Les jeunes, plus touchés par l’anxiété et la dépression pendant le confinement

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Une étude de Sciensano pointe les effets de la crise sanitaire sur la vie des Belges, notamment les 16-24 ans. Si la situation actuelle ne sourit pas aux jeunes, d’autres paramètres déterminent la fragilité d’une personne.

L’impact de la crise sur la santé mentale est désormais chiffré et les résultats sont atterrants. Comparé à la dernière étude de l’Institut scientifique de santé publique (Sciensano), les troubles anxieux et dépressifs ont fait un bond spectaculaire, surtout dans la tranche d’âge des 16-24 ans. Chez ces derniers, la dépression concerne désormais trois fois plus de filles. Pour les hommes, cela a même quadruplé, de telle sorte qu’ils égalent presque leurs partenaires féminines à 29-30%. Si la hausse concerne aussi des personnes plus âgées, cela est plus éloquant dans leur cas. Loin de s’arrêter à ce constat, Sciensano en identifie ici les causes mais aussi les autres comportements des jeunes pendant le confinement.

Une peur sanitaire et sociale

L’institut distingue en réalité deux types d’éléments qui jouent un rôle crucial dans cette poussée dépressive. Le premier est étroitement lié à la peur du coronavirus. « Avoir été en contact avec une personne atteinte du Covid-19 ou avoir des symptômes inquiétants participe beaucoup à l’anxiété et à la dépression », note Sciensano. Sans surprise, plus cette menace semble loin de son entourage, moins de troubles mentaux sont constatés. Cela vaut pour toutes les classes d’âge puisqu’en règle générale, toute la population met la santé au sommet de ses préoccupations, au coude à coude avec les incertitudes sur l’avenir et la sécurité.

Mais il n’y a pas que cette crainte sanitaire qui joue. La condition sociale de base de l’individu a un rôle essentiel sur la propension à l’anxiété, voire à la dépression. C’est là que les jeunes se démarquent plus particulièrement. C’est ainsi que l’on constate qu’outre la dépression, les troubles anxieux ont doublé chez les garçons (20%) et triplé chez les filles (32%) de 16-24 ans comparé à 2018.

Est-ce que cette hausse est plus le fait des étudiants ou des autres ? En réalité, un peu des deux. Les étudiants sont ainsi respectivement 24% et 28% à développer un trouble anxieux ou dépressif. Quant aux seconds, cela dépend de leur situation. Parmi les facteurs de risque les plus prégnants, on compte l’arrêt de travail et le chômage. Mais le pire, ce sont ceux qui souffrent d’une invalidité. Les scores sont alors effrayants : 40% d’entre eux souffrent d’anxiété et/ou de dépression.

La clé : avoir une personne à qui se confier et se tenir informé

Le confinement a une conséquence frappante : une bonne majorité de la population se dit insatisfaite des contacts sociaux, mais parmi les 16-44 ans, cela monte jusqu’à 65% des sondés. Cette situation est d’autant plus critique pour les personnes seules ou monoparentales, surtout pour les hommes.

C’est en ce sens que Sciensano distingue les éléments caractéristiques des personnes qui évitent les troubles anxieux et dépressifs : « Les dimensions salutogènes concernent la satisfaction que les personnes éprouvent vis-à-vis de leurs contacts sociaux, la qualité du support perçu et la possibilité de trouver dans son entourage des personnes avec qui partager ses émotions et/ou obtenir des informations fiables en cas de besoin ».

Pour ne pas avoir de souci, il vaut donc mieux garder le contact avec une ou des personnes de confiance et s’informer. Dans ce cadre-là, on peut se réjouir de voir qu’environ 85% de la population est bien informée sur la situation actuelle, que ce soit à propos du Covid-19 ou sur le confinement. Mais là encore, les 16-24 ans se distinguent en étant les moins au courant. Faut-il y voir un lien de cause à effet : plus d’un quart d’entre eux ne respectent pas strictement les mesures d’hygiène et 13% ne se plient pas au confinement.

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