Le confinement loin de chez soi et chez des inconnus

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Juliette, Jade et Lionel sont français et étudient la comédie musicale à Paris. Mais pendant cette crise sanitaire, ils se retrouvent coincés… à Tubize. Ils nous racontent comment tout cela est arrivé et comment ce confinement se passe bien mieux que ce qu’ils auraient pu espérer.

Cela fait plus d’un mois désormais que tous les Belges sont reclus, enfermés chez eux pour éviter que le coronavirus continue de se propager. Ville ou campagne, maison ou appartement, seul, en couple ou en famille, les situations de chacun varient, pour le meilleur ou pour le pire. Mais certains vivent cette période inédite dans un contexte qu’ils n’auraient jamais imaginé : à 300 km, ou plus, de chez eux, avec 5 autres personnes dont 4 qu’ils n’avaient jamais rencontrés.

Cela se passe à Tubize. Cette histoire, c’est celle de Juliette, Jade et Lionel. La première est originaire de région Parisienne et les deux autres du Sud-Ouest de la France. Ils se sont rencontrés en septembre, durant la rentrée de leur école, l’AICOM, l’Académie Internationale de Comédie Musicale, à Paris. Mais un dernier larron complète le groupe: Yannick, originaire de Tubize.

Depuis le début de leur année scolaire, les quatre étudiants passent le plus clair de leur temps ensemble. Dès lors, en mars, le Covid-19 arrivant à nos portes, ils n’imaginaient pas se séparer. « Le vendredi, on a appris que notre école allait fermer le lundi », raconte la bande. « Après un weekend ensemble à Paris, Yannick a proposé d’aller passer quelques jours chez lui en Belgique. On ne savait pas encore qu’il y aurait un confinement, qu’il arriverait si vite et qu’il serait si long. »

Dès le lundi, les voilà à Tubize. Le lendemain, le confinement était annoncé en France et mercredi, en Belgique. « Lorsqu’on a compris que ça allait durer, j’ai demandé s’ils voulaient qu’on s’arrange pour qu’ils rentrent chez eux. Mais comme ça ne dérangeait pas mes parents, tout s’est fait assez naturellement », explique Yannick.

Enfermés à 8

Cela fait donc plusieurs semaines maintenant que les Parisiens sont confinés dans les campagnes belges. Et ils semblent plutôt ravis de cette situation. « La famille est hyper accueillante et la maison est super avec un grand jardin. »

Sauf que chez Yannick, ils étaient déjà 5, avec ses parents, sa grande sœur et son fiancé. Les voilà donc à 8 dans la maison familiale. « Tout se passe très bien. La journée, chacun travaille dans son coin. Cela nous permet aussi de travailler sur nos projets pour l’école. Et on se retrouve tous les soirs pour de grands soupers, à thème parfois ! L’ambiance est super et il y a un bel esprit de famille. On se sent comme à la maison ! »

Le confinement à la belge plait

Les Français prennent tous les jours des nouvelles leurs familles de l’autre côté de la frontière. Elles sont plutôt contentes que leur enfant soit loin mais vive bien, que plus près d’eux mais seul et cloîtré. « On suit tous les jours la situation de la France. On a toujours un petit peu peur pour nos proches. Mais pour l’instant, on a beaucoup de chance, tout le monde va bien. »

Quand ils comparent la crise et le confinement en Belgique et France, le choix entre la Ville Lumière et la Wallonie n’est pas compliqué. « C’est même assez évident pour nous. C’est mieux qu’être enfermé dans 12 mètres carré à Paris, où il faut une attestation pour sortir. Ici, on peut sortir, aller se balader dans le quartier. En plus ici, on ne croise personne. »

Mais Jade, Juliette et Lionel savent que toutes les bonnes choses ont une fin et que cet isolement aux airs de vacances devra prendre fin. « Malheureusement, on sera bien obligé de partir, même si on en a pas trop envie. Du côté de l’école, les cours devraient reprendre le 11 mai. On prendra les mesures nécessaires quand on aura plus d’informations ou quand on se fera mettre dehors parce que la famille en aura marre de nous », plaisante-t-il.

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