Covid-19: des symptômes toujours plus nombreux

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Les chercheurs ont identifié ces derniers jours des pathologies cérébrales, cardiaques et autres liées au coronavirus. Mais, concrètement, est-ce qu’une personne concernée par le Covid-19 risque de contracter tous ces signes cliniques ?

Plus les jours passent et plus la liste des symptômes potentiellement liés au coronavirus s’allonge. À ce point qu’on pourrait avoir l’impression que n’importe quelle affection pourrait indiquer la présence du Covid-19. Cela va des engelures à la conjonctivite en passant par une inflammation des vaisseaux sanguins. Le cerveau, le rein, le cœur, le système gastro-intestinal… tous les organes semblent susceptibles de pâtir du coronavirus. De quoi, en plus, se faire un sang d’encre ? Il ne faudrait peut-être pas tout mélanger.

Une maladie avant tout respiratoire

Si les dernières recherches accréditent de mieux en mieux ces différents symptômes, il ne faut pas perdre de vue que le Covid-19 reste une maladie affectant surtout les poumons. "Les symptômes principaux restent ceux respiratoires et les risques sont principalement liés à la pneumonie. Les autres restent des exceptions, si ce n’est certains cas comme la désormais fameuse perte d’odorat et de goût", pointe Thomas Michiels, virologue à l’Institut de Duve.

Les signes cliniques de la maladie restent donc comparables à ceux de la grippe qui, pour rappel, peut aussi avoir des complications moins récurrentes, y compris neuronales. "Il y a pléthore de virus dont le tropisme affecte un organe particulier et qui peuvent occasionnellement affecter d’autres parties du corps. Il n’y a pas de raison pour que le coronavirus soit différent des autres", dit Thomas Michiels avant de se demander pourquoi on a une telle diversification des symptômes : "Il est possible que cela soit lié à une croissance statistique du nombre de cas qui permettrait de rendre évident le lien avec ce virus. Cela pourrait être aussi dû aux mutations naturelles du coronavirus qui auraient permis d’affecter d’autres organes. On ne peut encore déterminer ce qui est en cause ici entre ces deux possibilités".

Des symptômes qui interrogent les scientifiques

Si le mode d’action du coronavirus est de plus en plus connu, quelques incertitudes pèsent encore sur la façon dont il infecte les cellules pour se reproduire. C’est pourtant une question clé puisque cela donnerait des indications sur la façon dont d’autres organes que les poumons serraient affectés par le Covid-19.

Pour l’instant, la principale piste d’explication de cette multiplication des symptômes, c’est la protéine ACE2. "Il s’agit probablement du récepteur principal de l’infection par le coronavirus et elle est en effet présente dans toute une série de tissus autres que dans les poumons. Mais il faut noter que cette protéine n’est pas la seule impliquée dans l’entrée du virus et qu’elle ne suffit pas à expliquer le phénomène", explique Thomas Michiels qui cite d’autres portes d’entrées probables mais incertaines dans la cellule : la protéine de surface CD147, les cathepsines ou encore la protéase TMPRSS2.

"Pour l’instant, il n’y a pas d’information claire sur la capacité du coronavirus à infecter le tissu cardiaque par exemple. On pourrait aussi supposer que la destruction de ce tissu, constatée dans certains cas, serait plutôt due à la réaction inflammatoire induite par le virus. Cela vaut encore plus pour l’endothélium (la couche interne des vaisseaux sanguins) puisque ce phénomène est connu dans d’autres maladies qui provoquent des « orages de cytokines », la forme la plus violente d’une réponse inflammatoire". Ces questions, encore en suspens, sont essentielles pour développer un traitement. Lorsque le mécanisme d’action du virus sera bien déterminé, un médicament pourra être donné pour neutraliser les différentes portes d’accès du virus à la cellule.

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