Bill Gates s'attaque au coronavirus

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Le milliardaire américain a fait de la santé mondiale son nouveau Microsoft. Il avait prédit la pandémie qui nous touche aujourd'hui.

Il y a cinq ans, lors d'une conférence pour le média TED, Bill Gates, créateur de Microsoft multimilliardaire avait prévenu : « Quand j'étais gamin, la catastrophe dont on avait le plus peur était une guerre nucléaire. [...] Mais si quelque chose tue plus de 10 millions de gens dans les prochaines décennies, ça sera probablement un virus hautement contagieux plutôt qu'une guerre ». Or, disait-il, « nous ne sommes pas prêts », l'humanité ayant « très peu » investi dans les systèmes de santé.

Aujourd'hui, il réitère dans une lettre ouverte publiée par Le Monde en développant trois mesures phares pour combattre le Covid-19 : 1. « S’assurer que le matériel destiné à combattre la pandémie, comme les masques, les gants et les tests de diagnostic, soit alloué efficacement et sans surenchère à l’échelle de toute la planète » ; 2. « Fournir le financement nécessaire au développement d’un vaccin » ; et 3. que ce vaccin soit « considéré comme un bien public mondial et donc resté abordable et accessible à tout le monde ».

Considéré comme un chef d'Etat à l'OMS

Mais qu'est-ce qui donne à un informaticien, fut-il de génie, fut-il milliardaire, l'autorité pour parler ainsi comme un spécialiste en médecine ? C'est que, depuis une vingtaine d'années, Bill Gates a fait de la santé son nouveau Microsoft. Via sa fondation Bill et Melinda Gates, il finance des dizaines de projets à travers le monde (notamment pour trouver un vaccin contre la malaria). Il est aussi le deuxième donateur de l'OMS derrière les Etats-Unis à hauteur de 500 millions d'euros, soit 10% du budget de l'organisation. Ce qui fait de lui une figure hautement influente au sein de l'institution.

Selon une enquête de Politico, il y est considéré comme un chef d'Etat. A l'OMS, mais aussi au sein du G20. Pour certaines ONG, cela pose d'ailleurs question. Car Bill Gates ferait pencher l'organisation vers des projets qui lui tiennent à coeur, comme l'éradication de la polio. Aider à trouver des vaccins pour éradiquer les maladies, telle est l'ambition de Bill Gates. Or, d'aucuns considèrent qu'il est trop proche de certaines industries de pharmaceutiques et qu'il serait plus utile d'aider les pays pauvres à se doter de systèmes de santé plus solides.

Ceci étant posé, la plupart des chefs d'Etats et personnes interrogées par Politico considèrent que Bill Gates est de bonne intention et que son apport à la cause de la santé mondiale est bénéfique. Les règles au sein de l'OMS ont d'ailleurs été changées dans la désignation de projets à financer afin d'éviter toute idée de collusion avec les intérêts personnels du milliardaire.

En tout cas, Bill Gates fait aujourd'hui office d'autorité en ce qui concerne les épidémies et la santé mondiale. C'était déjà le cas en 2014 alors qu'Ebola ravageait l'Afrique, ça l'est de nouveau aujourd'hui avec la pandémie de SARS-Cov2. A tel point que son nom est régulièrement cité dans les théories complotistes...

L'humanité reliée par des germes pathogènes

Dans sa lettre ouverte, il prévient en tout cas que le repli nationaliste n'est pas la réponse à adopter face au virus : « Depuis que le monde a pris conscience du virus, au début du mois de janvier, chaque pays s’est focalisé sur ses propres intérêts nationaux en se demandant: 'Comment pouvons-nous protéger les gens à l’intérieur de nos frontières?' C’est une réaction compréhensible. Mais, quand un tel virus s’avère aussi contagieux et répandu que le Covid-19, les dirigeants doivent comprendre que la pandémie restera une menace pour toutes les personnes, où qu’elles soient dans le monde, tant qu’elle sévira encore quelque part ».

Et il conclut : « Les êtres qui forment notre humanité ne sont pas seulement reliés par nos valeurs communes et des liens sociaux. Nous sommes également connectés les uns les autres à travers un réseau microscopique de germes pathogènes qui relie la santé d’une personne à la santé de toutes les autres. Dans cette pandémie, nous sommes tous reliés aux uns et aux autres. Dans notre réaction, nous devons l’être aussi ».

 

 

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