans trébucher sur l’obstacle du burn-out parental qui pointe le bout de son nez ? Voici déjà quelques semaines, la Ligue des Familles et son pendant flamand le Gezinsbond ont proposé l’idée d’un congé parental rémunéré, pour permettre à papa-maman de souffler un peu durant le confinement et s’occuper au mieux de leur progéniture. Une proposition largement soutenue par les intéressés, puisque 7 parents sur 10 se sont dits favorables à un congé spécifique, selon un sondage réalisé auprès de 3.500 personnes par la Ligue des Familles. Dans la foulée, Ecolo avait fait une proposition en ce sens.

L’idée d’un congé parental « coronavirus » tiendrait d’autant plus la route qu’elle permettrait de résoudre les problèmes organisationnels que le déconfinement ne manquera pas de causer. À en croire Le soir, les experts chargés de la stratégie du dé-confinement recommandent en effet de ne rouvrir les écoles que dans un second temps, après certains secteurs économiques. « Que devraient alors faire les parents ? », s’interroge dans un communiqué le directeur général de la Ligue des familles, Christophe Cocu. « Mettre leurs enfants massivement en garderie, alors même qu’on leur explique que ces mêmes enfants ne peuvent pas encore retourner à l’école dans des conditions satisfaisantes » ?

Uniquement les familles monoparentales

La ministre de l’Emploi Nathalie Muylle (CD&V) a annoncé ce mardi dans le Morgen le dépôt d’un texte de loi sur cette question. Selon Le soir, le projet du gouvernement fédéral concernerait uniquement les familles monoparentales, avec au moins un enfant de moins de 12 ans ou un enfant handicapé de moins de 21 ans. Le parent, pour toucher l’indemnité prévue, devrait se trouver en télétravail, et non pas en chômage économique. Au choix, le congé représenterait un mi-temps ou un cinquième du temps de travail. Le congé prendrait cours durant le confinement, ou « au-delà, dans la période de déconfinement qui s’annonce, mais cette question sera évidemment liée à ce qui sera décidé concernant les écoles. Si les écoles rouvrent, il n’y aura plus de raison de maintenir ce congé » précise la version du projet de loi qu’a pu consulter le quotidien.

Autre condition importante : le ou la salarié(e) devrait être sous contrat de travail, depuis au moins un mois. Moyennant toutes ces conditions, l’Onem verserait une indemnité de 580 euros net pour un mi-temps, et d’environ 230 euros pour un cinquième-temps.

« L’extrême majorité des parents sans solution »

En l’état, ce projet de loi ne fait pas l’unanimité. Dans un communiqué, la Ligue des Familles l’a jugé « extrêmement light », puisqu’il laisserait « l’écrasante majorité des parents sans solution ». Il faut dire que si l’on en croit Le soir, la copie de Nathalie Muylle oublie une large frange de parents. Quid en effet, des parents en formation, intérimaires ou indépendants, pour qui le confinement pose tout autant des problèmes d’organisation ? Dans le même ordre d’idée, pourquoi oublier les familles avec deux parents, pour qui la tâche est à peine moins difficile ? Le montant de l’indemnité paraît également bien chiche, et pourrait pousser pas mal de parents à préférer télétravailler pour ne pas subir une diminution de revenus trop importante. 

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