Courbes Covid-19 en baisse : se réjouir mais ne rien lâcher

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Hospitalisations quotidiennes, patients en soins intensifs, décès : tous ces indicateurs sont en baisse depuis quelques jours. On peut s’en réjouir mais la descente de ces courbes sera lente. Il faut donc plus que jamais continuer à respecter le confinement.

Cela fait désormais quelques jours que les courbes liées à cette épidémie de Covid-19 descendent. Le nombre de nouvelles hospitalisations est en baisse. Ce dimanche, 232 personnes ont été hospitalisées alors que jeudi ce nombre s’élevait encore à 320. Pareil pour le nombre de patients en soins intensifs, moins 10 ce dimanche.

Mais peut-on déjà s’en réjouir ? Faut-il interpréter cela comme des signaux fiables que l’épidémie décroit ?

« C’est un bon indicateur pour juger de notre capacité à continuer à gérer l’épidémie », répond l’épidémiologie Yves Coppieters. « Puisque nous n’avons pas d’information sur la population en général et sur comment le virus se propage, nous nous basons là-dessus pour notre stratégie de non-engorgement des hôpitaux. Mais si on regarde le nombre d’admissions à l’hôpital, il diminue, le nombre de lits occupés en soins intensifs aussi, mais ce dernier reste assez stable », poursuit celui qui est également professeur à l’ULB. « Cela montre que la prise en charge des patient reste très longue. »

Cela veut-t-il que le personnel hospitalier ne pourra pas souffler dans un futur proche ?

« Si le nombre d’admissions continue de diminuer, si les hôpitaux continuent ne pas accueillir les patients des maisons de repos, fatalement, on va retrouver cet espace. Et petit à petit, nous pourrons réaccueillir d’autres pathologies. Mais il faudra du temps pour que ça se vide. »

Est-ce que l’une des courbes est un meilleur indicateur que l’autre ? « Elles sont complémentaires. On ne pourra rien relâcher tant que l’une et l’autre ne diminuent pas ensemble. On peut tout de même privilégier l’indicateur soins intensifs. Les lits d’hôpitaux, on peut toujours en ajouter, mais pas des places en soins intensifs avec assistance respiratoire et du personnel formé et de haute qualité. »

 

Toujours beaucoup de décès en maisons de repos

Le nombre de décès quotidiens est également en baisse. 313 personnes ont péri jeudi, 290 vendredi, 230, samedi et 168 ce dimanche. Mais il s’agit d’un compte parfois contesté. Est-ce aussi un bon signe ? 

« Oui, en termes de chiffres absolus, on peut se réjouir », répond Yves Coppieters. « De façon générale pour l’épidémie, c’est encourageant. Il y a un décalage de dix jours entre la courbe épidémique et la courbe de décès. Là, on démarre la stabilisation, voire la descente de la courbe de décès. »

Malheureusement, encore deux tiers des décès proviennent des maisons de repos. « Et sur les 103 décédés en maisons de repos et de soins, seuls 3% ont été confirmés par test. »

Désormais, quels sont les scénarios envisageables ? Peut-on imaginer une très forte chute des hospitalisations ? « Tant qu’on respecte la stratégie du confinement strict, on peut espérer une diminution très progressive, mais elle ne sera jamais spectaculaire. La pente descendante prend toujours plus de temps que l’ascendante. C’est la stratégie choisie : étaler la courbe épidémique dans le temps. Donc ça sera très lent, mais ce n’est pas grave. »

C’est quand la stratégie de déconfinement sera mise en place que la courbe risque d’arrêter son lent déclin. « On risque de moins maitriser la descente de la courbe. Elle va sans doute trainer, on restera peut-être sur un deuxième plateau gérable. »

Le risque de deuxième vague sera néanmoins toujours bien présent. « Et de troisième aussi. C’est le principe des épidémies lorsqu’elles sont mal maîtrisées. Tout cela ne pourra être évité que par un déconfinement intelligent et progressif, ainsi qu’un testing beaucoup plus large, permettant d’isoler directement les personnes contaminées. »

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