Après la crise, on reste tous à la maison… pour travailler ?

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Le confinement a poussé des centaines de milliers de Belges au télétravail. Selon un sondage, 9 employés sur 10 seraient prêts à prolonger l’expérience après la crise sanitaire. 

8h30. En pantoufles et peignoir, le visage encore un peu chiffonné, une moitié de tartine toujours en bouche, vous êtes  en retard pour votre première réunion du jour. Le téléphone sonne, vous cherchez à vous isoler, vous passez la porte de votre buanderie, de votre salon ou même de votre salle de bain-bref un endroit calme- vous décrochez… et vous voilà au travail. Au télétravail, plutôt. Depuis le début des mesures de confinement, c’ est devenu la règle partout où cela était possible ; le nombre de Belges exerçant leur métier depuis leur domicile a été multiplié par 5, selon des chiffres avancés par Belga. Et à en croire le sondage effectué par le cabinet de conseil BDO, 9 employés sur 10 seraient prêts à continuer l’expérience entre 1 et 3 jours par semaine, une fois la crise passée.

Le Covid-19 pourrait-il durablement chambouler l’organisation du travail et généraliser le travail à la maison ? « Il faut d’abord noter que pour une partie des travailleurs belges, le télétravail était déjà avant la crise, une pratique bien installée. Selon les derniers chiffres disponibles, environ 17% des Belges travaillaient au moins une fois par semaine à domicile » explique Laurent Taskin, professeur en management à la Louvain School of management (UCLouvain). Au niveau européen, notre pays se situe dans la moyenne haute à ce niveau. C’est une pratique qui va probablement encore se développer ».

Une pratique à encadrer

Il faut dire que le télétravail apporte pour de nombreux travailleurs, des avantages non négligeables. Pas de perte de temps dans les bouchons, le réveil peut sonner plus tard, on a tendance à mieux s’organiser, etc. 60% des sondés par BDO indiquent ainsi gagner en efficacité en travaillant à la maison. « Pour tous ceux qui pratiquaient déjà le télétravail, le confinement a dû, sur cette question, être moins difficile à vivre. Par contre, pour ceux qui ont dû passer de 0 à 5 jours de travail à domicile, cela a pu s’avérer plus compliqué à gérer ». C’est que le télétravail nécessite certaines conditions indispensables pour qu’il soit vivable et efficace. Comment être tout entier à sa tâche, si on ne dispose pas d’un environnement de travail adapté, si le wifi nous lâche toutes les dix minutes, etc. ? Sans même parler de la gestion des enfants, qui est parfois un job à lui tout seul en plein confinement… Et puis rester à la maison pour travailler soulève aussi la question des liens sociaux et des liens de solidarités entre travailleurs, plus difficiles à entretenir depuis le canapé que sur le lieu de travail.

« Ce qu’il est important de comprendre, c’est que la période n’est peut-être pas la meilleure pour juger du télétravail. La question de la gestion des enfants, entre-autre, ne se posera plus ou moins, une fois le confinement passé. Ce qui est sûr, c’est que pour qu’elle soit efficace, une politique de télétravail doit être encadrée. Cette crise sanitaire montre aussi paradoxalement l’intérêt du présentiel, du contact et du lien humain que la présence physique au travail apporte. Ce lien doit aussi être entretenu. Limiter la fréquence de télétravail à un, deux, trois jours semaines pourrait être une bonne manière de le cultiver, » conclut Laurent Taskin.

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