Les attachés de presse frappés deux fois par le corona

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Maillon devenu essentiel du secteur culturel, les agences de promotion d'artistes et d'événements sont souvent de petites boîtes indépendantes... qui sont aujourd'hui laissées à quai.

 

C'est quoi, un attaché de presse?

Traditionnellement, un attaché de presse joue un rôle d'intermédiaire entre la presse et l'artiste. Mais depuis le développement d'internet et la chute des ventes de disques – et donc, du pouvoir des maisons de disques – les attachés de presse sont des acteurs de première importance pour les artistes et événements culturels. C'est bien simple, un musicien qui débute s'entourera de quelqu'un pour gérer sa communication avant même de chercher un label, un tourneur ou même un manager. Les attachés de presse l'aideront à sortir de la masse en l'aidant à développer une image, une stratégie digitale et à créer une première communauté de fans avant-même la sortie d'un premier disque. Un travail de communication dont labels et tourneurs tireront ensuite profit.

Depuis quelques années, de nombreuses agences de promotion d'artistes et/ou d'événements culturels ont vu le jour. Des boîtes pour la plupart indépendantes... Aujourd'hui au chômage technique forcé – ou presque –, elles reçoivent la double peine de l'épidémie de coronavirus : la peine du secteur culturel et la peine des indépendants. Comment s'en sortent-ils alors que les festivals d'été sont désormais officiellement annulés ? Nous avons posé la question à Olivier Biron de This Side Up, petite structure qui représente des artistes comme Christine & The Queens ou Aaron, des événements comme le Fly Away Festival et le festival de cinéma Millénium ou encore le Théâtre de La Louvière.

75% de boulot suspendu

« Dès le début du confinement, on était très mal en point parce que toute l'activité culturelle s'arrêtait. L'annulation des festivals, on s'en doutait un peu, vu qu'on était déjà dans une situation où la plupart des artistes reportaient leurs tournées et leurs sorties de disques. Ca ne fait que renforcer cette situation. Pour nous, jusque septembre, ça équivaut à 75% de boulot suspendu ».

L'activité culturelle musicale perdure pourtant tant bien que mal. Même si beaucoup d'artistes préfèrent postposer leur plan d'attaque, des sorties de disques restent prévues pour avril (Sébastien Tellier ou Lubiana), des interviews se font par téléphone et beaucoup de concerts sont reportés plutôt qu'annulés : « C'est un moindre mal, mais le report, c'est un manque à gagner. Parce que pendant que c'est reporté, on se tourne les pouces et une fois que les événements et sorties reprendront, non seulement il y aura un embouteillage dans l'agenda culturel, mais on n'aura pas le temps de nous occuper d'autres projets ».

Flou pour les indépendants

L'autre problème est que la politique d'aide concernant les indépendants reste très floue, pour ne pas dire inexistante. Il y a bien cette aide de la FWB de 8 millions d'euros au secteur culturel, mais elle vise les institutions déjà subsidiées, pas les indépendants : « Cela ne concerne pas que nous, mais tous les techniciens, les intermittents, il n'y a aucune aide prévue pour les indépendants qui ne sont pas subsidiés. Et ça, c'est très inquiétant. J'ai dû mettre une personne en chômage technique, mais si je ne gagne pas d'argent, je ne peux pas la payer. On est dans une situation qui est non seulement compliquée, mais en plus qui n'est pas claire du tout ».

Là où beaucoup de labels ou agences de tourneurs bénéficient déjà d'un subside structurel à l'année, les attachés de presse indépendants restent (pour l'instant?) sur le quai. Or, le secteur a changé avec internet. « On participe autant à l'éclosion et au développement des artistes qu'un label ou un booker. D'autant plus ces dernières années. Mais on n'est pas reconnu pour ça ».

 

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